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Expo: ARTS ET CINÉMA jusqu’au 3 janvier 2021 à la Fondation de l’Hermitage de Lausanne

Expo: ARTS ET CINÉMA jusqu’au 3 janvier 2021 à la Fondation de l’Hermitage de Lausanne

En collaboration avec La Cinémathèque française et la Réunion des musées métropolitains Rouen Normandie, la Fondation de l’Hermitage ouvre un nouveau chapitre à son exploration de la modernité artistique, en s’intéressant aux liens entre les beaux-arts et l’une des grandes révolutions visuelles du
XXe siècle : le cinéma.

Construite sur une idée originale de Dominique Païni, théoricien du cinéma et ancien directeur de La Cinémathèque française, l’exposition s’articule de manière chronologique autour de thématiques éclairant le dialogue entre arts et cinéma :

Avant le cinéma ;

Les frères Lumière et l’impressionnisme ;

Charlot et le cubisme ; Rythmes formels ;

Expressionnisme allemand ;

Expressionnisme russe ;

Surréalisme ;

Filmer l’art ;

Vagues modernes ;

Le cinéma politique et militant.

Adaptant un projet montré au CaixaForum de Madrid et de Barcelone (2017) et au musée des Beaux-Arts de Rouen (18 octobre 2019-10 février 2020), l’exposition illustre les échanges et les influences réciproques entre cinéastes et plasticiens, depuis les premiers films de la fin du XIXe siècle jusqu’à la Nouvelle Vague. Mettant l’accent sur les arts plastiques, l’étape lausannoise fait dialoguer des extraits, des affiches et des maquettes de films avec des sculptures, des dessins, des photographies et des peintures de premier plan. Les créations des frères Lumière, de Camille Pissarro, Fernand Léger, Fritz Lang, Charlie Chaplin, Pablo Picasso, Luis Buñuel, Nicolas de Staël et Jean-Luc Godard – pour ne citer que les plus célèbres – se font ainsi écho, dans une mise en regard inédite.

Le propos de départ de cette manifestation initiée par Dominique Païni à partir des collections de la Cinémathèque française (dont il fut longtemps le directeur) reste bien sûr le même. Il s’agit de montrer de quelle manière le Cinématographe Lumière, puis le 7e art avaient rencontré la peinture ou la sculpture. Les influences furent vite mutuelles. Il suffit de penser à la passion que les surréalistes ont nourri pour un médium encore muet. Et pas forcément en privilégiant ce que l’écran pouvait offrir de plus ambitieux! Plus tard, les artisans d’une «nouvelle vague» aujourd’hui bien asséchée ont beaucoup vu de choses autour d’eux avant de se mettre au travail. Des films bien sûr, dans la mesure où tous se disaient cinéphiles. Mais aussi des toiles contemporaine.

Jean-Paul Belmondo se fait explorer recouvert de bleu dans «Pierrot le Fou»

Le parcours proposé hier à Rouen et aujourd’hui à Lausanne peut du coup juxtaposer Jean-Luc Godard, qui clôt l’exposition, avec Yves Klein. Jean-Paul Belmondo se fait explorer recouvert de bleu dans «Pierrot le Fou». L’itinéraire fait aussi une place près du Vaudois (ce qui devient plus audacieux), à l’oublié Gérard Fromanger. Aujourd’hui âgé de 81 ans, ce dernier est entré de son vivant au purgatoire.

La première salle, qui abrite notamment des photos décomposant le mouvement de Muybridge et un superbe nu de Géricault venu de Rouen gagne ainsi à d’être vue revêtue d’un ton brun sombre, que le politiquement correct actuel m’empêche bien sûr de qualifier de tête-de-nègre.

«Le Cabinet du Docteur Caligari» de 1919

Il y a ainsi des clins d’oeil. Un primitif du 7e art montrant des bûcherons oeuvrant sur la place Saint-François à Lausanne se retrouve à côté d’un beau dessin de Charles Angrand montrant des scieurs de long. «Rigadin peintre cubiste» de 1912 précède comme il se doit la peinture cubiste. L’art mécanique de Kupka et de Delaunay (Robert, pas Sonia!) se confronte aux «Temps modernes» de Chaplin. «Le Cabinet du Docteur Caligari» de 1919 est accompagné par les dessins préparatoires des décorateurs du film de Robert Wiene. Ils appartiennent tous au milieu expressionniste (1). Nicolas de Staël et Jacques Monory se rapprochent d’un Godard décidément omniprésent. Il faut dire qu’il s’agit d’une grande admiration (que je ne partage pas) de Dominique Païni.

Une exposition organisée par

Fondation de l’Hermitage

ADRESSE

Fondation de l’Hermitage
Route du Signal 2
CH – 1018 Lausanne

Tél. 021 320 50 01, site www.fondation-hermitage.ch

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h, le jeudi jusqu’à 21h.

Plus d’info :

https://www.fondation-hermitage.ch/infos-pratiques/horaires-tarifs-acces/

https://www.fondation-hermitage.ch/expositions/actuelle/

https://www.bilan.ch/opinions/etienne-dumont/lhermitage-de-lausanne-propose-sa-propre-version-de-lexposiiton-arts-et-cinema

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