Coronavirus: Un certificat à ne pas utiliser «plus longtemps que nécessaire»

Coronavirus: Un certificat à ne pas utiliser «plus longtemps que nécessaire»

Le Conseil fédéral a précisé l’usage du certificat Covid. Il sera en priorité destiné aux voyages internationaux et aux grandes manifestations. En aucun cas il ne touchera les lieux de vie comme les transports publics, les commerces ou le lieu de travail.

Le Conseil fédéral a annoncé mercredi le lancement d’un certificat Covid. Ce document, élaboré par l’Office fédéral de l’informatique et de la télécommunication (OFIT) sera disponible sous forme physique ou numérique et doit être compatible avec les outils étrangers. «Ce ne sera pas un certificat de vaccination», a insisté Alain Berset, mais une attestation de non-contagiosité. Grâce à ce document destiné aux personnes vaccinées, guéries et testées négatives, il sera possible d’autoriser à nouveau les grandes manifestations et de rouvrir les lieux à risque comme les discothèques et les clubs.

Le cadre précis et les adaptations correspondantes des ordonnances seront mis en consultation le 11 juin 2021. La décision sera prise le 18 juin. Mais les premiers certificats seront délivrés par étapes, à partir du 7 juin déjà, pour que toute la population puisse en bénéficier au plus tard à fin juin, date à laquelle de premières mesures liées à l’utilisation du certificat entreront en vigueur. «C’est une logistique énorme», a insisté le conseiller fédéral pour justifier ce délai.

Pas pour les enfants de moins de 16 ans

Grâce à lui, toute personne pourra en effet prouver qu’elle est immunisée, c’est-à-dire vaccinée ou guérie, ou que la probabilité est très faible qu’elle soit contagieuse, puisque testée négative peu de temps auparavant. Pour les voyageurs, cela devrait permettre d’éviter de payer pour un test PCR, car un test antigénique gratuit sera suffisant. Mais pas les autotests: «Cela reviendrait à nous baser sur une auto-déclaration» a indiqué le ministre de la Santé en conférence de presse. Quant aux enfants de moins de 16 ans, ils en seront dispensés.

«Le Conseil fédéral n’entend pas utiliser le certificat plus longtemps que nécessaire», proclame le communiqué. En Suisse, il devrait être limité à la phase transitoire, soit environ deux mois et demi depuis début juillet, selon les estimations du Fribourgeois. Il ne pourra pas être utilisé dans les lieux quotidiens comme les transports publics, les écoles, les magasins ou au travail. Il n’est pas non plus prévu que les restaurants, les cinémas et les manifestations de moins de 1000 personnes en fassent usage, mais ce sera possible. Trois domaines sont définis:

  • Vert : utilisation du certificat exclue
    Il comprend les lieux de la vie quotidienne et les rapports avec les autorités. Ici, le certificat est explicitement interdit, car ce domaine relève soit de tâches étatiques, soit de droits fondamentaux et de libertés fondamentales. Cela concerne les manifestations privées et religieuses, les transports publics, les commerces, le lieu de travail ou les écoles.
  • Orange : utilisation facultative ou pour éviter des fermetures
    Il concerne les lieux qui ne font pas forcément partie du quotidien, mais qui sont fortement fréquentés: les bars, les restaurants, les manifestations sportives et culturelles, les lieux de loisirs et de divertissement, les hôpitaux et les EMS (pour les visites de proches). Ici, il n’est pas prévu de recourir au certificat, sauf si la situation épidémiologique devait de nouveau se dégrader.
  • Rouge: utilisation requise pour permettre des assouplissements
    Cela touche le transport international de voyageurs et les lieux sensibles d’un point de vue épidémiologique, comme les grandes manifestations ou les discothèques. Si elle risque de durer dans les transports aériens, par exemple, son utilisation devrait toutefois être temporaire pour l’accès aux grandes manifestations ainsi qu’aux discothèques et aux clubs, dans le cadre de la stratégie d’assouplissement du Conseil fédéral.

Concernant les personnes arrivant de l’étranger, le cadre reste le même: exigence de texte PCR et ou de quarantaine. Mais les choses évoluent vite, a relevé Virgine Masseray, cheffe du contrôle de l’infection et programme de vaccination à l’OFSP: «Il est prévu actuellement que les personnes guéries soient exemptées de quarantaine au retour de zones à risque, et cela va être aussi le cas pour les personnes vaccinées. Il y aura une révision des conditions pour les entrées en Suisse ces prochains temps.»

S’assurer l’accès aux vaccins et médicaments

Afin d’assurer à la Suisse l’accès à des vaccins contre le COVID-19 sûrs et efficaces, la Confédération a conclu des contrats de réservation et d’achat anticipés avec différents producteurs potentiellement prospères. Devant la presse, Alain Berset s’est à nouveau félicité du choix de la Confédération de miser sur les vaccins de type ARN Messager de Moderna et Pfizer. Cette politique se poursuivra au-delà de 2022.

Mais le Conseil fédéral entend aussi renforcer le développement et la production de médicaments contre le Covid-19. Il a approuvé un programme d’encouragement à hauteur de 50 millions de francs. Les contributions doivent permettre d’approvisionner rapidement la population suisse en médicaments nouveaux et innovants. Il entend ainsi contribuer au traitement des personnes qui ne peuvent pas être vaccinées ou qui tombent malades malgré la vaccination.

Les fonds d’encouragement ne doivent être accordés que si un financement privé s’avère impossible ou que l’accès de la Suisse à des biens médicaux essentiels risque d’être entravé. La Confédération devrait bénéficier d’une contrepartie pour ces investissements (p. ex. livraison prioritaire). Ce programme-là est limité à fin 2022. Le Conseil fédéral part du principe que, par la suite, le marché libre sera en mesure d’assurer l’approvisionnement et qu’une intervention de l’État ne sera plus utile.

Gilles Martin

Près d’un tiers de la population suisse est vaccinée

Près de 30% de la population helvétique est vaccinée. Des doses continuent à être livrées. Une situation qualifiée mardi de «favorable» par l’OFSP.

«Le taux de reproduction est actuellement de 0,84», a relevé Virginie Masserey, cheffe de la section de contrôle des infections à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), lors d’une conférence de presse mardi. Le nombre de décès est bas.

«Nous suivons de près la situation de variants inquiétants», précise-t-elle. Mais «nous ne constatons actuellement aucune augmentation du nombre de ces variants». Et d’ajouter: «L’évolution est plutôt favorable. Ce qui nous donne des perspectives.»

Actuellement, 3,7 millions de doses de vaccin ont été administrées en Suisse. Désormais, 1,2 million de personnes sont entièrement vaccinées et 2,4 millions ont reçu au moins une dose. Selon Virginie Masserey, 28% de la population suisse a désormais été vaccinée.

#CoronaInfoCH
Vaccination contre le COVID-19 – 16.05.
Doses de vaccin reçues en Suisse: 4 712 025
Doses de vaccin livrées aux cantons et FL: 3 908 500
Doses administrées à ce jour: 3 689 909
Doses administrées pour 100 habitants: 42,68https://t.co/tAOA6IgUCj pic.twitter.com/MkpxVA1UDJ

— BAG – OFSP – UFSP (@BAG_OFSP_UFSP) May 18, 2021

Nouvelle campagne d’information

Une nouvelle campagne d’information sur la vaccination contre le Covid-19 est également en cours depuis lundi sous le slogan «Un cœur pour nous tous». Cette campagne, qui met l’accent sur la solidarité, coûte 1,5 million de francs, dont 80% pour la distribution et 20% pour la production.

Les livraisons de vaccins arrivent désormais en continu, selon Virginie Masserey. Quelque 750’000 doses supplémentaires de Moderna et 120’000 de Pfizer sont arrivées. La plupart des cantons ont approuvé la vaccination pour tous les adultes. La Suisse disposera donc de doses suffisantes pour vacciner les enfants, à condition qu’ils y soient autorisés.

Les infections migrent vers les non-vaccinés

Le patron de la Task Force scientifique nationale Covid-19, Martin Ackermann, explique que «quelque chose de positif a eu lieu: pendant la période où l’assouplissement est entré en vigueur, le nombre de cas a diminué». Le nombre de nouvelles infections s’est déplacé vers les non-vaccinés.

Selon Martin Ackermann, les pays qui ont vacciné rapidement, comme Israël et le Royaume-Uni, ont vu une forte baisse du nombre de cas. C’est pourquoi la dynamique positive générée par la campagne de vaccination pourrait être renforcée. Un assouplissement prudent est ainsi possible sans augmenter le risque pour les non-vaccinés, compte tenu d’une faible incidence.

Traitement préférentiel amené à disparaître

Rudolf Hauri, médecin cantonal de Zoug, président de l’Association des médecins cantonaux, a toutefois prévenu que l’ouverture de la vaccination à tous les adultes pouvait signifier que les personnes à risque ne bénéficieraient plus d’un traitement préférentiel.

Le certificat Covid devrait quant à lui être effectif au début de l’été. Les vacanciers ne bénéficieront pas pour autant de tests PCR gratuits pour voyager.

Les masques sont toujours nécessaires

Mais si la situation est à présent favorable en Suisse, les mesures sanitaires n’en restent pas moins importantes. «Une personne entièrement vaccinée ne transmet généralement pas le virus», précise Virginie Masserey.

«Mais il y a des exceptions», constate Martin Ackermann. «Porter le masque a toujours du sens», rappelle donc Virginie Masserey.

Catherine Bex Bourqui

Swiss teste un nouveau certificat sanitaire numérique

La compagnie aérienne suisse va tester la fonctionnalité de cette nouvelle solution numérique sous forme de portefeuille contenant les certificats de vaccination et de test.

En cette période de pandémie, pour qu’il soit plus simple de voyager en toute sécurité, Swiss International Air Lines (SWISS) se lance dans l’évaluation d’une nouvelle solution numérique de vérification des certificats nationaux et internationaux de test et de vaccination.

La nouvelle solution ne nécessite aucun téléchargement d’application et respecte les directives les plus strictes en matière de protection des données. Elle permet aux voyageurs de stocker et d’administrer sous forme de portefeuille numérique les certificats de vaccination et de test qui sont transmis directement sur leurs appareils mobiles par les centres de test et les laboratoires affiliés. Ils peuvent ainsi présenter aux compagnies aériennes et aux autorités la preuve infalsifiable qu’ils satisfont aux conditions d’entrée sur le territoire sans devoir pour autant divulguer d’autres informations de santé. Le code-barres crypté du système de certification accélérera et optimisera également les processus aéroportuaires concernés.

Phase de test

Swiss va tester la fonctionnalité de la nouvelle solution numérique dans les jours à venir en vue de son adoption éventuelle au troisième trimestre 2021. Pendant la phase d’essai, les passagers devront encore être munis d’un certificat sanitaire officiel conforme aux exigences du pays de destination. Swiss a déjà testé le nouveau Travel Pass IATA sur ses vols entre Zurich et Londres Heathrow. Sur certaines lignes, les passagers pourront également télécharger leurs certificats de test jusqu’à 12 heures avant le départ. Ceux-ci seront vérifiés afin que les clients sachent avant de partir s’ils satisfont aux exigences des autorités concernées.

Cet essai se déroule dans le cadre de l’adhésion de la compagnie aérienne à l’alliance BlueIcareUs qui regroupe des entreprises et des organisations suisses des secteurs de l’aéronautique et de la santé. Internationale, la solution numérique sous revue a été mise au point en collaboration avec l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) et l’Office fédéral de l’informatique et de la télécommunication (OFIT), en coordination avec les travaux préparatoires au «Certificat vert de l’Union européenne» de la startup suisse Cyberfish.

comm/pmi

https://www.20min.ch

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