Équateur: Pandora papers: une enquête ouverte contre le président équatorien

Équateur: Pandora papers: une enquête ouverte contre le président équatorien

Cité dans l’enquête des Pandora papers, le président équatorien est sous enquête pour délit présumé de fraude fiscale. Il refuse de venir témoigner.

Le parquet équatorien a ouvert une «enquête préliminaire», pour délit présumé de fraude fiscale, contre le président Guillermo Lasso, mis en cause dans les Pandora papers, a-t-on appris de source officielle. «Le 18 octobre, le bureau du Procureur général a ouvert une enquête préliminaire pour fraude fiscale présumée contre le président de la République», a indiqué jeudi soir à la presse le bureau du procureur.

L’enquête fait suite à une plainte déposée auprès du parquet par le leader indigène et opposant Yaku Perez, ancien candidat à la présidence du mouvement Pachakutik (gauche).

Le président Lasso «répondra» à cette enquête ouverte par le parquet, a réagi vendredi, le service de communication de la présidence. Le chef de l’État «respecte les actions de tous les organes judiciaires de l’État, il répondra donc aux organes concernés pour réaffirmer le respect de la loi», selon un communiqué de ce service.

Sous pression politique

D’après les Pandora papers, enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), Guillermo Lasso contrôlait quatorze sociétés offshore – la plupart basées au Panama – fermées après que l’ancien président Rafael Correa (2007-2017) a adopté en 2017 une loi interdisant aux candidats à la présidence de posséder des sociétés dans des paradis fiscaux.

M. Lasso a refusé de témoigner mercredi devant une commission parlementaire, chargée d’enquêter sur cette affaire, provoquant une deuxième demande de cette commission pour qu’il comparaisse vendredi, de «manière obligatoire». Dans une lettre publiée mercredi, il s’est dit prêt à recevoir les membres de cette commission à la présidence, quand elle aura achevé toutes ses auditions.

M. Lasso, un ex-banquier de 65 ans, assure qu’il avait des «investissements légitimes dans d’autres pays», dont il s’est débarrassé, afin d’être candidat aux élections de 2021, qu’il a remportées. Son gouvernement estime que l’enquête parlementaire en cours est une enquête à charge, tentative de l’Assemblée dominée par l’opposition pour aboutir à une procédure de destitution contre le chef de l’État. M. Lasso est par ailleurs sous forte pression politique, avec un mouvement, mené notamment par les indigènes, de protestation sociale contre la hausse des prix des carburants.

AFP

A propos de l'auteur

Facebook