Argentine: Non-lieu pour la vice-présidente Cristina Kirchner

Argentine: Non-lieu pour la vice-présidente Cristina Kirchner

La vice-présidente argentine était accusée d’entrave à l’enquête sur l’attentat contre une mutuelle juive qui avait fait 85 morts en 1994 à Buenos Aires.

La justice argentine a prononcé jeudi un non-lieu en faveur de la vice-présidente du pays Cristina Kirchner, accusée d’entrave – au profit de l’Iran – à l’enquête sur l’attentat contre une mutuelle juive qui avait fait 85 morts et 300 blessés en 1994 à Buenos Aires.

L’ancienne présidente de gauche était poursuivie pour avoir encouragé l’approbation par le Parlement d’un accord avec Téhéran, prévoyant que de hauts fonctionnaires iraniens soupçonnés d’avoir commandité l’attentat soient entendus hors d’Argentine, leur permettant ainsi de se dérober à la justice.

«Le protocole d’accord avec l’Iran, qu’il soit considéré comme un succès ou un échec politique, ne constitue pas un délit, ni un acte de dissimulation», a jugé le tribunal fédéral numéro 8. Sa décision est susceptible d’appel devant la Chambre de cassation pénale.

«Un non-sens»

Cristina Kirchner avait estimé devant la cour que l’accusation qui la visait était «un non-sens, un scandale judiciaire et politique, l’œuvre d’un instrument de persécution des opposants politiques au gouvernement de Mauricio Macri (2015-2019)», qui lui avait succédé. Le pacte avait été approuvé en 2013 par le Parlement argentin, mais l’Iran n’avait finalement pas respecté les termes de l’accord.

L’accusation pour entrave à l’enquête avait d’abord été lancée en 2015 par le procureur Alberto Nisman, qui avait été retrouvé mort dans son appartement de Buenos Aires à la veille de présenter son accusation contre Cristina Kirchner au Parlement.

L’attentat contre l’Amia (Association mutuelle israélite argentine), le 18 juillet 1994, était le deuxième perpétré contre la communauté juive d’Argentine, la plus nombreuse d’Amérique latine, après celui de 1992 contre l’ambassade d’Israël (29 morts et 200 blessés).

L’attentat n’a jamais été revendiqué, ni élucidé, mais Israël accuse Téhéran d’être le commanditaire. Cristina Kirchner, 68 ans, a obtenu des non-lieux dans plusieurs affaires de corruption présumée durant ses deux mandats présidentiels (2007-2015), mais reste poursuivie dans six autres procédures.

AFP

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