Une rétrospective, une carte blanche à Édouard Waintrop et des focus sur différents pays sont au menu de cette édition.

Vingt ans, il fallait mine de rien y arriver. Et aujourd’hui les fêter dignement. Du 16 novembre au 2 décembre, le festival Filmar en América latina se déploiera pour la vingtième fois dans la Cité de Calvin et un peu autour. Mardi matin, le staff élargi de l’événement commentait cette nouvelle édition en dévoilant son contenu. Il s’agissait aussi de revisiter l’histoire d’une manifestation qui a débuté avec trois bouts de ficelle à une époque où les festivals de films proliféraient moins qu’aujourd’hui à Genève. Pour Vania Aillon, qui dirige le paquebot Filmar depuis 2017, «ce sont vingt ans de formes créatives et géométriques, d’échanges multiculturels, de luttes et de liens, de croyances et d’histoires. (…) Et surtout vingt ans de films.» Tel est évidemment le cœur du sujet.

Et pour fêter 20 ans, il fallait au minimum une rétrospective avec quelques-uns des titres qui ont marqué le festival. Celle-ci se compose de sept films, ce qu’on peut trouver un peu chiche. «Les amants de Caracas» de Lorenzo Vigas (2016), «Gloria» de Sebastián Lelio (2012), «La Ciénaga» de Lucrecia Martel (2001) ou «Fresa y chocolate» de Tomás Gutiérrez Alea et Juan Carlos Tabío (1994) sont par exemple au programme, et on s’en réjouit. Pour compléter nos envies cinéphiles, on pourra compter sur une carte blanche accordée à Édouard Waintrop, qui présentera cinq films méritant de sortir de l’ombre. Le directeur des salles du Grütli, et ex-responsable de la Quinzaine à Cannes, montrera notamment un rare Buñuel, ce «Susana la perverse» (1951) christique et charnel qu’on a tous envie de voir ou revoir. Pour le reste, et parmi les différentes sections formant le menu, signalons une collaboration avec le GIFF, dont la résultante sera que le dernier Carlos Reygadas, «Nuestro tiempo», passera à nouveau dans le programme. Ce qui n’est pas de trop pour un film monstre qu’on a pu applaudir à Venise en septembre. Il y aura une section LGBTIQ, «Historias queer», une autre réservée aux enfants, «Filmarcito», et des focus sur différents pays d’Amérique du Sud. Pour y faire son marché, il va falloir faire preuve de flair. Citons un film que nous avons pu voir, «Liquid Truth» de la Brésilienne Carolina Jabor, qui traite d’un sujet délicat et évoque des rumeurs de pédophilie autour d’un professeur de natation. Le résultat est habile dans sa manière de montrer comment le mal, en l’occurrence la calomnie, parvient à s’insinuer dans les différentes strates sociales, y compris les plus virtuelles d’entre elles. Filmar en América latina débutera le 16 novembre, avec la présentation en ouverture d’un film paraguayen primé à Berlin, «Les héritières» de Marcelo Martinessi. La clôture du festival se fera en fanfare le 2 décembre, avec des concerts, un cours d’initiation au tango queer, tout cela avant la traditionnelle remise des prix.

Filmar en América latina Du 16 novembre au 2 décembre. Renseignements et programmation: www.filmar.ch

Filmar fête ses vingt ans de Cinéma

Le festival Filmar en América Latina est devenu adulte. Sa vingtième édition se tiendra du 16 novembre au 2 decembre dans des salles à Genève et en France voisine. Les spectateurs pourront faire leur choix parmi nonante œuvres cinématographiques.

Beaucoup de films seront proposés en avant-première. On ne pourra pas les voir ailleurs en Suisse, a souligne la directrice du festival, Vania Aillon. Plus d’une vingtaine d’invités animeront les soirées devant le grand écran, dont des réalisateurs et des réalisatrices venues d’Amérique latine.

En vingt ans, le festival a pu accompagner l’explosion du cinéma latino-américain. Au début, la plupart des films étaient engagés et militants, traitant de problèmes sociétaux. Puis sont venus des réalisateurs et de plus en plus de réalisatrices avec de nouvelles approches narratives, a noté Vania Aillon.

Filmar a aussi suivi les trajectoires de jeunes réalisateurs qu’il a contribué à faire découvrir en Europe et qui aujourd’hui ont envahi les grands festivals internationaux, comme Cannes, Venise ou Berlin. La manifestation continuera, pour cette édition, de proposer des œuvres de jeunes cinéastes émergents. Filmar est fréquenté en moyenne par quelque 20 000 spectateurs payants lors de chaque édition.

Il est l’un des rares festivals dont les finances reposent à 30% sur la billetterie, a fait remarquer Jean-Pierre Gontard, un des cofondateurs de la manifestation, président de l’Association Cinéma des Trois Mondes.

La 20eédition de Filmar s’ouvrira vendredi 16 novembre, à l’Auditorium Arditi, avec le film Las Herederas (les héritières), du cinéaste paraguayen Marcelo Martinessi, en présence del’ancienne présidente du Chili Michelle Bachelet, actuelle Haut-Commissaire de l’ONU  aux droits de l’Homme.

http://www.filmaramlat.ch/

ATS , TDG, https://lecourrier.ch/