Avec : Constance Allen, Sabine Banovic, Fabiana de Barros, Valérie Belin, Mila Mayer, Corinne Mercadier, Catherine Rebois et Viviane van Singer
Curated by Carmen del Valle
Vernissage: mardi le 25 mars 2014, dès 18h00
Espace _L, route de Jeunes 43, allée G, Genève / Acacias
Il serait possible de situer ‘igine de cette brève chronologie du silence en 1958, quand Yves Klein inaugure l’exposition Le Vide à la galerie Iris Clert, à Paris. Klein vide complètement la galerie et n’installe aucune oeuvre. Mieux disant, l’oeuvre est justement ce vide, l’absence de ce qui devrait être, apparaître ou déranger.
Nous pourrions continuer ce récit en reculant de quelques années encore, pour arriver en 1952. La scène se situe alors à Woodstock, New York. Le poète, musicien et compositeur John Cage exécute pour la première fois son oeuvre 4’33” Silence. La partition donne des ordres précis à qui se doit de la suivre et de l’interpréter: n’exécuter aucun son, aucun mouvement, en trois temps. Le résultat sont quatre minutes et trente-¬‐trois secondes de silence, c’est-¬‐à-¬‐dire le paradigme de tous les silences.
La pièce Closed Gallery, de Barry, en 1969, consistait d’un carton d’invitation à son exposition sur lequel on pouvait lire “La galerie restera fermée durant toute la durée de l’exposition.”
Toutes ces actions radicales prouvent l’existence de certaines contradictions dont l’actualité – nonobstant le temps écoulé et les conditions d’avant-¬‐garde qui les entouraient – ne saurait mettre en doute: la contradiction propre du mythe de l’oeuvre imperceptible, inaudible, invisible. Le silence ou le vide existe uniquement en relation avec son contraire: le vide n’existe pas sans l’objet, ainsi que le silence sans le son. Dans ces oeuvres, le silence est l’objet final; c’est la réponse à un monde selon lequel tout, ou a peu près équivalent à l’absence de communication, sauf peut-¬‐être un excès de mots.
Nouveau Départ: 4′ 33” se propose d’analyser la relation entre silence et l’art d’un autre point de vue: le silence ne se réfère pas au résultat, comme la négation de l’oeuvre, sinon comme faisant partie intégrante et fondamentale du processus qui la constitue. (Mort à l’oeuvre,   vive  le  processus!)                                                                   

                                                                                         

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