Chaque enfant nait avec les propres racismes de son milieu, de son histoire, sa grandeur en vieillissant sera de les couper !

 J'écoutais l'autre jour un député français raconter ce qu'il lui arriva quand il était étudiant. Il marchait dans la rue avec deux amis, un noir et un arabe, nous dit-il, quand la police les a contrôlés. Enfin, ces deux amis mais pas lui ! Cela l'avait profondément choqué. Certes, sur le moment il n'avait pas fait un scandale, a-t-il oublié de préciser. Ce qui pour moi fait toute la différence, entre le vécu muet et le souvenir politique qui se veut pertinent. Il intervenait dans le contexte actuel de ce racisme exacerbé par des violences policières honteuses, non justifiées.

 Moi, c'est le terme de race qui me choque et me gêne. Race noire, race blanche puisqu'on dit rarement race jaune ou race rouge, ce qui déjà est curieux.

 Et si vous pensez que le racisme s'arrêtera quand Noirs et Blancs s'entendront, c'est que vous n'avez rien compris.  Même si ce racisme est le plus mis en avant.

 Mais j'aimerais d'abord vous écrire ce qui suit.

 On voudrait nous faire croire que nous vivons dans un monde mondialisé, comme symbole du bien vivre ensemble. C'est totalement bidon, les marchandises, les matières premières, les finances vivent dans un monde mondialisé et plutôt mieux que bien, pas les peuples.

 Le bonheur vit-il dans notre monde mondialisé ? Non ! La justice s'exprime t-elle dans ce monde mondialisé ? Non !

Seule la colère y vit. Et l'injustice et la souffrance et la pauvreté qui en sont les stigmates universels. La pauvreté qui fait avec espérance la courte échelle à la politique qui elle-même ne devient que le tremplin à la richesse d'une infime minorité. Ce qui nous ramène toujours à cette richesse né de l'esclavage des uns puis à l'exploitation des mêmes, la création contrainte par la révolte, les révolutions, d'un misérable salaire, servant uniquement de différence sociale historique.

 Pas une seule nation ne s'est construite sans la destruction physique d'une ou plusieurs de ses composantes humaines ou par la négation, le rejet d'une culture, d'une religion, d'un mode de vie différent. La nation ne pouvant se définir que moulée dans un même métal, dur, froid, sans concessions. Ainsi, il fut, par exemple, quand la couronne de France fit main basse sur la Bretagne, interdit, du jour au lendemain, de parler breton. La personne qui se faisait prendre se faisant couper la langue. La grande famine dû au mildiou en Irlande ajoutée à l'inertie voulue des Anglais, puissance occupante, qui fit deux millions de morts dans les années 1840-1850.

 Les exemples mortifères foisonnent dans cette naissance des états européens tels que nous les connaissons maintenant. Et je laisse de côté, les ravages du début du vingtième siècle que firent certaines idéologies politiques et les grandes guerres mondiales.

 Chaque pays s'est construit avec la haine comme fondation première, la loi du plus fort, du plus fourbe, du plus menteur. En 2020, la race humaine mondialisée est un mythe, un voeu ou une imprécation.

 Même le mot race se décline maintenant, raciste, racisme, racisée, racialiste. Au lieu de disparaitre, le mot race se renforce, chacune, chacun, s'en couvre, s'en délecte, se noie dedans, sans souvent s'en rendre compte et parfois même, de bonne foi.

 Or, le seul vrai monde mondialisé, celui des affairistes, des financiers, s'en réjouit. Le monde des affaires, lui, n'a qu'une seule race, le profit. Tandis que les peuples se déchirent les uns les autres, à l'intérieur d'eux-mêmes ou en dehors, le capitalisme financier prospère toujours, perdant quelques plumes d'un côté pour mieux gagner une coiffe complète de l'autre côté.

 Mais l'exemple le plus emblématique fut la colonisation des Amériques du Nord et du Sud. Des civilisations qui y existaient, il ne reste plus rien. Tout fut anéanti. Il subsiste quelques réserves indienne comme une longue agonie de ces peuples fiers et braves au Nord et des petites peuplades au Sud vouées à disparaitre physiquement ou forcées à renier leur âme de vie sociétale et spirituelle.

 Le spirituel, la religion, l'arme de destruction massive, plus mortelle que le pillage de l'or. La religion catholique qui fixa un dogme après la controverse de Valladolid (1550-1551) Mais si elle accorda une certaine clémence pour les Indiens colonisés d'Amérique du Sud, l'Eglise fut impitoyable avec les Africains.

 En effet l’envoyé du Pape à Valladolid justifia en ces termes «S’il est clair que les Indiens ont une âme, en revanche les habitants des contrées africaines sont plus proches de l’animal. Ils sont noirs et frustes. Ils ignorent toute forme d’art et d’écriture. Toutes leurs activités sont physiques et depuis l’époque de Rome, ils ont toujours été soumis et domestiqués. Ils n’ont pas d’âme et ne sont point nos semblables» 

 L'esclavage des Africains était acté pour quelques siècles et permis à certains d'amasser d'immenses richesses. On parle des diamants du sang, jamais pour ces vieilles fortunes européennes ou américaines, de fortune du sang. Et de la forteresse américaine qui se voit toujours comme assiégée par le monde et surtout par une partie de son peuple, les noirs américains ou afro-américains.

 

A suivre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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