L’actuel langage de l’Administration nord-américaine est tout à fait inintelligible. Il règne une sensation d’improvisation permanente, de revirements brusques et d’accusations sans fondements. Le dernier tweet, mal intentionné et sans fondement, adressé au maire de Londres Sadiq Khan, suit aux derniers attentats de Londres  en est un exemple.

Le comportement grossier et arrogant de Trump lors de la dernière réunion du G7, ses discours à l’encontre de la prééminence allemande, l’OTAN, son retrait des accords de Paris, ses positions au Moyen-Orient et le reste de ses déclarations impulsives ont mis en évidence, aux yeux des autres nations, que la place de leader mondial est de l’histoire passée – qu’il est préférable de prendre ses distances d’un pays dirigé par un tel individu.

L’ambassadrice Nikki Haley a demandé, la semaine dernière, le retrait du Venezuela de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU. Elle a menacé également de se retirer de cette même Commission si des changements radicaux – en particulier par rapport à Israël – n’étaient pas entrepris.

Suite au retrait des USA du Pacte de Paris, ils menacent maintenant de se retirer de la Commission des Droits de l’Homme. Lors de sa campagne déjà, Donald Trump avait clairement exprimé son mépris à l’égard de l’ONU qu’il considère « inutile » et « pas à la hauteur de son potentiel » ; qui plus est, au lieu de résoudre les problèmes, ils en seraient la cause.

Il est intéressant de noter que les USA sont alliés avec l’Arabie Saoudite, un des pays qui viole le plus les Droits de l’Homme, appliquant une forme stricte de la Charia et violant systématiquement le droit des femmes, considérées dans ce pays comme des objets, propriétés des hommes. Ils sont également alliés avec le gouvernement d’extrême droite d’Israël qui occupe illégalement la Cisjordanie et qui n’est pas non plus un exemple en matière de respect des droits de l’Homme, en particulier lorsqu’il s’agit du peuple palestinien. Après la guerre en Irak, les prisonniers clandestins, l’usage de la torture de manière systématique, l’utilisation de mensonges institutionnels pour justifier l’intervention militaire, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur les qualités des USA en matière d’éthique et de morale leur permettant d’exiger et de donner des leçons au reste du monde. Sans compter sur le passé récent et les interventions nord-américaines en Amérique Latine source de souffrance et de mort. Au nom de la défense de la démocratie et (surtout) de leurs propres intérêts, les Etats-Unis sont responsables des dictatures les plus dures de l’histoire du continent, écrivant ainsi les pages d’horreurs les plus sanglantes.

En moins d’un an à la tête du gouvernement, Donald Trump a envoyé un message très clair au reste du monde : il a été élu par Pittsburgh (bien que la majorité était pour Hilary Clinton) et non par Paris. Le monde ne doit plus compter sur les USA. Il s’agit là d’une grande opportunité pour les États de couper le cordon nocif qui les relie à un empire en décadence qui n’a plus rien à offrir au reste du Monde… en dehors des séries télévisées. Il reste encore de l’espoir grâce aux États comme la Californie ou la société civile, effrayés devant l’isolement et l’antipathie du reste du monde envers ceux qui les dirigent. Plusieurs villes et États, ouvertement opposés au pouvoir central, ont déclaré leur volonté de poursuivre les mesures de l’Accord de Paris sur le climat, position claire de désobéissance civile.

Trump a réussi, non seulement, a faire éclore un front anti-USA à l’extérieur mais également à renforcer l’opposition interne au pays ; situation qui place le parti Républicain en situation délicate pour les élections de mi-mandat lors desquelles la Chambre et le Sénat peuvent basculer et changer complétement de visage.

Les évènements à la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU sont un épisode de plus dans la chute des Etats-Unis, perdant de plus en plus d’inffluence et s’isolant des autres nations exaspérées par la rhétorique démagogique et populiste de la nouvelle administration, du comportement infantile et déstabilisant du nouveau président préférant twitter pour gouverner.

Il est évident que le Venezuela a des problèmes, mais rien ne justifie la demande d’exclusion d’un pays en crise économique et politique profonde, résultat d’actions internes et externes mais à qui nous ne pouvons reprocher de violer systématiquement les Droits de l’Homme.

Personne ne nie les faits d’extrême violence qui ont eu lieu, tout comme au Brésil, autre pays secoué par une crise politique et économique intense.

De fait, la situation du Brésil est plus complexe que celle du Venezuela. Brasilia est en ce moment contrôlée par un cartel de criminels s’accrochant au pouvoir afin d’éviter toute condamnation et emprisonnement.

Au Venezuela, c’est la révolution bolivarienne et le peuple vénézuélien qui cherche leurs chemins dans une situation extrêmement difficile, résultat de la crise économique, victime d’un système mono producteur et de la chute du prix du pétrole – entre autres.

Le peuple vénézuélien a le moyen de trouver les solutions institutionnelles pour résoudre la crise.

Pour ce faire, beaucoup de dialogue, de tolérance et une vision réelle et pragmatique de la crise actuelle sont nécessaires. Une lutte fratricide n’engendrerait que des perdants et la destruction du pays.

Ces expériences, tant celle du Venezuela que celle du Brésil, sont pourtant l’occasion de repenser les alliances latino-américaines, d’asseoir l’indépendance du continent et de construire des voies propres à des gouvernements ayant comme base, élément central de nos sociétés et garants du futur, la justice sociale, la défense de l’environnement, le respect et l’intégration des peuples indigènes et la protection de la femme.

L’Amérique Latine doit passer au-delà des problèmes qui les séparent et renforcer les valeurs et les principes qui les unissent.

Chercher le bien commun et ne pas s’enliser dans le passé ou dans un nationalisme qui ne font que freiner le progrès des populations. Le Chili doit comprendre, par exemple, que donner un accès à la mer à la Bolivie n’est pas une perte de souveraineté mais un immense bénéfice pour le pays.

Nous devons abandonner les égoïsmes nationaux, les politiques populistes et développer la solidarité et la fraternité continentales, la recherche d’une société unie, équilibrée et respectueuse de ce qui nous caractérise en tant que peuple et nation. L’unité latino-américaine doit être la volonté des générations futures et non plus l’angoisse de nos ancêtres.