Tout pays, dans sa constitution, a le droit et l’obligation de fournir des formes de contrôle politique contre les corrompus, les incompétents et tous ceux qui utilisent l’État pour leur propre bénéfice et qui, par leurs actions illégales, mettent en danger la stabilité et la paix sociale d’un pays.

Ce qui est surprenant dans le cas du Brésil, c’est qu’une classe politique corrompue, a évincé du pouvoir une Présidente qui n’avait aucune accusation de corruption. En revanche, 60% des membres du Sénat fédéral ont des enquêtes ouvertes avec la justice. 53,7% des 513 membres de la Chambre des représentants (députés fédéraux) brésiliens ont, ou ont eu, des affaires en suspens avec la justice, ce qui signifie un total de 273 parlementaires. Eduardo Cunha (à l’origine de la demande de destitution de la présidente Dilma Rousseff), religieux et évangélique, est accusé de posséder de comptes avec des millions, en Suisse, engraissés à base de pots de vin de Petrobras (Petróleo Brasileiro SA), ce qui a été confirmé par la Confédération Helvétique. Renan Calheiros, président du Sénat et membre du Parti du Mouvement Démocratique Brésilien (PMDB) est  sous enquête dans neuf procédures de corruption dans le scandale Petrobras.

Curieusement, Dilma Rousseff n’est pas accusée de corruption et la déclaration da sénatrice Gleissi Hoffman prend tout son sens quand elle a déclaré que le Sénat brésilien n’avait «aucune autorité morale» pour juger Mme Rousseff.

L’accusation principale est basée sur le supposé maquillage des comptes de l’Etat. Défini comme un “crime de responsabilité”, quelque chose qui n’a jamais été vu jusqu’à présent au Brésil, surtout quand il est connu et prouvé que d’anciens présidents et actuels gouverneurs, ont déjà fait,  ou font toujours  ce genre de manœuvres sans que cela ne provoque la moindre réaction. Mais il est prouvé que 60% de tous les sénateurs sont poursuivis pour des crimes tels que le blanchiment d’argent,  le maquillage des comptes et des crimes de fraudes électorale, sans oublier de graves accusations d’esclavage contre Ronaldo Caiado, faits qui ont été vérifié par la police fédérale dans les terres du sénateur. Cela a été divulgué  ainsi que des preuves filmées de la présence de cocaïne au cours des débats.

Le complot était si bien orchestré que, certains jours, des discussions ont été menées dans un Sénat pratiquement vide.  Un sénateur pro impeachment a déclaré à la presse que toute cette histoire était une mascarade et que le résultat avait déjà été préalablement défini. En plus de tout cela, cette farce a été faite pour donner un aspect démocratique à un complot politique de la pire espèce, comme rarement cela a été vu dans l’histoire politique mondiale.

Dilma victime d’elle-même

La Présidente Dilma n’est pas seulement victime d’une classe politique rongée par la corruption, elle est aussi victime de son propre comportement, additionné au chantage de Eduardo Cunha, qui avait menacé de déclencher le processus de mise en accusation, s’il n’obtenait pas le soutien du gouvernement pour le protéger de la justice, l’a mené à cette situation.

Elle est aussi victime de son parti, le PT (Partido dos Trabalhadores – Parti des travailleurs), qui pendant des décennies a construit un espoir pour le Brésil et toute l’Amérique latine,  est tombé  la tête en premier, dans  la corruption nationale. Cela a provoqué une énorme déception et une frustration de la part de la population, qui est devenue le principal alibi de désenchantement populaire et des accusations, lorsque la corruption est un cancer qui produit des métastases à tous les niveaux de la société.

Elle a été victime d’une opposition qui dès le premier jour de sa réélection avait juré, selon les mots du sénateur Aécio Neves,de  mettre fin par tous les moyens à son gouvernement. Une opposition qui pense plus à son intérêt personnel et privé que celui des citoyens. Une oposition qui a orchestré une farce pathétique pour sauver un maximum de politiciens des enquêtes de la Police Fédérale.

Mais elle est aussi victime d’elle-même, à ne pas avoir eu l’humilité d’écouter, le courage de reconnaitre ses erreurs et changer de cap au moment opportun,  de ne pas avoir l’habilité nécessaire en matière de politique pour négocier et trouver des compromis , et pour avoir crée une instabilité et cette énorme crise économique.

Il est vrai, et cela doit être dit, cette femme fut victime d’une injustice, mais aussi de toute son incompétence et de son arrogance, que Lula constate depuis un certain temps, en déclarant que «Dilma n’écoute personne». Mais pour provoquer la chute d’un président en exercice, il faut qu’il y ait un crime de responsabilité prouvé et dans ce cas, il ni en a pas eu. Fait qui définit le complot criminel qui fut organisé pour protéger la classe politique de la justice et de profiter l’occasion  d’abattre la politique progressiste du gouvernement du PT et instaurer une politique ultra-libérale qui a déjà montré ses conséquences dans une Europe ruinée par l’austérité et mené l’Union Européenne au bord du collapse à cause des politiques extrémes de protection du capital au détriment de la société en général.

C’est lamentable ce qui se passe au Brésil, parce que cela crée un précédent terrible. Qu’une bande de criminels puisse s’approprier  l’État, à travers une farce démocratique. Et sans avoir un seul vote, changer le cours du pays en fonction de leurs propres intérêts personnels et des maffias qui les soutiennent. Un triste avenir s’ouvre pour le pays qui, pendant un certain temps,  a représenté l’espoir des pnations en voie de développement. Un pays qui a réalisé d’importantes avancées sociales et qui seront balayées par l’arrogance d’un gouvernement usurpateur.

Si la perte de soutien populaire signifie l’évincement d’un président légitimement élu, alors M. Enrique Peña Nieto, au Mexique, M. François Hollande en France, Michelle Bachelet au Chili et beaucoup d’autres, devraient être tous évancés après avoir été jugés pour incompétence par un sénat manipulé. Mais ce n’est pas le cas dans ces pays, car on respecte l’identité démocratique de l’État.

C’est dans la lutte politique et dans celle des idées, dans le vote, que le cours de l’histoire pourra être changé.

Quel avenir pour un pays où la grande majorité de la classe politique est impliqué dans la corruption; où tous les partis politiques, sans exception, ont des dirigeants accusé par la justice; où la population observe de manière médusée, à quel point le pays est détruit par des intérêts personnels, par des gangsters cyniques et hypocrites, qui ont donné au monde, un triste spectacle  au cours des débats qui a eu lieu au Sénat.

Illégitime Michel Temer

Quelle légitimité peut avoir un Président, qui ne peut pas se présenter à une élection car ses droits politiques ont été suspendus pour un période de 8 ans?

Michel Temer, de caractère froid et calculateur avec une vaste expérience politique,  a réussi à atteindre la présidence sans devoir passer par les urnes. Il voyage au G20, où les pays du BRIC condamnent le coup d’Etat menée au Brésil. Quelle légitimité internationale peut avoir un président qui a déjà dû se séparer de trois ministres impliqués dans des affaires de corruption et est condamné par la justice de son pays ?

Michel Temer est poursuivi dans l’Opération Lava Jatos (ou Scandale Petrobras). Accusé d’avoir reçu 5’000’000 de R$ (1.514.068,52 CHF) de la compagnie OAS. En 2014, apparaît une plainte pour avoir reçu 40 mille reais (12.109,02 CHF) pour les travaux à Araçatuba et Praia Grande, au cours des enquêtes réalisées auprès de la société Camargo Correa, la police fédérale a trouvé des documents qui citent 21 fois le nom de Temer à côtés de montants totalisant 345’000 R$ (104.427,88 CHF). A cette époque, de 1966 à 1998, Michel Temer était député fédéral.

Temer a été condamné pour avoir fait des dons de 100’000 R$(30.266,64 CHF) lors de la campagne de 2014 pour les députés du PMDB. Ceci représentante 11,9% des rendements de l’année précédente, quand la législation imposait comme toit de donation 10% du rendement.(i)

Temer fut aussi condamné à payer une amende de 80’000 R$ (24.213,31 CHF) à cause des contributions. Le Tribunal électoral a, en même temps rapporté que la loi de Feuille Propre ( Ficha Limpa) détermine que les personnes condamnées dans ce type de situation seront inéligibles pendant une période de 8 ans à compter de la date du jugement et condamnation.Je souligne que, contrairement a Temer, Dilma Roussef n’as pas été condané a la inegibilité et qu’elle pèeut se presenter  a toute éléction.

Le Brésil connaît la situation surréaliste d’avoir, à ce moment, un président condamné par la justice et tout en étant inéligible ce qui veut dire, qu’il ne peut pas être soumis à aucune élection pendant une période de huit ans.

Ce fait montre clairement les intentions et la moralité de la classe politique que dans ce pays, ont usurpé l’Etat.

Alfonso Vásquez Unternahrer