Nous n'avons qu'une seule certitude, la guerre. Une seule question, quand ? Devant la maison qui brûlait, le monde n'a pas pu s'entendre. Nous vivons maintenant parmi les nuages de cendres, attendant que les murs s'écroulent.

 Parce que le paradoxe de ce monde ancien, plus il cherchait à se rassembler, plus il se morcelait, n'a aidé en rien. Paradoxe du monde nouveau, ceux qui le divisent toujours, le divisent pour mieux le rassembler à leur unique point de vue et cela ne nous aide pas. Choc frontal des grandes puissances, orgueil des nations, rapport uniquement de force, menace d'armes de destruction massive...

 En conséquence, l'action globale urgente contre le réchauffement climatique ne se fera pas. La guerre pour les énergies fossiles, oui. Qui aurait l'idée d'une guerre pour le contrôle du vent ou du soleil ? Ce serait absurde. Ils sont des biens communs inaliénables comme devraient l'être le pétrole ou le gaz, produit gratuitement par la terre et aux mains de multinationales pilleuses des ressources. Les mêmes entités qui voudraient privatiser l'eau.

 Comment croire que les pays signataires des différentes COP, vont s'entendre sur des projets à long terme alors qu'ils continuent à inonder les mers de plastique et ça c'est maintenant. Comment croire des pays comme la Norvège qui pousse des cris d'orfraie sur les avions et massacrent les baleines. Comment croire l'Europe qui n'arrive pas à bannir le glyphosate ? Etc, la liste est longue.

 Il fut un temps où nous pouvions parler clairement et avec beaucoup de légèreté inconsciente sans doute, appeler un chat, un chat sans se demander si le fait d'appeler un chat, un chat, n'allait pas entrainer quelques traumatismes. Surtout que le chat était toujours affublé d'adjectifs peu amènes pour lui.

 Pourtant dans ce monde nouveau où les races ont enfin été abolies au profit d'une seule, la race humaine, il semble que les humains qui la composent, eux, se démultiplient à l'infini. Chacune et chacun dans sa forteresse.

 Au fur et à mesure que les frontières s'estompent, les routes se coupent, les mers sont cercueils, le droit d'asile devient une peau de chagrin et si la race humaine se prétend sans couleur, chacune ou chacun se méfie de celle ou celui qui en est vêtue.u. Les frontières s'effacent mais les portes se ferment, l'humain se méfie de l'humain.

 Comme si la peur de ressembler aux autres exacerbait le sens de sa différence. L'humain n'est plus l'humain, il est humain au pluriel et n'admet comme vérité, non celle de l'humanité dans sa globalité, mais sa spécificité d'humain au singulier.

 L'homme ou la femme, comme terme général, n'existe plus, soit, elle ou il, est définie. i par les autres, soit, elle ou il, se définit elle-même ou lui-même par rapport aux autres. Elle ou il en devient acceptable ou refusable. Sans compromis possible. Chacune ou chacun se tourne le dos, entre eux et à travers eux.

 Alors on s'aperçoit que nous, les humains, serions incapables d'exister sans différences. Rien ne sert de chercher à supprimer les différences, elles réapparaissent aussitôt sous d'autres formes. Parfois plus agressives encore. Et souvent où on l'attend le moins, notamment sur l'échiquier politique, chargé du bien vivre ensemble.

 A croire que le vivre ensemble est une utopie grossière, tant chacune ou chacun veut que sa tête, sa vérité, dépasse celle des autres.

 Tandis que les peuples sont en recherche de sens dans ce monde qui devient de plus en plus anxiogène, le politique se disperse en petites chapelles qui s'excommunient les unes des autres. L'ONU est devenue une caisse enregistreuse de toutes les dérives contradictoires, voire haineuses. Une agora où s'exprime plus la polémique que la concorde et où la concorde, quand concorde il y a, se fait sur le rejet.

 Et de guerre lasse, les peuples prennent la route pavée de bonnes promesses de l'enfer des extrêmes. Les extrêmes se bâtissent toujours au détriment de l'autre, le différent, alors la seule race humaine ne les intéresse pas, ne les distingue pas, les annihile. Donc il faut créer tout un tas de spécificités, les monter en épingles puis les faire s'affronter.

 Comme si la déchirure humaine devenait la nouvelle norme face à l'ensemble que tout le monde appelle de ses vœux mais que chacune ou chacun, refuse. Comme si l'humain ne pouvait, ne serait-ce qu'envisager, vivre en paix. Vivre en paix, certes, mais comment ? Question lancinante, envahissante, insurmontable, car personne ne veut céder quoi que ce soit.

 L'humanité se déteste plus ou moins cordialement et n'arrivera pas, si cela continue, à se fédérer, se donner la main pour qu'ensemble nous puissions tenter de sauver ce qui peut l'être. L'immense majorité des scientifiques arrive pourtant à parler d'une seule voix.

 La quasi majorité des enfants et adolescents tous partie prenante d'une seule race, la race humaine, se mobilisent jusque dans l'arrière-cour de leur planète pour demander des actes forts afin de leur assurer un avenir viable.

 Seuls les politiques qui gouvernent, les politiques qui veulent la place, les politiques qui chaque jour inventent une polémique de plus pour créer le buzz, les politiques qui sentencent à longueur de réseaux sociaux, de plateaux de télé, les politiques qui s'enfoncent dans la haine avec délectation et refusent d'entendre autres choses que leurs propres paroles, que leur seule vision et remèdes sont justes, seuls les politiques nous entrainent vers la guerre.

 La guerre civile dans un même pays pour les uns, la guerre entre pays pour les autres, la guerre religieuse, la guerre expansive, la guerre commerciale qui prélude souvent la guerre tout court, la guerre toujours et encore.

 Qui peut croire encore à l'union contre le réchauffement climatique ?

Jean-Yves Le Garrec

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