Les femmes dans la rue contre Bolsonaro

A six jours du 1er tour de la présidentielle brésilienne, Jair Bolsonaro creuse l’écart dans un dernier sondage.

Le premier tour de l’élection présidentielle brésilienne aura lieu le 7 octobre.

Le candidat d’extrême droite à la présidentielle au Brésil, Jair Bolsonaro, a fortement creusé son avance selon un sondage lundi publié soir, tandis que le candidat de gauche Fernando Haddad concentrait sur lui ses attaques.

À moins d’une semaine du premier tour, le 7 octobre, M. Bolsonaro était crédité de 31% des intentions de vote par l’institut Ibope, soit 4 points de plus que jeudi. M. Haddad restait stable à contre 21%. Autre mauvaise nouvelle pour le candidat de gauche: la proportion d’électeurs excluant de voter pour lui a grimpé de 27 à 38%, alors pour M. Bolsonaro elle se maintenait à 44%. Au second tour, le sondage prévoit un match nul à 42%, tandis que M. Haddad l’emportait (42% contre 38%) jeudi dernier.

Un autre sondage publié dimanche par l’institut MDA présentait toutefois des résultats fort différents, avec 28,2% des intentions de vote pour M. Bolsonaro et 25,2% pour M. Haddad, qui gagnerait au second tour (42,7% contre 37,3%).

Le candidat du Parti des travailleurs (PT) a tenté de surfer sur la mobilisation des centaines de milliers de femmes descendues dans la rue samedi contre M. Bolsonaro. «Pas lui, car il ne respecte pas la diversité, ne respecte pas les femmes, ne respecte pas les Noirs», a lancé M. Haddad, devant quelque 400 personnes à Curitiba (sud). Il reprenait le slogan «Ele, não» («Pas lui») devenu le mot d’ordre des opposants au candidat d’extrême droite, connu pour ses dérapages homophobes, racistes ou misogynes.

Lula appelle à «sauver la démocratie»

À Curitiba, le candidat de gauche a rendu visite à son mentor Luiz Inacio Lula da Silva, l’ex-président qui purge depuis avril une peine de prison pour corruption. Dans une tribune publiée lundi dans le «Jornal do Brasil», Lula a appelé les électeurs à «sauver la démocratie» et à rejeter «la barbarie».

Dans cette élection particulièrement polarisée, Lula rejette également les accusations d’«extrémisme» à l’encontre du Parti des travailleurs formulées par ses opposants, notamment du centre, rappelant «l’engagement du PT pour la démocratie». «Qui flirte avec la barbarie cultive l’extrémisme. Qui lutte contre elle n’a rien d’extrémiste. (…) Dans le conflit entre la civilisation et la barbarie, il faut choisir son camp», a exhorté l’ancien chef de l’État (2003-2010).

Lundi, le juge anticorruption Sergio Moro, qui a condamné Lula en première instance en juillet 2017, a rendu public une partie du témoignage d’Antonio Palocci, ex-ministre du PT. Celui-ci accuse l’ancien chef de l’État d’avoir été au courant d’un gigantesque réseau de détournement de fonds de la compagnie pétrolière d’Etat Petrobras depuis 2007.

Dans ces aveux qui font partie d’un accord de collaboration avec la justice en échange d’une remise de peine, M. Palocci affirme notamment que Lula avait demandé en 2010 à l’ex-président de Petrobras, Sergio Gabrielli, aujourd’hui directeur de campagne de M. Haddad, la construction de 40 sondes d’exploration en eaux profondes «pour assurer l’avenir politique du pays» et du PT.

nxp/afp