editorial

On peut être pour ou contre Nicolás Maduro, on peut aussi avoir une vision critique du processus vénézuélien mais il y a une chose qui est inadmissible, ce sont les menaces inacceptables de Donald Trump envers un pays souverain.

Donald Trump, dans sa mégalomanie narcissique, oublie un principe fondamental dans la diplomatie internationale qui est la non-ingérence dans les problèmes des autres Etats. Avec sa rhétorique phallocrate, il est en train de mettre le monde au bord d’une guerre nucléaire. Dans un enfantillage verbal avec un dictateur tout aussi mégalomane que lui, Donald Trump fait face à la Corée du Nord dans un jeu de provocations forçant Kim Jong-un à réagir pour garder son image à l'intérieur de son pays. Chaque fois que la Corée du Nord menace avec le feu nucléaire c’est tout simplement parce qu’il veut quelque chose de l’Occident… Cela a toujours été comme ça ! Ce sont des coups de fièvre dictés par les besoins d'un pays dont nous ne connaissons pratiquement rien. Ce fut ainsi avec son père Kim Jong-il, et auparavant, avec le père de son père, Kim Il-sung.

Incapable d'établir un dialogue avec l'Occident, comme ont fait le Vietnam, le Cambodge ou même la Chine, des pays qui ont privilégié le développement économique à la guerre idéologique, la Corée du Nord ne sait pas être en contact avec le reste du monde si ce n’est qu’à travers des menaces et des promesses d’apocalypse … Tel un garçon mal élevé qui se jette au sol et donne des coups de pieds pour obtenir ce qu’il veut !

Kim Jong-un sait que la Corée du Nord ne résisterait pas à une attaque coordonnée du Japon, de l’Australie, de la Corée du Sud, des États-Unis et des pays du Pacifique qui rejoindraient la coalition. Complètement isolée sur la scène internationale, la Corée du Nord ne peut dépasser les limites de la violence verbale sans risquer la destruction du régime et celle d’une grande partie du pays.

Dans le cas du Venezuela, les États-Unis n’ont aucune raison d'intervenir étant donné que le Venezuela ne met pas en danger l'intégrité du territoire américain ni celle de sa population. La seule raison serait économique, principalement le pétrole. Cela rappelle furieusement les mensonges et les gesticulations de Georges W. Bush afin de justifier son intervention en IraK.

Les pays d'Amérique latine, quels que soient leurs différences, ne peuvent pas admettre un discours belliqueux en ce qui concerne le Venezuela. Les Etats-Unis ont déjà fait tout le mal qu’ils pouvaient faire à un continent encore traumatisé par des décennies d’interventionnisme.

Interventionisme qui a déjà causé des milliers de morts et de disparus. Interventionisme, afin de pouvoir imposer une politique libérale, assaisonnée avec les intérêts américains et qui n'a fait qu'accroître la pauvreté, les inégalités et concentrer la richesse pour un tout petit pourcentage de la population. Cette classe qui se veut supérieure mais qui n'a pas de patrie, qui vend son pays à des multinationales, qui n'a pas la moindre pudeur pour tuer, détruire et mettre fin à l'environnement pour augmenter ses dividendes. Des sociétés internationales criminelles alliées aux partis de la droite économique latino-américaine ont maintenu l'Amérique latine dans la pauvreté et l'ignorance. Dans le manque de soins médicaux et le manque de respect le plus absolu envers les peuples autochtones qui sont traités comme des terroristes car ils défendent leurs droits. Il suffit de regarder la politique inacceptable du gouvernement du Chili envers le peuple Mapuche.

Les Etats-Unis, qui maintiennent leur influence par le pouvoir militaire et rien d'autre, est un mauvais exemple pour le reste des autres nations du monde. Pays où le racisme règne, le fanatisme religieux, des différences sociales abyssales, champion du monde de meurtres, inventeur de tueurs en série, de la violence policière extrême, du Ku Klux Klan, des néo nazis et du Tea Party, des milliers de décès à cause d’overdose.

Quel exemple les Etats-Unis peuvent donner au reste du monde? Principalement après avoir choisi à sa présidence un gars comme Donald Trump.

Le Venezuela a des problèmes tout comme l’Argentine en a avec la politique ultra libérale de Mauricio Macrí. Le Brésil a des problèmes avec un gouvernement de criminels qui, après un coup d'Etat, est aujourd’hui allié avec l'administration de Donald Trump. Le Pérou est toujours en prise avec Alberto Fujimori qui, à travers sa fille, maintient toujours son influence dans la société péruvienne.

Nous pouvons être d'accord ou pas avec ce qui se passe au Venezuela, mais ce qui doit être unanime c’est la condamnation des menaces de Donald Trump pour son intervention dans un pays souverain. Trump doit comprendre que, tout comme les Etats-Unis n’ont jamais vaincu Cuba ou la Bolivie, ils ne pourront pas attaquer tout un continent sans qu’il y ait des conséquences.

L’Amérique latine n'est plus ce continent envahi de feu et de sang et les populations autochtones sont en train de se mettre debout afin de se battre pour leurs droits. Les forces progressistes s’organisent pour pouvoir proposer des moyens qui leurs soient propres et non importés ou étrangers à leurs cultures et à leurs modes de vie.

L’Amérique latine ne peut pas se permettre, une fois de plus, l'intervention armée des États-Unis.

Tous les pays du continent doivent condamner fermement les menaces de Donald Trump, et celui qui ne le fait pas, est un traître pour son peuple ainsi que pour notre histoire. Ce sont les mêmes qui mettent nos pays et nos richesses dans les mains d’étrangers et de multinationales qui, sans le moindre scrupule, nous volent, laissant notre peuple dans la misère. A un moment comme celui-ci, nous sommes tous des Latino-Américains et ce, en dépit de nos différences politiques. Nous devons défendre notre terre d'un pays décadent et immoral, gouverné par une personne dont, même ses propres compatriotes, doutent de son équilibre mental.

Alfonso Vásquez Unternahrer

Traduit de l’ESP au FR par Lourdes Barros-Beltran

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