Approvisionnement en suisse: «Une situation globalement bonne, mais exposée à des risques accrus»

Approvisionnement en suisse: «Une situation globalement bonne, mais exposée à des risques accrus»

Un nouveau rapport sur l’approvisionnement en Suisse – qui tient compte de la pandémie de coronavirus – met en lumière des lacunes dans la préparation aux crises.

La plupart des biens à usage unique utilisés pour lutter contre la pandémie tels que les masques ou les gants de protection proviennent d’Asie. Ils dépendent donc des conditions d’importation.

Ce mercredi, le Conseil fédéral a pris connaissance du nouveau rapport de l’Approvisionnement économique du pays (AEP) portant sur les quatre dernières années. Celui-ci fait état de l’approvisionnement en biens et en services vitaux dans des domaines tels que les denrées alimentaires, l’énergie ou encore les produits thérapeutiques. Mais il présente aussi les risques dans ces mêmes domaines, en tirant des leçons de la pandémie de coronavirus.

«Notre préparation aux crises présentait des lacunes, qu’il convient de combler», écrit Wener Meier, délégué à l’Approvisionnement économique du pays. Avant de poursuivre: «Les enseignements tirés de cette crise (…) marqueront profondément les travaux de l’AEP ces prochaines années.»

Marqué par la crise du Covid-19, le secteur des produits thérapeutiques est particulièrement concerné. La disponibilité des masques de protection respiratoire et des désinfectants s’est parfois avérée critique. Raison pour laquelle l’AEP a prévu d’instaurer un stockage à long terme et obligatoire d’éthanol pour le futur. Pour pallier les risques de sous-approvisionnement, des réserves de sécurité de 6000 tonnes ont été constituées provisoirement.

Quels risques pour l’approvisionnement?

Concrètement, l’approvisionnement en biens est fragilisé pour diverses raisons, indique le rapport de l’AEP. Celui des produits thérapeutiques est par exemple impacté par les fusions d’entreprises au niveau mondial, le retrait de certains produits du marché suisse ou encore la centralisation et le déplacement des centres de production en Asie. D’ailleurs, la plupart des biens de consommation à usage unique – comme les masques d’hygiène ou les gants de protection – sont importés d’Asie.

S’agissant de l’énergie, la Suisse est particulièrement dépendante des importations, et donc de la situation incertaine des pays concernés. En guise d’exemple, les attentats, les guerres, les phénomènes météorologiques extrêmes ou encore les fermetures d’entreprises imprévues sont autant d’éléments qui peuvent conditionner la disponibilité des produits pétroliers en Suisse.

Le secteur des denrées alimentaires s’en sort bien

Les denrées alimentaires ont toutefois été épargnées ces dernières années. Depuis plus de 20 ans, le taux d’autoapprovisionnement de notre pays se situe autour de 60%. Cela permet de couvrir majoritairement les besoins de consommation de la population et de limiter les besoins d’importation. Pour rappel, le peuple avait accepté d’inscrire la sécurité alimentaire dans la Constitution fédérale lors des votations du 27 septembre 2017. L’article prévoit notamment que la Confédération préserve et valorise la production agricole locale.

Noemi Cinelli

https://www.20min.ch

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