Du 18 mai 2018 au 6 janvier 2019

Vernissage le 17 mai 2018 à 18h

Au MEG, chaque exposition est la promesse d’un voyage. Aujourd’hui, destination l’Afrique, à la découverte du patrimoine et des cultures religieuses du plus ancien continent et berceau de l’humanité. De magnifiques pièces chargées de magie et des photographies fascinantes plongent le public dans une atmosphère de dévotion et de mysticisme.

«Afrique. Les religions de l’extase» se veut une «initiation» à la diversité, à la richesse et à la dynamique des pratiques religieuses africaines. Tout au long du parcours apparaissent des objets ethnographiques, des photographies, des interviews filmées et des installations vidéo. Près de 400 pièces, toutes issues des collections du MEG et souvent inédites, montrent la multiplicité des cultures religieuses et le foisonnement des représentations du sacré. Des séries d’images contemporaines, réalisées par cinq photographes de renommée internationale, donnent à voir la réalité de certaines pratiques d’aujourd’hui et laissent deviner la ferveur des dévots lors de cultes, de rituels ou de pèlerinages. Une série de courts témoignages vidéo permettent aux visiteurs et visiteuses d’entendre le point de vue des adeptes eux-mêmes. Finalement, l’exposition est ponctuée par une série d’installations de Theo Eshetu, un artiste vidéaste d’origine éthiopienne, portant un intérêt particulier aux phénomènes de perception, aux notions d’identité et aux représentations du sacré dans des contextes religieux interculturels.

«Afrique. Les religions de l’extase» cherche à sensibiliser les publics à la diversité et au dynamisme des religions africaines, passées et présentes. La religion est définie comme un ensemble de liens rituels, qui relient les vivants entre eux, face aux puissances qu’ils discernent dans l’invisible, et les liens que les croyants entretiennent avec ces forces : dieu unique, divinités multiples, esprits des ancêtres ou de la nature, forces diverses…

Pour ce faire, l’exposition suit le fil conducteur de l’extase religieuse, soit l’oubli de soi dans la recherche d’une communion toujours plus forte avec les divinités ou les esprits. Qu’il s’agisse des cultes des ancêtres, des cultes dits «de possession» ou des monothéismes abrahamiques dans leurs diverses formes, partout en Afrique, même dans les pratiques magico-religieuses plus individuelles, on retrouve cette recherche d’un contact étroit, d’une proximité régulière avec le sacré, le divin. Le titre de l’exposition est inspiré d’un ouvrage de référence en anthropologie, Extatic religion (1971), dans lequel l’anthropologue britannique Ioan Lewis compare cultes chamaniques et cultes de possession dans les sociétés traditionnelles. La notion d’extase religieuse est un état dans lequel une personne se trouve comme transportée hors de soi et du monde sensible. C’est un état où l’âme a le sentiment qu’elle communique avec un être parfait, un être infini, ou une autre force du monde invisible. On rapporte ce terme aux notions de contemplation, de transport, d’émerveillement, d’enivrement, de transe ou d’exaltation – autant d’états qui caractérisent souvent les moments les plus fervents de l’expérience et de l’expression de la foi dans les religions africaines illustrées dans l’exposition.

Le parcours se déroule en quatre étapes, dont la première est consacrée aux religions monothéistes (l’islam, le christianisme et le judaïsme), et la seconde aux fondamentaux des religions africaines autochtones (le culte des ancêtres, la divination et les pratiques funéraires). La troisième étape est dédiée à l’une des formes les plus saillantes des religions africaines, les cultes de possession (vaudou, mahamba, zâr, bori, ngoma…). Et finalement, la quatrième étape est dévolue à la diversité des univers magico-religieux africains (masques initiatiques, culte des jumeaux, sorcellerie…).

L’Afrique n’est pas envisagée ici comme un espace géographique restreint, mais comme un espace culturel complexe qui s’étend bien au-delà du continent, dans les Amériques et en Europe, où les pratiques religieuses ont été largement diffusées par la diaspora.

MEG
Musée d’ethnographie de Genève