Les Kurdes sont nos alliés et surtout nos amis. Alors ils comprendront leur sacrifice aux forces sombres de la Turquie que nous laissons faire. Nous, dirigeants d'Europe, allons tenir notre parole et la porter là où elle doit être entendue mais de quelles promesses sommes-nous tributaires ?

 Europe selon Saint Hypocrite, psaume 2, verset 1, rien ne sert de tenir ta promesse si ta vie n'est plus directement menacée. Au nom de quoi, merci les Kurdes de nous avoir débarrassé de daesh, le reste ne nous concerne pas.

 L'esprit de Munich. Quand Chamberlain, Daladier, Hitler, Mussolini, discutèrent de la Tchécoslovaquie. Les représentants tchèques enfermés dans une autre pièce avec interdiction absolue de voir le führer et le duce. Chamberlain et Daladier, contents. On connait la suite pour les Tchèques. Adjugé, vendus !

 L'esprit de Bruxelles, les Kurdes, adjugé, vendus !

 A force de renier ses promesses, ses engagements, ses propres valeurs, l'Europe, ce vaste empire de bric et de broc, de fric et de fracs, s'est crashé.

 Enfin, pas l'Europe, qui n'est qu'une configuration abstraite géographique, un assemblage de pays complètement raté, donnant un très mauvais vin, juste une piquette bien acide, pour les peuples qui sont saoulés avec. Une Europe légo assemblée au maillet, tellement elle ne s'emboite pas.

 Hourra, crièrent pourtant les petits laquais des maitres roublards, l'Europe, la paix. Et les peuples de s'en émouvoir. Mais l'Europe a un prix. Fini le prix du sang, vive celui de la sueur ! Au capitalisme triomphant sur les marche du temple libéral, fut posé la couronne d'argent, la Commission Européenne.

 La Commission Européenne et sa technostructure toute puissante, chargées de faire la pluie et le beau temps mais qui oublièrent vite le beau temps. La Commission Européennes est la seule responsable de ce repli en rase campagne. Ultime soubresaut d'une fake news qu'est devenue cette institution.

 Mais à cette faillite morale qui deviendra une tache indélébile, une de plus sur les vieilles hardes des  démocraties de l'ancien et du nouveau monde, s'ajoute cette longue agonie sociétale des peuples européens.

 Parce que si les pères fondateurs associèrent les peuples concernés, la Commission, elle, s'assoit largement dessus et les étouffe de ses grosses fesses puantes. L'europe a perdu son E majuscule le jour où la Finance a gagné son F majuscule.

 La faillite morale de cette europe, c'est aussi et surtout d'avoir abandonné ses peuples aux mains du marché libéral. Là, où elle aurait dû protéger, elle a cautionné. Là où elle aurait pu mettre le hola aux pratiques mortifères des multinationales, elle a applaudi au «progrès» de la libre concurrence. D'un enchantement auto-proclamé de quelques uns à un désenchantement subi de tous les autres.

 Comment cette Commission, lointaine descendante, issue de la destruction du fascisme et du communisme peut-elle  s'enorgueillir d'avoir réussi à rouvrir la boite de Pandore que les Pères Fondateurs avaient réussi à sceller ?

 Et comment, pour en revenir à l'abandon des Kurdes, l'europe peut-elle se satisfaire d'être prise en otage par la Turquie d'Erdogan ? De le déplorer de quelques larmes de crocodile puis de déclarer, la main sur le coeur, nous ne pouvons rien faire. La Turquie qui veut annexer par la force militaire 3600 km carré de la Syrie et veut y installer les 3,5 millions de syriens qui sont sur son sol actuellement. Et bouleverser tout l'équilibre des peuples de cette région.

 Et que fait l'OTAN ? Ils ne peuvent virer la Turquie de ses structures ?

 Parole d'europe, les Kurdes sont nos amis, ils comprendront notre impuissance. Bien sûr, nous leur enverrons des vivres, des tentes et des couvertures. Si cela ne fâche pas trop Papa Erdogan, bien sûr.

 Et s'il reste aussi quelques Kurdes...

Honte, j'ai honte, toute la rédaction de l'hebdolatino a honte, nous avons tous honte !

Jean-Yves Le Garrec

 

 

 

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