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Coronavirus: Essais cliniques: les femmes trop souvent mises de côté

Coronavirus: Essais cliniques: les femmes trop souvent mises de côté

Une médecin des HUG regrette que les pharmas qui fabriquent les vaccins n’aient pas mentionné les effets possibles sur le cycle menstruel. La santé des femmes ne serait pas assez prise en compte.

L’effet éventuel des vaccins sur l’utérus n’a pas d’impact sur la fertilité ni sur la pilule contraceptive.

«Il est intéressant de constater que ces effets secondaires récemment observés sur les règles de certaines femmes peu après leur vaccination n’avaient pas été répertoriés ni annoncés officiellement.» Responsable de l’unité de médecine de la reproduction et d’endocrinologie gynécologique aux HUG, la Dr Isabelle Streuli a réagi mardi à notre demande aux divers témoignages, en Suisse comme dans d’autres pays européens, sur la brève perturbation du cycle menstruel après l’injection d’une dose contre le Covid-19.

Réaction de l’utérus sans gravité

Des règles plus longues, ou plus courtes mais abondantes, ou plus douloureuses ont été observées, ainsi que de nouveaux saignements des jours après la fin d’un cycle. Pour la médecin genevoise, il peut s’agir d’une réaction immunitaire de l’utérus, sans répercussion à moyen ou long terme. Pour la Dr Isabelle Streuli, il n’y a pas d’inquiétudes à avoir sur la fertilité ni sur l’efficacité de la prise d’une pilule contraceptive.

Aux pharmas d’étudier les effets secondaires de leurs vaccins

«Les femmes sont habituées à voir leur cycle menstruel perturbé par divers facteurs durant leur vie. C’est probablement pourquoi celles, vaccinées, qui auraient subi de tels effets secondaires ne se sont pas précipitées chez leur gynécologue ou à l’hôpital», déduit-elle. Il n’y a donc pas de recensement ni d’étude en cours à ce sujet en Suisse romande, que ce soit au CHUV ou aux HUG. «Ce serait aux fabricants de ces vaccins de réaliser de telles études sur des effets secondaires de leurs produits sur le cycle des femmes», estime-t-elle.

Santé féminine encore trop négligée lors d’essais cliniques

La cheffe de l’unité des HUG en profite pour relever un aspect peu connu: lors de la phase d’essais cliniques sur des humains, les hommes seraient bien plus représentés que les femmes, encore trop souvent mises de côté. Avec comme conséquence une négligence dans le signalement des effets sur la santé des femmes en général, et sur leur cycle menstruel.

Frédéric Nejad Toulami

https://www.20min.ch

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