Bolivie: Nouvelles accusations contre l’ex-présidente

Bolivie: Nouvelles accusations contre l’ex-présidente

Il est désormais reproché à Jeanine Añez d’avoir signé «des décisions contraires à la Constitution et aux lois» ainsi que d’autres manquements liés notamment à la gestion de l’épidémie de Covid-19 en Bolivie.

Quatre nouvelles accusations ont été retenues mardi par la justice contre Jeanine Añez, l’ancienne présidente par intérim de Bolivie, en détention préventive et poursuivie pour un coup d’État présumé contre son prédécesseur Evo Morales. Les nouveaux chefs d’accusation, présentés par le ministère de la Justice au nom de l’État, ont été acceptés par le parquet de Bolivie.

L’ancienne présidente intérimaire conservatrice a été arrêtée le 14 mars à la suite d’une plainte pour «sédition», «terrorisme» et «conspiration» déposée par une ancienne députée du Mouvement pour le socialisme (MAS), le parti d’Evo Morales. Elle est en détention préventive dans une prison de La Paz pour une durée de six mois.

Deux de ses anciens ministres ont eux aussi été arrêtés, et des mandats d’arrêt ont été lancés contre plusieurs autres personnalités de l’actuelle opposition.

Jeanine Añez est accusée d’avoir participé en 2019 à un coup d’État contre le président socialiste. Alors deuxième vice-présidente du Sénat, elle avait prêté serment comme présidente par intérim deux jours après la démission d’Evo Morales.

«Décisions contraires à la Constitution»

Aux termes des nouvelles charges retenues contre elle mardi, qui portent sur son activité en tant que chef de l’État par intérim, il lui est reproché d’avoir signé «des décisions contraires à la Constitution et aux lois» ainsi que d’autres manquements liés notamment à la gestion de l’épidémie de Covid-19 en Bolivie.

Par ailleurs, Jeanine Añez a affirmé mardi que les autorités mettaient sa vie en danger en refusant qu’elle soit transférée dans un établissement médical pour y recevoir des soins pour un problème d’hypertension. «Je n’ai pas confiance dans les médecins du gouvernement», a-t-elle écrit dans une lettre rendue publique. «Ils font partie d’un système d’abus et de répression et ils ont déjà montré qu’ils sont disposés à mettre ma vie en danger, en m’injectant un médicament à haut risque sans précautions ni études préalables, à seule fin de me maintenir dans leurs geôles», a accusé Jeanine Añez, sans donner de précisions sur le traitement qu’elle aurait reçu. «On m’a déjà enlevé ma liberté et maintenant on attente à ma santé», a-t-elle affirmé. Lors de son arrestation, elle a dit être victime d’une «persécution politique».

Une représentante du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme en Bolivie s’est rendue à la fin de la semaine dernière dans la prison où se trouve Jeanine Añez pour vérifier ses conditions de détention. Elle n’a pas encore fait connaître ses conclusions.

En novembre 2019, Evo Morales avait été poussé à la démission par un soulèvement après avoir été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle où il briguait un quatrième mandat mais accusé de fraude par l’opposition. Après une campagne de manifestations pendant laquelle au moins 35 personnes avaient été tuées, Evo Morales, lâché par la police et par l’armée, avait démissionné et s’était réfugié au Mexique puis en Argentine. Il est rentré en Bolivie après la victoire à l’élection présidentielle d’octobre 2020 de son dauphin Luis Arce, qui a succédé à Jeanine Añez.

AFP

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