Brésil Il n’y aura pas de coup d’État, promet Jair Bolsonaro

Brésil Il n’y aura pas de coup d’État, promet Jair Bolsonaro

(Rio de Janeiro) Le président Jair Bolsonaro a assuré qu’il n’y avait « aucun risque de coup d’État » au Brésil et qu’il ne ferait rien pour « empêcher l’élection » présidentielle de 2022, dans un entretien publié vendredi dans l’hebdomadaire Veja.

« De mon côté, il n’y a aucun risque de coup d’État », a déclaré le chef d’État d’extrême droite lors de cette interview au ton conciliant réalisée jeudi.

« Mais de l’autre, il y a toujours cette possibilité », a affirmé Jair Bolsonaro, évoquant les « plus de 100 demandes de destitution » déposées à la Chambre de députés, notamment en raison de sa gestion de la pandémie de coronavirus. Sa destitution équivaudrait selon lui à un coup d’État.  

La gestion de la pandémie par le président Bosonaro a été jugée « criminelle » par l’opposition et irresponsable par la plupart des scientifiques. Malgré cela, les analystes politiques du Brésil jugent peu probable qu’il soit destitué.

Une attaque contre les pouvoirs de l’État

La crise institutionnelle au Brésil a atteint son apogée le 7 septembre, quand Jair Bolsonaro a menacé la Cour suprême en haranguant des dizaines de milliers de manifestants massés pour lui apporter leur soutien, à Brasilia et à Sao Paulo (sud-est).

« J’ai un peu exagéré dans mes propos », a-t-il admis dans l’entretien à Veja, comme il l’avait déjà fait au surlendemain des manifestations. Dans une déclaration écrite, il avait alors tenté de calmer le jeu en assurant qu’il ne voulait « menacer aucun pouvoir » et que ses attaques contre la Cour suprême avaient été prononcées « dans le feu de l’action ».

Mais Jair Bolsonaro a dit à Veja qu’il savait que ses partisans espéraient une action plus énergique, voire même un putsch, pour renforcer son pouvoir.

Ils auraient voulu que je foute tout en l’air […] que j’agisse en dehors du cadre de la Constitution. Vous imaginez les problèmes si j’avais tout foutu en l’air ?

Jair Bolsonaro

Le 7 septembre, M. Bolsonaro avait également menacé de ne pas reconnaître l’élection présidentielle de 2022, qui serait selon lui « une farce » en cas de maintien du système de vote électronique en vigueur depuis 1996, propice selon lui aux fraudes.  

Mais il s’est rétracté dans l’entretien à Veja : « Ne vous inquiétez pas, l’élection aura bien lieu, je ne vais pas l’empêcher ».

Le président brésilien, qui est au plus bas dans les sondages, avec une cote de popularité à 22 %, est donné largement perdant face à son ennemi juré, l’ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, au scrutin d’octobre 2022.

600 000 morts et « pas la moindre erreur »

« On n’a jamais la paix dans ce boulot. Une de mes seules satisfactions, c’est de savoir qu’il n’y a pas de communiste assis sur ce fauteuil (de la présidence) », a-t-il lancé.

Jair Bolsonaro a également réitéré qu’il n’avait « pas commis la moindre erreur » dans la gestion de la crise sanitaire qui a fait près de 600 000 morts au Brésil.

« J’ai été critiqué quand j’ai dit que rester chez soi n’était pas la solution […] Aujourd’hui, des études montrent que ceux qui meurent le plus du coronavirus sont les obèses et ceux qui ont peur. Tout le monde a pris du poids en restant à la maison », a-t-il prétendu.

Pour lui, la Commission d’enquête du Sénat qui se penche sur les « omissions » du gouvernement dans cette gestion de la pandémie n’a « aucune crédibilité ».

« L’histoire montrera que les mesures que nous avons prises ont sauvé les gens », a résumé le président, qui vante toujours l’inefficace hydroxychloroquine et refuse d’être vacciné.

Un fils de Bolsonaro positif à la COVID-19 après l’assemblée de l’ONU

Le député Eduardo Bolsonaro, fils du président brésilien Jair Bolsonaro a attrapé la COVID-19. Il est le troisième cas de contamination de la délégation brésilienne à l’Assemblée générale de l’ONU à New York. Il n’avait reçu qu’une des deux doses du vaccin Pfizer.

(Brasilia) Le député Eduardo Bolsonaro, fils du président brésilien Jair Bolsonaro, a annoncé vendredi avoir été testé positif à la COVID-19, le troisième cas de contamination de la délégation brésilienne à l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

« Je me sens bien et j’ai commencé un traitement », a écrit sur Twitter le parlementaire de 37 ans, qui a remis en cause l’exigence du passeport sanitaire imposée par certaines villes du Brésil, comme Rio de Janeiro ou Sao Paulo.

« On sait que les vaccins ont été développés plus vite que la normale. J’ai reçu la première dose du vaccin de Pfizer et j’ai attrappé la COVID-19. Ça veut dire que le vaccin est inutile ? Non. Mais je crois que c’est un argument de plus contre le passeport sanitaire », a-t-il affirmé.

Autre membre de la délégation brésilienne à l’ONU, le ministre de la Santé, Marcelo Queiroga, a aussi été contaminé par le virus. Il a été testé positif à New York, après l’Assemblée générale, et a dû rester en quarantaine dans un hôtel de la métropole américaine.

Le premier cas était un diplomate qui était arrivé à New York un jour avant le président brésilien.

Jair Bolsonaro sans masque à New York

Non vacciné contre la COVID-19, Jair Bolsonaro a été vu à plusieurs reprises sans masque pendant son séjour new-yorkais.  

Dimanche soir, peu après son arrivée aux États-Unis, des photos publiées sur les réseaux sociaux par deux ministres ont montré le président d’extrême droite dînant d’une pizza dans la rue. Une facétie attribuée par les médias brésiliens à son refus du vaccin, qui l’empêchait d’avoir le passeport sanitaire nécessaire pour entrer dans les restaurants.

De retour au Brésil depuis mercredi, Jair Bolsonaro est à l’isolement dans sa résidence officielle du Palais de l’Alvorada de Brasilia, pour avoir été cas contact du ministre Queiroga.  

Il doit subir un nouveau test PCR ce week-end : en cas de résultat négatif, il pourra reprendre ses activités normales.

Agence France-Presse

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