En concert exclusif pour l’Hebdolatino.ch

Par Martin Montiel

Le groupe musical Groovah fera le bonheur des jeunes, et des moins jeunes, avec leur style latin-groove, ce 15 mai 2015 à la Maison des Associations de Genève. Invités spécialement pour la fête de lancement de l’Association Suisse-Amérique Latine et du journal l’hebdolatino.ch, ils feront la fermeture du concert de cette fête qui s’annonce « caliente »

img 4455Groovah: Adrien, Mathias, Allan, Samuel, Sebastian et Pancho

Groovah est composé par sept jeunes hommes énergiques, talentueux et beaux. Et même s’ils avouent que l’image est un élément qui n’est pas dérisoire dans le monde du divertissement, ils préfèrent être reconnus par leur talent, qu’ils expriment dès qu’ils saisissent leurs instruments.

J’ai les ai vu pour la première fois dans un concert organisé par le café Gallay situé à la Jonction, lequel était plein à craquer par leurs fans venus de tous les coins de Genève spécialement pour rencontrer ces nouvelles idoles.

Mon intention était de pouvoir les interviewer sur place mais tout de suite j’ai compris que la tâche était difficile. Entre leurs chansons qui provoquaient les cris euphoriques de la foule, le son de la percussion, de la basse et d’autres instruments, ma mission s’est avérée impossible. C’est ainsi que j’ai décidé de les rencontrer lors d’une des répétions, qu’ils effectuent dans le « Bambou » salle cosy située au sous-sol d’une école du quartier des Palettes, qui leur sert à planifier et préparer leur concerts et spectacles.

Les origines du groupe

« Il était une fois, sept jeunes hommes, qui se sont réunis un septième jour de la semaine, du septième mois de l’année, pour former un groupe au nom composé de sept lettres ». On pourrait dire qu’il agit d’une étrange coïncidence. Mais, à en croire à la signification du 7 en numérologie, il symbolise une série d’éléments auxquels ces chanteurs semblent adhérer. Peut-être sans s’en rendre compte, ils possèdent certaines qualités attribuées à ce numéro : la connaissance, la créativité et la recherche de l’originalité, caractéristiques à leur style musical.

On dit que le sept est également un numéro magique, et c’est probablement cet élément qui a provoqué la rencontre de ces musiciens, qui depuis le départ se disent en quête d’un nouveau genre de musique, sous des influences du jazz, du rythme latino, blues, raga, reggae et peut-être encore d’autres qui sont à l’origine du style Groovah.

C’est un groupe atypique dont ses membres sont originaires du Chili, de la Suisse, la France et certains sont à la fois issus de cultures mixtes ; sino-suisse, suisse-chilien, allemand-suisse. D’après eux, cette différence est à la fois un avantage qui contribue à leur création et un synonyme de joie, de rythme et de mouvement.

Sebastian Savary Véliz raconte qu’il a commencé à faire de la musique depuis longtemps. Il jouait de la guitare quand il a rencontré Francisco. Au départ ils jouaient de la musique instrumentale. Peu de temps après, Mathias leur a proposé de devenir chanteurs dans un groupe qui était en construction et qu’il avait déjà un local (le Bambou) qu’il avait réussi à obtenir pour les répétitions.

Mathias raconte que tout au début l’intention était de faire un travail de fusion de latin-jazz-pop. Ce projet a évolué au fur et à mesure que des nouveaux musiciens ont rejoint le groupe. Les premiers membres Olivier (ancien guitariste) Boris et lui-même ont été joints par Sebastian, Pancho, Adri, Allan et plus tard Samuel. Ainsi, la musique a évolué du latin-jazz au latin-funk, un style particulier différent du hip-hop jusqu’à arriver au Groovah.

« L’idée est produire de la musique du nouveau genre, une musique groove, dansante, festive, un latin-groove mais différent de celui qu’on connait habituellement, un type groove exotique d’hip hop latin pour en fin nous identifier comme un groupe latin-funky-pop » nous confie Mathias et il ajoute que « les paroles de nos chansons ont été écrites il y a longtemps par Sébastian, Pancho et d’autres personnes qui au fur et à mesure sont devenus membre du groupe ».

Qui sont donc les Groovah ?

img 4460Groovah est le résultat de la recherche d'un nouveau style

Souvent associé à la jeunesse, l’insouciance ne semble pourtant avoir trop de place dans la vie des Groovah. Nous avons appris qu’ils jonglent tous entre leur études, le travail et les constantes répétitions, indispensables pour offrir des concerts de qualité. Voyons ce que nous avons appris de leurs membres :

Adrien Berreur, c’est le « frenchie » du groupe. Né à Besançon en 1991, il est le bassiste et guitariste du groupe, et se dit amateur d’art et de peinture. Altruiste, il travaille comme brancardier dans une clinique à Genève.

Mathias Froelicher Véliz, est désigné comme l’homme-orchestre de la bande. Il passe sans soucis de la percussion à l’accordéon, joue du piano, de la guitare et de la beat-box. Ce suisse-chilien né à Genève en 1994, travaille dans un centre d’accueil pour personnes migrantes à Genève.

Boris Massot Braun est l’homme aux cultures multiples. D’origine franco-suisse-allemand, ce sagittaire de 22 ans est le batteur du groupe et le plus difficile à croiser car il fait des études en Angleterre.

Samuel Vilú est le guitariste du groupe. Né sous le signe de gémeaux, ce chilien est également enseignant privé de musique.

Allan Broomfield Chen, impose la note orientale car il est sino-suisse-anglais. Ce verseau de 21 ans est féru du sport et de danse, et partage son temps de travail entre un centre commercial et dans l’un des théâtres de la ville de Genève.

Sebastian Savary Véliz est l’une de « leading voices » du groupe. Ce bélier ascendant lion, fait honneur à son signe. En effet, il aime la provocation dans le bon sens du terme. Suisse et chilien, il est spécialiste en informatique, domaine dans lequel il travaille dans un hôpital genevois.

Francisco Daniel Llagostera, mieux connu par ses fans comme « Pancho », est aussi une des « leading voices » du groupe. Ce sagittaire de 26 ans, travaille dans une banque, aime la bonne cuisine, les voyages et comme tout chilien qui se respecte le bon vin rouge.

A ma question sur qui est le leader du groupe, Mathias a répondu que tous les membres s’impliquent dans les diverses tâches à réaliser et que celui qui connaît le mieux un aspect est celui qui en est le responsable. Cette manière d’agir leur a permis de pouvoir avancer générant une synergie que fonctionne très bien.

J’ai oublié de demander s’ils sont tous des cœurs à prendre, mais je m’étais dit qu’il valait mieux laisser la tâche à leurs fans, surtout à celles qui continuent à chercher « la perle rare » chez les garçons.

Movimiento veut dire en constant mouvement !

Leurs yeux s’illuminent lorsque je pose une question sur leur premier enregistrement qui sortira à la fin du mois de juin. Il s’agit de leur premier CD appelé « Movimiento ». Ils racontent qu’après une année de travail assidu et de recherche permanente de soutien ils vont pouvoir montrer de quoi ils sont capables.

Francisco et Sebastian, racontent que le nom de Movimiento est celui de la première chanson qu’ils ont écrite au début de cette aventure. « Quand nous nous sommes rencontrés lors d’une des fêtes de Genève, Sebastian et moi, je me rappelle que nous avons commencé à parler de musique en faisant voyager notre imagination, essayant de composer des phrases rythmées. « Movimiento » qui veut dire Bouger, est le résultat de ce que nous voulions offrir au public avec le nom de la chanson », nous dit Francisco.

Movimiento sera prêt fin juin pour le bonheur de toutes et tous ceux qui sont à la recherche de sons originaux et d’une musique moins commerciale « notre but n’est pas de répéter ce qui est déjà dans la marché sinon d’offrir de la nouveauté au public » nous dit Sebastián qui avec Francisco sont les deux voix principales du groupe.

D’après Mathias, la réalisation de ce travail compte et espère pouvoir obtenir le soutien de la ville de Genève et la ville de Lancy. Le groupe fait encore des démarches pour obtenir le soutien du Fond de la Jeunesse et pour la promotion ils comptent avec l’aide de l’Association Tekhnèpolis qui prêtera collaboration dans l’élaboration d’un show multidisciplinaire à l’occasion de la sortie de cet album.

Réseaux sociaux, intégration, leadership, musique et l’industrie du divertissement

Avec les Groovah nous n’avons parlé que de musique. Conscients que la nouvelle génération est celle de la technologie de première main avec tout ce que cela implique, nous leur avons posé une série des questions.

HL : Que pensez-vous des réseaux-sociaux et quelle est votre stratégie de communication actuellement ?

Allan Broomfield Chen : Les réseaux sociaux c’est un monde que nous sommes en train de découvrir. En ce moment, nous n’avons pas une stratégie proprement définie. Nous utilisons certains outils comme Facebook, Instagram pour le groupe et certains de nos collègues ont également leurs propres pages Facebook. En outre, Adrien s’occupe d’une partie de la publicité que nous faisons, des affiches ou autres supports que je publie ensuite sur le Net.

HL : Est-il un atout pour le groupe être composé par des personnes de cultures différentes ?

Adrien Berreur : Absolument c’est un plus, car chacun des musiciens apporte son univers et une partie de son vécu. Lorsque chacun de nos musiciens joue, il montre un peu de son parcours musical et ajoute sa touche personnelle. Mais c’est sur scène que se mélangent nos histoires et nos influences donnant vie à une musique différente.

Samuel Vilú : Je suis la dernière recrue du groupe et cela m’a permis de voir ce qui a été créé avant mon arrivée et de pouvoir apporter mes observations à partir de mon expérience basée sur ma culture d’origine.

HL : Comment percevez-vous le phénomène de l’intégration en Suisse ?

Mathias Froelicher Véliz : Je préfère parler de « participation active » que d’intégration car ce mot-ci peut souvent porter à confusion. Je travaille pour un centre d’accueil de personnes migrantes à la Rosserai et pour nous il est important de pouvoir contribuer à clarifier cette définition. En effet, pour nous du moment que la personne participe à la cohésion et à la vie locale il est intégré. Pour moi Movimiento forme partie de cette « participation » et de cet engagement.

Notre participation ne se limite pas à la réalisation des concerts, nous présentons notre musique aussi dans la rue et c’est dans cette démarche que nous sommes actifs. Même si le nom de l’album a une connotation hispanique il s’inscrit dans notre démarche de mouvement, « de mettre en marche », de mettre en branle l’histoire du groupe.

HL : y a-t-il un leader dans le groupe ?

Francisco Daniel Llagostera : Nous avons tous identifié que dans le groupe chacun a un talent particulier. De ce fait, nous faisons appel à lui dès qu’il s’agit de gérer une tâche spécifique et cela nous a permis de mieux nous organiser et répondre aux besoins du travail que nous effectuons.

HL : Quel est votre avis sur des groupes qui portent de noms exotiques ?

Francisco : Pour moi c’est curieux et cela sert à attirer l’attention, même si parfois le nom peut paraître débile comme par exemple Explosion de Caca, ça attire l’attention.
Adrian : Je pense que c’est un peu malheureux devoir choquer pour gagner en audience. Antan un simple message suffisait pour annoncer un produit musical et de nos jours c’est le contraire. Le but de Groovah est de passer notre énergie et non pas pour faire le tube de l’été mais de construire un édifice qui reste longtemps.

Sebastian : Je pense que cela dépend de la personne, moi personnellement j’aime provoquer mais de manière saine afin d’éveiller l’esprit des gens. Par exemple, avec notre travail il est possible que certaines personnes se sentent choquées du fait que c’est quelque chose de différent à ce qu’ils connaissent.

Mathias : A mon avis c’est juste une question de choix et de l’image que l’on veut transmettre. Dans notre cas nous voulons véhiculer une image positive et festive.

HL : Votre message à la jeunesse

Mathias : Paix, amour, des ondes positives, de la participation active. Nous ne nous adressons pas à une communauté séparée, latino ou autres, nous désirons incarner une musique pour tout le monde. Movimiento c’est cette idée-là, mettre un mouvement commun, tourner avec du rythme et faire bouger les autres.

 

Relecture et correction du français:  Jean Yves Le Garrec

 

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