Nous arrivons au bout du bout du comble de la vie en société, renouer le lien social par des gestes barrière, tel est l'enjeu du déconfinement !

 Déconfinement, les politiques vont nous dire, c'est en accord avec les scientifiques, les scientifiques vont nous dire, pas vraiment, c'est une décision surtout économique des politiques... Mais les deux, scientifiques et politiques, se mettront d'accord pour nous dire : les gens, si le déconfinement est en échec, vous en serez responsables. Emballé, c'est pesé, nous serons scrutés, disséqués, analysés et au final, accusés si cela se passe mal.

 On nous parle d'une deuxième vague pour après le mois de mai, mois qui annonce un déconfinement dans différents pays. C'est pourtant simple, ou il y a une deuxième vague, massive, ou il n'y en n'aura pas ou peu significative. Ça, c'est limpide Monsieur de La Palice. Détrompez-vous, si effectivement, il se passe une deuxième vague massive, ce sera à nous, le peuple, la faute. Nous ne serions pas majeurs pour agir de façon intelligente en respectant les gestes barrière. Fort de ce constat, le gouvernement durcira les interdits, imposera des sanctions lourdes et un suivi militarisé. Bref, nous aurons juste démontré que nous sommes mûrs pour un pouvoir totalitaire. Pensez-y, avant de venir pleurnicher plus tard. Nous avons une opportunité de montrer que nous avons de la résilience, que nous sommes forts et à l'écoute pour les autres et pour soi-même. Un peuple libre et maitre de son destin. C'est ça, le véritable enjeu (non dit bien sûr) du déconfinement. Ne le perdez jamais de vue.

 En France, des brigades sanitaires, pour pister l'infecté ? C'est à dire des gens qui ne sont pas sous serment de confidentialité et qui auront accès aux dossiers médicaux, jolie trouvaille fascisante de mon gouvernement. Et pourquoi ne pas s'appuyer sur le réseau, médecins libéraux, infirmières libérales, infirmiers libéraux, aides soignantes et aides soignants à domicile, qui, elles et eux sont sous serment de confidentialité et sont tout à fait rodées.és pour ce genre de pistage par leur connaissance du terrain et des gens qui y demeurent. Pensez-vous vraiment que des tocs tocs à la porte, c'est la brigade sanitaire, les gens vont ouvrir ? Faudra-t-il un policier judiciaire à chaque fois ? La dérive autoritaire est en marche, à la chinoise !

 Je parlais de résilience, noble chose, pas d’abattement, triste résignation. Je sais bien que nous sommes déjà fichés, très fichés, mais est-ce une raison pour être sur-fichés ? Les mêmes, qui, au début des années 80 se sont battus pour qu'il n'existe pas de fichage pour les séropositifs et autres Sida maladie, acceptent maintenant un fichage, prétexte à un suivi, le tout, pour notre bien ? Les mêmes qui pendant des années ont empêché des procès pour transmission, volontaire parfois, du VIH, acceptent maintenant ces amendes et demain des procès ? Parce que notre système s'est judiciarisé à l'américaine et que les assurances maladies ou une personne contaminée, rechercheront un coupable pour lui faire payer un prétendu tort ?

 Si nous pensons que les méthodes autoritaires des gouvernements sont faites strictement pour nous protéger, nous nous mettons le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Les gouvernement se protège, lui, des actions en justice contre lui en les retournant contre nous, donc parmi nous, le peuple. Parce que certains gouvernements savent déjà que des actions sont en cours sur leur présumée impréparation et le retard pris pour les premières mesures au tout début de l'épidémie.

 Et s'il est vrai que nos données sur les réseaux sociaux sont galvaudés, nos données médicales dans les mains d'un Etat, c'est une autre histoire. Qui doit nous rappeler de mauvais souvenirs, comme la période nazi en Allemagne. Et qui peut garantir qu'il n'y aura pas de chasse aux contaminés ?

 Alors bien sûr, qu'on se déconfine, enfin ! Et prouvons notre sens des responsabilité aux gouvernements qui ne nous traitent pas comme des adultes mais comme des petits animaux de laboratoire à qui il faut donner des décharges électriques pour marcher droit.

 Faites attention à vous, le virus rôde et vous attend tranquillement au coin d'une rue, au détour d'une conversation, dans le reflet d'une pognée de porte. Il est partout et nul part et seule notre attitude personnelle, nos propres gestes barrière, nous aiderons à ne pas être contaminés.

 Et puis il en va de notre survie physique mais aussi mentale et bien sûr économique. Nos enfants doivent retourner à l'école pour leur bien être, leur développement intellectuel et reprendre ce lien qui les sociabilise.

 In fine, et c'est peut-être le plus excitant, construire et inventer une nouvelle façon de vivre ensemble, de consommer différemment, de profiter de la vie, tout simplement. Cette pandémie jette une lumière crue sur nos lacunes et nos excès. Alors, profitons en pour repartir avec un autre logiciel de fonctionnement, local, durable, renouvelable, respirable, aimable, et surtout, tout à fait faisable.

 Le déconfinement nous appartient à nous le peuple et pas aux puissances financières mondialisées qui nous ont mené dans ce chaos. Qu'elles y restent dans ce chaos, nous, nous inventons ce monde que nos enfants nous demandent.

 

Jean-Yves Le Garrec

 

 

 

 

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