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Bienvenue en Epidémocratie!

Bienvenue en Epidémocratie!

Voyez-vous, en Epidémocratie, nous vivons en grande épidémie et en petite démocratie!

Petite démocratie, réduite à sa plus simple expression. Se lever, travailler ou vaquer à ses occupations, se coucher. Le tout sous l’oeil inquisiteur de nos gouvernements à l’amende facile. Et les médias qui nous abrutissent de nouvelles morbides, de débats en boucles avec des scientifiques dont chacun à son idée, généralement la pire.

Nous avançons en troupeau masqué, prêts, pour certains, à tuer, pour une distanciation sociale non respectée de quelques centimètres. Les sourires sont voilés et seuls les yeux peuvent s’exprimer mais ils sont tous braqués vers son tel. Les pubs, ces charognes qui n’en perdent pas une, vous proposent le must qu’est devenu le non contact entre acheteurs et vendeurs.

Le non contact comme argument publicitaire, on croit rêver. L’inverse même de la sociabilité comme argument de vente. Bienvenue en Epidémocratie!

Il est vrai que dans ce désert des relations ne seraient-ce que courtoises, chaque polémique prend une ampleur vertigineuse, entretenue des jours et des jours. Prenez cette pauvre famille anglaise accusée de racisme, montrée du doigt et qui rame pour se sortir de ce mauvais pas, franchement, en période normale, on aurait à peine levé un oeil.

Chaque décision faisant polémique, nous vivons dans un brouhaha incessant si bien qu’on regrette que ce virus ne nous infecte pas par les oreilles, pour porter des casques et non des masques. Et ne plus entendre la litanie des morts, le nombre des infections et des restrictions qui en découlent comme cascades au printemps.

Dieu ne joue pas aux dés, disait Einstein, mais nos politiques? Pas des dieux, des joueurs de dés. Et je te confine et je te déconfine et je te reconfine. Ah, notre bon peuple se rebelle, voyons, voyons, semi-confinement, alors. La nuit, surtout, quand le peuple dort, il ne le verra pas. Ah que je suis malin! Métro boulot, non confiné, dodo, confiné!

Semi-confinement, semi infections… Ben, ça ne fonctionne pas comme ça, protestent les scientifiques, va bien falloir, répondent les politiques. Et le w-e, à la maison, sans sortir ou un peu mais à peu. Mais ce n’est pas à l’air libre que s’attrape le virus disent les scientifiques, tant mieux alors, nos citoyens seront doublement protégés nous assènent, péremptoires, nos politiques.

Nous sommes donc devenus des demi-citoyens qui pouvons encor rêver de manger au restaurant ou boire un verre au bistrot. Parce que cette réalité n’existe plus tout comme se faire une toile ou aller au musée. Nous vivons notre vraie vie en rêve et notre cauchemar en éveillé. D’où l’expression, une vie de rêve, sans doute.

Nous sommes devenus des demi-citoyens et nous nous disons bonjour à coup de moignons. Nos mains sont coupées, nos lèvres n’embrassent plus, notre distanciation sociale est réglementée, réglementaire même, l’amende le rappelle.

Et la délation. Cette fameuse petite musique haineuse, ce petit rire sardonique, allo, police nos voisins sont un de plus, venez vite, nous avons si peur. Parfois dans mes délires confinés je me demande si une réunion de culs de jatte peut se faire en double en toute légalité?

Alors comme une libération, nos gouvernants nous lancent des vaccins. Mais les gens se cabrent, sorcellerie que cela. Moi j’avoue que le nom me fait planer, vaccin à ARN messager, c’est beau comme un voyage. J’imagine cette petite chose portant la bonne parole dans mes cellules et une armée de combattants motivés par ce message qui se lèvent bouter l’envahisseur. Mélange de Jeanne d’Arc et de la Liberté guidant le peuple…

Mais la pensée de nos gouvernants n’est pas poésie, elle est de gagner du pognon et encore du pognon. Consommer et consommer et surconsommer même. Parce que pour l’instant, peuple ignare, nous dépensons vos impôts de demain pour sauver votre cul et vous n’êtes point contents. Et même vos impôts d’après demain vont y passer. Alors vaccinez-vous!

Parce que cette dette de con va falloir la rembourser jusqu’à votre dernier bouton de culottes. Si vous voulez que tout redevienne comme avant, retroussez vos manches et faites vous piquer.

Oui mais voilà bande de salopards sanguinaires, je et nous, ne voulons plus du monde d’avant. Nous prenons volontiers, pas tous, le vaccin mais pour vivre une autre vie et surtout pas celle d’avant.

A suivre

A propos de l'auteur

Jean-Yves le Garrec

Journaliste et chroniqueur.

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