Décisions du Conseil fédéral: La durée de l’isolement et de la quarantaine réduite à cinq jours

Décisions du Conseil fédéral: La durée de l’isolement et de la quarantaine réduite à cinq jours

Lors de sa conférence de presse, le Conseil fédéral a aussi proposé de prolonger les mesures actuelles jusqu’au 31 mars et de réduire la durée de validité du certificat Covid.

Lors de sa première conférence de presse de l’année 2022, le Conseil fédéral a proposé de prolonger les mesures de lutte contre la propagation du coronavirus adoptées le 17 décembre dernier. Le ministre de la Santé, Alain Berset, a expliqué que la Suisse était «peut-être à un tournant de la pandémie mais la situation reste fragile. Les contaminations vont entraîner une hausse des hospitalisations. Mais il y a aussi toujours plus de patients qui viennent pour autre chose à l’hôpital et qui sont contaminés».

Au vu de cette situation hospitalière tendue, le Conseil fédéral propose dès lors de prolonger les mesures actuelles de la «2G» et de la «2G+» jusqu’au 31 mars. «Nous pourrons toujours les lever plus tôt si la situation sanitaire le permet», rappelle le ministre de la Santé. L’inverse est aussi vrai puisque des mesures plus strictes sont déjà prêtes si la situation venait à se détériorer.

Isolement et quarantaine réduits à 5 jours

Le Conseil fédéral a aussi décidé de raccourcir la durée d’isolement et de quarantaines à 5 jours (au lieu des 10 actuels). Une mesure qui prendra effet dès demain, jeudi 13 janvier, indique Ignazio Cassis, président de la Confédération. Pour que les personnes testées positives puissent sortir de l’isolement, elles devront ne plus présenter aucun symptôme depuis 48 heures – comme jusqu’à présent. Les cantons pourront toujours prévoir des exceptions pour garantir la sécurité de l’approvisionnement.

Plus de 200’000 personnes en isolement ou quarantaine

Pour la première fois, la Suisse a passé la barre des 200’000 personnes en isolement (donc testées positives) ou en quarantaine (les individus ayant eu un contact avec une personne infectée). C’est ce que dévoilent les chiffres de l’OFSP présentés aujourd’hui.

OFSP

La quarantaine-contact est aussi ramenée à 5 jours. Elle concerne «les personnes qui font ménage commun ou ont eu un contact comparable étroit et régulier avec une personne testée positive». Comme l’explique Ignazio Cassis, cette décision découle du fait que «le variant Omicron présente un laps de temps plus court entre la contamination et la période de contagion».

Parmi les autres propositions du Conseil fédéral se trouve la réduction de la durée de validité du certificat Covid de 365 à 270 jours. L’objectif est de «maintenir la reconnaissance du certificat suisse par l’Union européenne», explique Alain Berset. Il en irait de même pour les certificats de guérison. Bien que les cantons soient aussi consultés sur ce point, son entrée en vigueur est prévue au 1er février.

«La pandémie n’est pas encore finie, nous devons faire preuve de patience». Tels sont les mots qui ont conclu l’intervention d’Ignazio Cassis. Les cantons ont maintenant jusqu’au 17 janvier pour se prononcer sur les propositions du Conseil fédéral.

Des annonces qui font réagir

Les annonces du Conseil fédéral font réagir et les avis divergent. Le Centre salue la réduction de la durée des quarantaines, «une solution pragmatique qui correspond aux enjeux de la situation actuelle», déclare son vice-président, Charles Juillard. À l’inverse, l’UDC affirme dans un communiqué de presse que «les obligations d’isolation et de mise en quarantaine n’ont plus aucun sens et doivent être abolies».

GastroSuisse, de son côté, se dit «soulagée que le Conseil fédéral n’ait pas décidé aujourd’hui de nouveaux durcissements» mais regrette que les mesures en cours soient prolongées de deux mois «Après ces décisions, les restaurants peuvent au moins respirer», déclare son président, Casimir Platzer. Enfin, Travail.Suisse «salue le fait que le Conseil fédéral n’ait pas supprimé la quarantaine et les règles d’isolement» car il s’agit pour l’organisation faîtière de mesures qui restent nécessaires pour endiguer les contagions. Travail.Suisse en profite d’ailleurs pour rappeler qu’il est «important que les concepts de protection sur le lieu de travail soient respectés par les employeurs et contrôlés par les cantons».

comm/aze

Alain Berset: «On est peut-être à la veille d’un tournant de la pandémie»

  • Le Conseil fédéral décide de raccourcir de dix à cinq jours la durée de la quarantaine. Cette mesure prendra effet dès ce jeudi. Pour pouvoir sortir de l’isolement, il faudra ne plus présenter aucun symptôme depuis 48 heures, comme jusqu’à présent. Les cantons pourront prévoir des exceptions afin de garantir la sécurité de l’approvisionnement.
  • La quarantaine-contact est également ramenée à cinq jours. Elle se limitera aux personnes qui font ménage commun ou ont eu un contact comparable, étroit et régulier avec une personne testée positive. Cette diminution de la durée d’isolement et de quarantaine s’explique par le variant Omicron, qui présente un laps de temps plus court entre la contamination et la période de contagion.
  • On est peut-être à la veille d’un tournant important, voire décisif, avec le passage d’une phase pandémique à une phase endémique, selon Alain Berset. Le taux d’immunité de la population dépasse désormais les 90% dans toutes les catégories d’âge depuis 20 ans.
  • La règle actuelle des 2G pour les restaurants et la règle des 2G+ pour les autres espaces intérieurs où il n’est pas possible de s’asseoir ou de porter un masque est prolongée jusqu’au 31 mars.
  • Si la situation hospitalière devait subir une nette détérioration, le Conseil fédéral pourrait agir rapidement et adopter des mesures plus strictes, comme des fermetures d’établissements et d’installations ou des restrictions de capacités dans les grandes manifestations.
  • Le Conseil fédéral propose de réduire la durée de validité du certificat à 270 jours au lieu de 365. Ceci afin de maintenir la reconnaissance du certificat COVID par l’Union européenne. L’entrée en vigueur est prévue au 1er février.

conférence de presse

Y a-t-il une stratégie de contamination de masse?

  • Ignazio Cassis répond: ce terme a une connotation négative. C’est une stratégie adoptée par la Suède qui vise à contaminer le plus de monde pour que le virus disparaisse. Ce n’est pas le cas en Suisse, sinon vous ne seriez pas dans cette salle avec un masque, rétorque-t-il. Le Conseil fédéral veut juste freiner le virus pour permettre au monde médical de soigner les gens malades, souligne le Tessinois.
  • N’est-ce pas prématuré de parler de tournant de la pandémie?
  • Le taux d’immunité, 96% chez les plus de 80 ans, est très élevé en Suisse. Le virus circule comme tous les autres virus. Mais le prochain variant sera-t-il plus dangereux? On ne le sait pas, estime Alain Berset. On sait que les variants diminuent souvent en dangerosité. Mais le fait est qu’on passe d’une situation de pandémie à situation endémique, explique en substance le ministre de la Santé.
  • N’est-ce pas prématuré de parler de tournant de la pandémie?
  • Le taux d’immunité, 96% chez les plus de 80 ans, est très élevé en Suisse. Le virus circule comme tous les autres virus. Mais le prochain variant sera-t-il plus dangereux? On ne le sait pas, estime Alain Berset. On sait que les variants diminuent souvent en dangerosité. Mais le fait est qu’on passe d’une situation de pandémie à situation endémique, explique en substance le ministre de la Santé.
  • Y a-t-il eu des réflexions financières (APG, RHT, etc) pour diminuer les quarantaines?
  • Alain Berset répond que non. Ce n’est pas une priorité. Il s’agissait surtout d’éviter le manque de personnel dans les infrastructures essentielles, comme les hôpitaux, dit-il.
  • Il faut recalibrer les instruments à disposition, abonde Ignazio Cassis.
  • Est-ce qu’on accepte de contaminer tout le pays en espérant que l’économie s’en sorte?
  • Ignazio Cassis répond que non: il explique que Berne a toujours cherché la meilleure voie entre la santé des gens et les besoins de l’économie et de la société. «Cette quête de l’équilibre» reste au coeur de la stratégie du Conseil fédéral, conclut-il.
  • Quid du certificat? Ne serait-ce pas temps de l’abandonner?
  • Il va falloir à un moment renoncer à cet outil, répond Alain Berset, mais ce n’est pas encore le moment de le faire, dit-il. Mais il assure: le Conseil fédéral attend de passer le pic de la 5e vague et il envisagera ensuite des flexibilisations de ces mesures.
  • Une question sur la règle des 2G
  • Berne a-t-il envisagé à mettre fin à cette discrimination et revenir à la 3G? Alain Berset répond qu’il faudrait alors tester beaucoup plus or les capacités sont déjà à la limite. En outre, la règle des 2G permet d’expliquer pourquoi en Suisse les contaminations bondissent et les hôpitaux résistent quand même, explique-t-il en substance.
  • Quid de l’entrée en vigueur des quarantaines?
  • Le variant Omicron est contagieux et contamine aussi les vaccinés. Ceux-ci sont exemptés de quarantaine uniquement pour les 4 premiers mois, explique Viriginie Masserey.
  • Quant à la règle de la quarantaine qui entre en vigueur dès jeudi, elle sera appliquée aussi pour ceux qui sont actuellement en isolement. Leur quarantaine sera donc raccourcie si elle a commencé il y a plus de 5 jours.
  • Pourquoi n’avoir pas aboli les quarantaines?
  • Alain Berset répond que la question a été posée aux cantons. Mais que c’était une décision lourde de conséqences.

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