En politique, la bipolarité est une constante qui est parfois curieuse. Plus un parti politique de quelque bord que ce soit parle de démocratie moins il l'est dans sa structure interne de parti politique.

Autrement dit, comment construire ou diriger une démocratie quand on est issu d'un parti, de droite ou de gauche, qui par essence même n'est pas démocratique ? Un parti politique c'est marche ou crève, ou tu suis, ou tu es exclu.

 Et une fois arrivé au pouvoir, il en découle la même approche. Le plus souvent, c'est aucun compromis avec l'opposition, même si la politique suivie mène dans le mur. Le démocratie devrait être un espace solidaire et constructif et ne pas se réduire à une alternance d'opposés qui s'ignorent. Le bien commun et l'avenir en commun ne devrait souffrir d'aucune lecture strictement partisane.

 Parce que les partis politiques cherchent à se détruire mutuellement et ce faisant ils détruisent la démocratie. Et les électeurs lambda devant tant de haine, se tournent vers un sauveur, un homme, une femme qui serait providentiel.le, voire au dessus le mêlée, qui surgirait subitement. Un Trump, un Poutine, Un Bolsonaro et même un Macron ou un Jonhson sans oublier Salvini.

 Or, il n'y a pas une personne providentielle en politique, pas plus qu'un Dieu sauveur, un Dieu miséricordieux qui descendrait du ciel pour réparer les dégâts. Nous sommes face à nous même et surtout face à nos enfants, qu'ils soient à la pointe du combat ou qu'ils soient silencieux, ils nous regardent. Nous avons encore le bénéfice du doute...

 Mais continuons d'élire ce genre d'homme qui nous gouvernent à coups de menton et de bruits de bottes et nos enfants nous instruirons un procès à charge. Et ils auront raison. Continuons à détruire leur futur, à transformer la terre en désert, la mer en bocal vide, la forêt en étendue rasée morte et l'air en pourriture, ils prendront les armes contre nous. Et ils auront raison.

 Nos enfants ne raisonnent plus en noir ou en blanc ou en jaune ou en rouge, ils raisonnent en arc en ciel. Ils ne veulent plus la quantité, ils veulent la qualité. Et surtout ils veulent que les adultes les aident, les soutiennent et non qu'ils les envoient en enfer.

 La démocratie est devenue un vieux cargo rouillé qui erre sur des mers hostiles qui la dépèceront un jour tant que ses capitaines ne verront pas plus loin que les prochaines échéances électorales. Les démocraties tendent maintenant vers leur contraire, elles ne s'incarnent plus par leur fonctionnement pluriel mais dans le pouvoir d'une  seule personne. Or, une véritable démocratie ne devrait pas être ni personnalisable, ni encore moins personnalisée.

 Et que ce soit autours de nous ou plus loin de nous, plus personne ne s'écoute. Le monde ne se croise plus, seuls les missiles se croisent maintenant, il est devenu parallèle. Les ponts ne se construisent plus mais les murs, oui.

 Parallèle et totalement bipolaire.

 Dans le grand mouvement contre le changement climatique, il est totalement illusoire de penser qu'un système politique attaché au marché qui nous a mené là où nous en sommes puisse nous en sortir.

 Prenez cette jeunesse inquiète de son futur et qui manifeste contre les énergies fossiles responsables de la pollution qui nous tue également à petit feu avec ses petites particules fines. En réponse rassurante mais totalement hypocrite, nos gouvernants, des adultes donc, nous promettent un abandon de ces énergies. Telle est l'apparence.

 Mais quelle est la réalité ? Nous sommes proches d'une guerre de ces fameux adultes pour garantir le transport de ces fameuses énergies fossiles. Nos gouvernants sont prêts à semer le chaos et la mort pour ce putain de pétrole.

 Et notamment parce qu'un pays, l'Iran, est empêché de le vendre. Pays qui, lui-même, menace et gesticule pour juste avoir accès à la chose fondamentale de son pire ennemi, les USA, le dollar. Curieux mélange entre la haine de l'Américain (qui n'est pas l'exclusivité de l'Iran) et l'adoration de son dollar.

 Monde bipolaire.

 Comment notre jeunesse, nos enfants, qui manifestent pour la vie pourraient être entendus par des adultes qui astiquent leurs canons. Nous devons faire confiance à nos enfants mais pourquoi nous feraient-ils confiance ?

 Et si on ne change pas radicalement notre mode de vie, qu'adviendra-t-il ? Et pourquoi croire que ceux qui nous ont, ou qui représentent ceux qui nous ont, foutu dans ce pétrin, seraient les mieux placés pour nous en sortir. C'est une vaste blague. 

Jean-Yves Le Garrec

 A suivre

 

 

 

 

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