Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur la morale des Rois, transformée en symboles absurdes du luxe, tachés par la boue de la misère et le calvaire des injustices pour leurs peuples.

Nous n’allons pas faire une distinction des normes morales et encore moins, une différence de degré dans leurs applications aux sphères personnelles ou sociales car cela constituerait une erreur et parfois un vice à double résultat: potins intentionnels d’un côté et l’oubli d’une dimension éthico-professionnelle d’autre part. Nous ferons une précision sur la façon d’estimer la valeur (im)morale plus caractéristique de la mondialisation: l’argent comme valeur absolue.

Mais, ni dans la guerre, ni dans l’économie ou dans la diplomatie il n’y a personne qui renonce à son tour de jouer avec les cartes, face cachée, les intérêts de leurs privilèges. Pensez à ces vieux renards du désert, gouvernant pendant les siècles à venir, maîtres dans l’art de gouverner avant, pendant et après leur règne, de leur exiger d’adhérer au discours des armes, incité par l’administration américaine.

Unité face au terrorisme et maintenir la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient en plus de faire des efforts conjoints pour la paix mondiale étaient au moins, les promesses qu’avaient fait le président américain, Barack Obama tout comme le nouveau roi saoudien Salman ben Abdelaziz al-Saoud, au cours de la réunion qu’ils ont tenu à Riyad, après la mort du roi Abdallah.

L’interdépendance qu’historiquement ont ces deux pays est reflétée dans la rhétorique de B. Obama, avant d’atteindre le berceau sacré de l’islam «Parfois, nous devons équilibrer notre besoin de parler avec eux de questions relatives aux Droits de l’Homme avec des problèmes immédiats que nous avons en termes de lutte contre le terrorisme ou de stabilité régionale».

Un récent rapport publié en 2014 par «Freedom Of The World» indiquait que 46% des 195 pays évalués par cette organisation étaient libres, 28% l’étaient partiellement et 26% ne l’étaient pas du tout. Arabie Saoudite se classe parmi les pires pays au monde en question de liberté.

Même si l’Indice de Développement Humain (IDH) réalisé par les Nations Unies occupe un rang élevé et se maintient à la fois comme un pays majoritairement libre dans la liste de l’Indice de Liberté Economique du The Heritage Foundation et du Wall Street Journal, le pays n’est qu’une immense cage où la dissidence et la liberté de pensée ne sont pas permises, où la censure, la répression et la peur règne avec une monarchie riche et corrompue.

Le dernier cas que nous mettons sur la table de la honte à cette monarchie est celui de Raef Badaoui. Un blogueur qui a été condamné par les autorités religieuses a mille coups de fouet pour «insulte à l’Islam».

Cependant, le témoignage le plus accablant le donne Amnesty International (AI), dans son rapport, version 2013, relatif à la situation des Droits de l’Homme dans le monde : « Les autorités limitaient sévèrement la liberté d’expressions, d’associations et de réunions et réprimaient la dissidence. On détenait sans procès ou l’on condamnait, à travers des jugements injustes, ceux qui avaient critiqué le gouvernement ou menaient à terme des travaux d’activisme politique. Les femmes étaient discriminées par la loi et dans la pratique et elles n’avaient aucune protection adéquate contre la violence domestique ou autres formes d’agression. Les travailleurs migrants étaient exploités et maltraités. Des condamnations de flagellations ont été imposées et à la fin de l’année, il y avait des centaines de personnes condamnées à mort. 79 exécutions ont été effectuées», dénonce AI.

L’Arabie saoudite est un pays où les femmes ne sont pas autorisées à sortir seules dans les rues et ne peuvent pas conduire de véhicules; où les étrangers ont moins de droits; où tout autre religion que la musulmane est interdite; où les jeunes qui veulent étudier ou voyager doivent avoir un permis octroyé par les hommes; où être accusé de trafic de drogues est payé avec la vie. C’est un pays où règne la terreur, un pays qui viole systématiquement les droits fondamentaux des citoyens et où vous ne pouvez pas critiquer la dictature.

La double norme

Ce qui nous «surprend vraiment», c’est que les Etats-Unis et ses alliés maintiennent un double discours à ce sujet et défendent bec et ongles la théocratie musulmane sanguinaire qui viole quasiment tous les droits de l’homme, au nom d’une religion.

Un pays allié des Etats-Unis, qui est toujours prêt à envahir d’autres pays, à faire tomber des gouvernements au nom de la démocratie et de la liberté. Ce qui nous interpelle est que Washington se contredise avec sa politique de condamner tous genres de violence de l’Etat ou de fondamentalisme religieux parce que, non seulement il a des accords commerciaux et des liens économiques avec Riyad mais il les appuie aussi du point de vue militaire. En ces moments de guerre contre l’Etat Islamique, nous sommes d’autant plus surpris que c’est une menace pour tout le monde de la même manière que la théocratie saoudienne l’est.

On ne peut pas condamner les djihadistes en Syrie ou en Irak pour leurs actes et appeler au silence lorsque les propres autorités du royaume autoritaire commettent des crimes contre son propre peuple. Il serait plus juste, ne serait-ce qu’une seule fois, que les Etats-Unis ne condamne pas seulement la barbarie de l’Arabie saoudite, mais qu’il la punisse aussi !

Hobbes a découvert dans la peur ‘igine de l’Etat et Machiavel a enseigné au Prince qu’il devait utiliser la peur, «la terribilità», pour gouverner et comme un outil. En fait, les deux penseurs coïncidaient dans leur analyse selon laquelle, la peur est l’émotion politique la plus puissante et nécessaire, c’est la grande éducatrice de l’humanité.

Aujourd’hui, ce règne saoudien continue à danser autour d’un rythme inégal mais sans équivoque avec la fortune intuitive de ‘ noir, des injustices prophétiques de nostalgies hostiles ou passionnées de leurs peuples sombrés dans la misère, la nostalgie et l’analphabétisme.

Cette ronde de couronnes qui ne peuvent être forgées en métal bon marché, ni être évitées avec le silence des ressentiments mais qui, dans les hommages populaires, se transforment en une simple …. «Couronne de papier»

Par Eduardo Camin

Traduction de l’espagnol: Lourdes Barros