Olivier Jornot

Olivier Jornot n'a trouvé aucun indice que des votations passées ont été affectées dans leurs résultats par des manoeuvres frauduleuses.

Le procureur général de Genève Olivier Jornot n'a pas encore pu étayer les soupçons de fraude électorale au bout du lac.

Le procureur général de Genève Olivier Jornot n'a à ce stade pas trouvé d'indice qu'une fraude électorale a été commise au sein du Service des votations et élections. Il n'a pas trouvé non plus de fait relevant de corruption, a-t-il déclaré lundi devant les médias.

Le magistrat, sur les éléments dont il dispose à ce stade des investigations, n'a également trouvé aucun indice que des votations passées ont été affectées dans leurs résultats par des manoeuvres frauduleuses, ni que les votations du 19 mai prochain puissent être viciées par des manoeuvres électorales.

L'enquête se poursuit, a souligné M. Jornot. De nombreuses personnes doivent encore être entendues. Le suspect, qui travaille comme auxiliaire au Service des votations et élections, a été confronté pendant neuf heures à sa principale accusatrice, également auxiliaire dans ce service.

Le suspect a été libéré, le Ministère public estimant qu'en l'état, les charges pesant sur lui étaient insuffisantes. Le prévenu a toutefois l'interdiction de se rendre dans les locaux du Service des votations et élections et n'a pas le droit d'entrer en contact avec ses collègues.

«Je n'ai aucun indice d'une fraude électorale avérée»

Quatre jours après nos révélations sur les soupçons de fraude au Service des votations de Genève, le procureur général affirme n'avoir constaté ni fraude ni corruption.

Voilà, cette conférence de presse est terminée. Rendez-vous à 16h00 pour suivre celle du Conseil d'Etat et de la Chancellerire.

• 14:06
Pour ce qui est du climat de travail, Olivier Jornot affirme que la relation entre le prévenu et la dénonciatrice était «pour le moins hostile». J'ai la conviction que la manière dont le dépouillement est fait, peuvent donner le sentiment à un collaborateur qu'il y a des risques de manipulations.

• 14:04
Le procureur général réaffirme que les charges n'étaient pas suffisantes pour maintenir le suspect en détention provisoire.

• 14:03
Olivier Jornot ne veut pas se prononcer sur l'organisation du Service des votations. Cela ne relève pas de l'enquête pénale.

• 14:02
Nous ne sommes jamais à l'abri d'un retournement ou d'une surprise, prévient Olivier Jornot. Mais, il n'a pas trouvé d'éléments probants de fraude électorale.

• 14:01
Pourquoi ces dénonciations sont arrivées aussi tard? Il n'a pas de réponses convaincantes à ce sujet, explique Olivier Jornot.

• 14:00
Y a-t-il pu avoir des problèmes logistiques conduisant à ce que des votations soient faussées? Ce n'est pas à lui de répondre, affirme Olivier Jornot, qui précise que le suspect avait alarmé ses supérieurs à ce propos.

• 13:56
Olivier Jornot a ordonné des moyens d'investigations secrètes afin de vérifier si des entrées hors des processus ordinaires ont eu lieu dans le local où sont entreposés les bulletins. Des caméras, demande un journaliste? Ces moyens ont été mis en oeuvre lors de la précédente votation. Rien n'a pu être vérifié.

• 13:54
Oliver Jornot explique quel type de bulletins ont été retrouvés à la poubelle. Des «micro-explications» du pourquoi ces bulletins sont dans la poubelle.

• 13:53
Olivier Jornot réaffirme qu'il veut comprendre le mécanisme qui a abouti à ces dénonciations. Qu'il cherche à les comprendre.

• 13:52
La présentation est terminée. Place aux questions.

• 13:52
Le procureur général affirme qu'il ne lui appartient pas de faire un travail d'audit.

• 13:51
Il estime que les dénonciations ne sont pas claires.

• 13:51
Le procureur indique que les processus, dans ce domaine sensible, ne sont pas toujours appliqués avec la rigueur qu'on peut attendre. L'absence de mécanismes permettant de faire remonter les constatations de problèmes auprès de la hiérarchie. Il voit une ambiance lourde au sein du service.

• 13:50
Olivier Jornot va lever la saisie du matériel de vote. Il sera réintroduit dans le processus de vote afin qu'il puisse être comptabilisé.

• 13:49
Le procureur veut comprendre comment des petits riens sont devenus de grandes fraudes.

• 13:48
L'enquête va se poursuivre, prévient Olivier Jornot.

• 13:48
«Je n'ai ce stade aucun indice que des votations passées soient affectées dans leur résultat par des manoeuvres frauduleuse. Il en est de même pour la votation en cours.»

• 13:47
Il va dire ce qu'il n'a pas dans son dossier. Il n'y a aucun indice qu'une fraude électorale ait été commise. Pas d'indices de corruption également.

• A ce stade, poursuit le procureur général, il peut affirmer un certain nombre de choses.

• Olivier Jornot détaille les méthodes de travail du prévenu.

• Durant son audition, le prévenu a détaillé au procureur général ses méthodes de travail.

• 13:45
A la suite de cette audition, il a été immédiatement libéré avec mesures de contraintes. Interdiction d'entre dans les locaux du service et d'entrer en contact avec des personnes devant être entendues.

• 13:44
Durant neuf heures, vendredi, le suspect a été entendu par Oliver Jornot et confronté à sa dénonciatrice.

• 13:43
Le suspect a été interrogé. Il a nié les accusations de fraude électorale. Il a été auditionné par le procureur vendredi.

• Quelques bulletins de vote déchirés concernant la votation en cours ont été découverts, révèle Olivier Jornot.

• 13:42
L'examen des ces poubelles a permis de trouver du matériel de vote relié à des votations passées. Des cartes de votes de personnes décédées ainsi que des duplicatas ont été découverts, continue olivier Jornot.

• 13:41
Ensuite, explique Olivier Jornot, les enquêteurs ont «fait les poubelles».

• 13:40
Il a également été trouvé du matériel fermé. A savoir 80 enveloppes, poursuit le procureur.

• 13:40
La perquisition a permis de trouver du matériel de vote. Une vingtaine de matériel préparé, c'est-à-dire des enveloppes ouvertes. Il s'agissait de matériel provenant des Suisses de l'étranger.

• 13:39
Le procureur général précise que le suspect et les dénonciatrices sont tous des auxiliaires.

• 13:39
Celle menée au Service des votations, poursuit Olivier Jornot, a concerné le bureau du suspect qui est le même que celui de la dénonciatrice.

• 13:38
Des perquisitions ont eu lieu jeudi dernier. Celle au domicile du suspect n'a pas été concluante.

• 13:37
Le chef du Service des votations a également été entendu, confirme Olivier Jornot.

• 13:37
Il n'y a en fait qu'une dénonciatrice, dit Olivier Jornot. La deuxième se référant toujours à la première.

• 13:36
Le procureur relate également qu'il a ouvert une enquête pour consommation de stupéfiants, car le suspect a été photographié fumant un joint devant une urne.

• 13:35
Dans un premier temps, il retient également la corruption. Il était sous-entendu qu'il aurait pu y avoir contrepartie financière.

• 13:35
Elles décrivent les agissements d'un de leur collègue. Le procureur a dès lors ouvert une procédure pour suspicion de fraude électorale, un délit pénal, précise-t-il.

• 13:34
6 février 2019, la Cour des comptes transmet à la justice deux comptes-rendus d'entretien avec deux collaboratrices du Service des votations.

• 13:33
Le procureur général relève qu'il est exceptionnel que la justice s'exprime en cours d'enquête. C'est la proximité avec les votations de dimanche qui a motivé ce choix.

• 13:32
Olivier Jornot est arrivé. La conférence de presse commence.

• 13:31
Bienvenue dans ce live consacré à la conférence de presse du Ministère public au sujet de l'enquête pour suspicion de fraude électorale au Services des votations. Le procureur général Oliver Jornot est attendu dans quelques minutes.

• 13:03

Rappel des faits

Jeudi, «20 minutes» révélait que des soupçons de fraude pèsent sur «plusieurs opérations électorales», selon les termes même du Ministère public genevois. Dans la matinée, il a mené une perquisition au Service des votations et saisi du matériel électoral pour le scrutin du 19 mai: des bulletins de vote, certains détruits, d'autres sortis du circuit habituel. Un employé a été interpellé, interrogé puis libéré vendredi.

L'homme est soupçonné d'avoir agi sur des bulletins déjà remplis, envoyés dans le cadre du vote par correspondance. Le Parquet a indiqué qu'il en aurait «détruits ou ajoutés». Le suspect a été dénoncé par deux collègues, qui sen sont ouverts en février à la Cour des comptes. Celle-ci a alors averti la justice. Les lanceurs d'alerte ont réitéré leur propos à la police.La Chancellerie, dont dépend le Service des votations, a indiqué jeudi soir qu'«aucun élément, à notre connaissance, en l'état, ne remet en cause l'intégrité et le bon déroulement du scrutin». Une position que défend également le Conseil d'Etat. La votation du 19 mai, au programme très copieux, lesté de très lourds enjeux, est donc maintenue.

Lundi, à la mi-journée selon nos informations, la commission de contrôle de gestion du Grand Conseil auditionne le président du gouvernement ainsi que la chancelière.

• 13:01
Bonjour à tous,

Merci de nous rejoindre sur ce direct. Le Ministère public prendra la parole dès 13h30. A 16h, ce sera au tour du Conseil d'Etat de tenir une conférence de presse. Nous vous la retransmettrons également en direct.

Mpo

Le PLR veut l'intervention de la Berne fédérale

par David Ramseyer - Le parti sollicite la Chancellerie fédérale pour garantir la régularité du scrutin du 19 mai. Selon l'Exécutif, le PLR «sombre dans l'hystérie».

Alors que «la crédibilité des institutions est en jeu», suite à l'affaire de fraudes présumées au Service cantonal des votations, le PLR genevois s'en remet à Berne. A l'issue d'une réunion de crise de la présidence du parti, ce samedi matin, cette dernière demande l'aide de la Chancellerie fédérale, en vue des votations du 19 mai prochain. Des bulletins pour ce scrutin pourraient avoir été modifiés ou détruits.

«Nous sommes convaincus que les conditions sont actuellement réunies pour que ce vote se déroule de manière régulière, explique le président du PLR Bertrand Reich. Mais cela ne suffit pas. Il faut un regard extérieur et neutre pour valider cette impression, car nous faisons face à une vraie défiance envers les institutions». Le parti considère qu'une intervention de la Chancellerie serait «une sorte d'audit qui pourra ainsi confirmer aux citoyens que leur vote sera pris en compte».

Le PLR imagine que des collaborateurs de l'institution fédérale pourraient observer le bon déroulement du scrutin, analyser les processus en cours et s'assurer que les mesures de sécurité nécessaires ont été prises. «Il appartient maintenant au Conseil d'Etat d'agir», conclut Bertrand Reich.

Contactée, la Chancellerie fédérale précise «qu'une telle mesure, comme celle demandée par le PLR, est possible; mais aucune décision n'est prise». Elle indique aussi être «en contact avec les autorités genevoises», sans en dire davantage.

Intégrité du vote «garantie»

De son côté, le président du Conseil d'Etat, Antonio Hodgers «regrette que le PLR sombre à son tour dans l'hystérie collective». Le magistrat rappelle que l'affaire porte sur un seul homme et que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas prouvés. Les institutions genevoises fonctionnent, assure le conseiller d'Etat: «L'intégrité du scrutin du 19 mai est, à ce jour, garantie». Il invite dès lors les partis politiques «à ne pas ajouter à la confusion mais plutôt à inciter les citoyens à s'exprimer dans les urnes».

Concernant d'éventuels dysfonctionnements au sein du Service des votations, Antonio Hodgers tient à rappeler que suite à un audit en 2013, la Cour des comptes a émis neuf recommandations dont huit ont été suivies. Aujourd'hui, le président du gouvernement cantonal estime que cette dernière, tout comme la commission électorale centrale (ndlr: composée d'un représentant par parti), ont validé le fonctionnement du Service des votations.

ats

 

gen frau elecUne perquisition a eu lieu jeudi au Service des votations. Un employé a été prévenu de fraude électorale. Elle porterait sur des années.

Un séisme politique frappe Genève. Des soupçons de fraude pèsent sur «plusieurs opérations électorales», selon le Ministère public. Ce dernier a diligenté jeudi matin une perquisition au Service des votations. Les malversations pourraient s’être étendues sur plusieurs années. Un employé de longue date a été interpellé. Il a été mis en prévention.

Un scrutin si serré

Les fraudes remontant peut-être à plusieurs années, le vote sur la loi sur la police, en 2015, est scruté: le texte avait passé par 54 voix. Les syndicats de police, qui l'avaient combattu, se disent «très attentifs» aux développements de l'enquête. Leur avocat, Me Roulet, indique avoir déposé en novembre deux demandes de révision du scrutin, en lien avec une autre procédure pénale, classée. Ces deux requêtes restent pendantes. Les voilà relancées. «Je savais cela possible»

«Je savais qu'une fraude massive était possible.» Éric Stauffer, ex-chef du MCG, explique: arrivées au service, les cartes d'électeur sont désolidarisées des bulletins. Ceux-ci, anonymes, sont stockés dans un local. «Rien n'empêche un employé d'y venir, d'en détruire, et de les remplacer par du matériel vierge, auquel il a accès, rempli par ses soins.» Les partis ne réclament pas le report du vote du 19 mai. «Il faut d'abord vérifier si le soupçon est fondé, dit Jean Romain, président du Parlement. Vu les enjeux, il faut aller au bout de ce scrutin.» Chef des Verts, Nicolas Walder s'inquiète que les employés aient saisi la Cour des comptes, et n'aient donc pas pu parler à leur hiérarchie. La Chancellerie fédérale indique que Genève lui a affirmé prendre les mesures nécessaires.

L’homme est soupçonné d’avoir agi sur des bulletins déjà remplis, envoyés dans le cadre du vote par correspondance. Le Parquet indique qu’il en aurait «détruit ou ajouté». Le suspect a été dénoncé par deux collègues, qui s’en sont ouvert en février à la Cour des comptes. Celle-ci a alors averti la justice. Les lanceurs d’alerte ont réitéré leur propos à la police.

Votations du 19 mai concernées?

Au terme de la perquisition effectuée en présence des employés, les enquêteurs ont emmené plusieurs sacs et bacs de documents. Ils auraient saisi des bulletins de vote remplis pour le scrutin du 19 mai, certains détruits, d’autres sortis du circuit habituel. «Je crois que cette fois-ci, à ce que j’en sais, c’est extrêmement grave», renchérit le député d’Ensemble à Gauche Jean Batou.

La Chancellerie, dont dépend le Service des votations, a indiqué qu’«aucun élément, à notre connaissance, en l’état, ne remet en cause l’intégrité et le bon déroulement du scrutin». Très copieux, lesté de très lourds enjeux, il est donc maintenu. Le Conseil d’État ne s’est pas exprimé.
par Jérôme Faas -

Le fraudeur présumé est lié à la direction du service

L'homme arrêté jeudi est le fils d'un des responsables du service. Une situation qui interroge sur le fonctionnement de cette administration.

Parmi les nombreuses questions qui se posent toujours après la perquisition effectuée jeudi matin au Service des votations dont un des collaborateurs est soupçonné de fraude électorale, il y a les raisons qui ont poussé deux employées à dénoncer leur collègue sans passer par leur hiérarchie. Elles ont en effet contacté directement la Cour des comptes. Le président des Verts, Nicolas Walder, se disait hier préoccupé «qu'il ait fallu attendre que la Cour soit saisie par des employés» pour que l'affaire sorte. «Que ces collaborateurs n'aient pas pu s'exprimer au sein du Service des votations inquiète.»

La réponse tient peut être à l’identité du prévenu, présumé innocent. Il s'agit en effet du fils d'un des responsables du Service des votations. Les dénonciatrices ont-elles eu peur? Ont-elles parlé à leur hiérarchie, sans être entendues? Du coup, la direction du service peut-elle continuer à officier? Ou alors les dénonciatrices n'ont pas parlé à leur direction et cela pourrait démontrer un problème de fonctionnement? Interrogé sur ces points, le Conseil d'Etat et la Chancellerie n'ont pas répondu à nos questions.

Le trentenaire arrêté jeudi aurait détruit ou ajouté des bulletins de vote, lors d'opérations électorales: et ce, pendant plusieurs années. Employé comme auxiliaire au service des votations depuis plusieurs années, il est décrit comme un homme colérique, qui «effrayait» parfois ses collègues. Des sources indiquent aussi qu'il avait entreposé du cannabis ou du haschisch dans la cave du Service des votations.

Le scrutin du 19 mai ne sera pas annulé

file724ji4hbrci76rq5jckAntonio Hodgers a assuré vendredi à la RTS que rien ne mettait en cause l'intégrité des votations du 19 mai prochain.

Selon M.Hodgers, la présence d'enveloppes de votation du 19 mai dans le bureau du suspect peut être expliquée.

Le conseiller d'Etat répondait aux interrogations nées après l'ouverture par la justice genevoise d'une enquête pour fraude électorale jeudi. Une perquisition a été opérée dans les locaux du service des votations et des élections et un employé auxiliaire a été interpellé par la police.

Selon M.Hodgers, la présence d'enveloppes de votation du 19 mai dans le bureau du suspect peut être expliquée. «Les bulletins des électeurs de l'étranger», ainsi que les bulletins qui sont amenés directement au service des votations par des citoyens, sont stockés à cet endroit fermé à clé, a-t-il indiqué.

Il existe aussi dans ce bureau un sac où sont jetés les bulletins déchirés. Il peut s'agir de bulletins ramenés au service des votations par des personnes qui se sont trompées et qui demandent une nouvelle feuille de votations ou des bulletins servant de test pour la machine optique utilisée lors du dépouillement.

A ce jour, ni le pouvoir judiciaire, ni le gouvernement n'a en mains les preuves matérielles d'une corruption du vote du 19 mai, a poursuivi M.Hodgers. Des contrôles ont été faits, a-t-il affirmé. Les votations feront probablement l'objet de recours, «car on est à Genève», mais on peut aller de l'avant sereinement, a-t-il souligné.

L'affaire a éclaté après que deux collaborateurs du service de votations ont dénoncé auprès de la Cour des comptes le comportement d'un de leurs collègues. La Cour des comptes, estimant que les actes évoqués pouvaient avoir un caractère potentiellement pénal, avait transmis l'affaire au Ministère public en février dernier.

«Le maintien du scrutin du 19 mai se justifie»

par Maria Pineiro - La question du maintien des prochaines votations se pose à nouveau après la révélation de nouveaux éléments.

Des soupçons de fraude électorale pèsent sur un employé du service des votations.

La votation genevoise  du 19 mai ira-t-elle à son terme? La question se pose avec insistance depuis jeudi et la perquisition pour suspicion de fraude électorale menée par le Ministère public dans les locaux du Service des votations. Dans un premier temps, la chancellerie a répondu par la positive: «Aucun élément porté à notre connaissance, en l'état, ne remet en cause l'intégrité et le bon déroulement du scrutin», écrivait-elle jeudi après-midi. Dans la soirée, «20 minutes» apprenait que les enquêteurs avaient emmené plusieurs sacs et bacs de documents. Ils auraient saisi des bulletins de vote remplis pour le scrutin du 19 mai, certains détruits, d’autres sortis du circuit habituel.

Pas d'annulation préventive

A la lumière de ces nouveaux éléments, les prochaines votations peuvent-elles encore se tenir sans être entachées par des soupçons d'irrégularités? La question a été posée vendredi matin sans succès à la présidence du Conseil d'Etat et à la chancellerie. Leur réponse: «Comme indiqué dans le communiqué d'hier, il ne sera fait aucun commentaire supplémentaire à ce stade.»

«Dès lors que le citoyen est informé d'irrégularités, il peut faire recours dans les six jours, même si ces irrégularités apparaissent plusieurs années plus tard», commente l'avocat Romain Jordan. Dans le cas présent, ce délai court jusqu'à mercredi prochain. L'homme de loi juge que le maintien du scrutin se justifie malgré la découverte de bulletins douteux par les enquêteurs.

«Pour annuler une votation il est nécessaire de cumuler deux conditions. Il faut d'une part connaître l'ampleur de la fraude. Concerne-t-elle quelques dizaines, centaines ou milliers de bulletins? Une fois cela établi, il faut que la fraude puisse faire basculer le résultat, précise Me Jordan. Si le résultat est tranché, que la différence se compte en dizaines de milliers de votes et que seuls cent bulletins sont litigieux, alors il n'y a pas de raisons de l'invalider. Il ne fait donc pas sens d'annuler de manière préventive.»

Annuler un scrutin est un casse-tête très complexe

par Jérôme Faas - Le professeur de droit Thierry Tanquerel explique, d'un point de vue théorique, ce qu'implique la découverte d'une votation faussée.

Annuler un scrutin plusieurs années après n'est pas chose aisée.

Les soupçons de fraude électorale pesant depuis jeudi sur le Service des votations de Genève soulèvent de nombreuses questions. Le Ministère public ayant indiqué que le prévenu est soupçonné d'avoir manipulé «plusieurs opérations électorales», l'une d'elles interpelle particulièrement: s'il s'avérait que des scrutins passés ont été entachés d'irrégularités, devraient-ils ou pourraient-ils être annulés?

Jamais, en Suisse, un scrutin n’a été annulé pour une fraude «physique», c’est-à-dire portant sur les bulletins eux-mêmes. Les rares exemples d’annulations concernent, la plupart du temps, des cas où les autorités (judiciaires ou politiques) ont considéré que les informations communiquées à la population étaient de nature à l’induire en erreur et à empêcher la libre formation de son opinion. L’exemple récent de la votation fédérale sur l’imposition des couples mariés illustre ce cas de figure. Le scrutin a été annulé le 10 avril car les juges fédéraux ont estimé qu’en 2016, le Conseil fédéral avait communiqué des chiffres erronés dans sa présentation du sujet, trompant ainsi les électeurs.

La loi ne prévoit rien

A supposer qu’une fraude soit établie, en particulier après coup, ni la loi, ni la Constitution ne prévoient de dispositif spécifique, indique Thierry Tanquerel, professeur de droit constitutionnel. Une loi votée donne toujours lieu à un arrêté du Conseil d’Etat, assorti d’un délai de recours de six jours. «Une fois celui-ci passé, la décision n’est plus attaquable en justice», explique-t-il. En revanche, si des faits nouveaux et inconnus à l’époque du scrutin émergent, il est possible d’introduite une demande de révision auprès du Conseil d’Etat. «Mais il faudrait bien sûr que la fraude ait été susceptible de modifier le résultat.» Autrement dit, que le score ait été serré.

Une affaire d'appréciation

Ici, tout est affaire d’appréciation. «Il faudrait relire toutes les jurisprudences, expose Thierry Tanquerel. Mais disons qu’avec 0,5% d’écart, on a des raisons d’annuler, sauf si la sécurité du droit (lire ci-dessous) est menacée. A 15%, par exemple, on n’annule pas.» Entre les deux, cela dépend.


Le principe de sécurité du droit

Mais même s’il est avéré que le vote a été faussé, l’annulation est très loin d'être acquise. Les juges peuvent en effet estimer que le remède serait pire que le mal, en vertu du principe dit de sécurité du droit. Un exemple connu date de 2011. Le Tribunal fédéral avait décidé qu’en 2007, le Conseil fédéral avait induit en erreur les citoyens lors du vote sur la deuxième réforme de l’imposition des entreprises, acceptée de justesse par 50,5% des votants. Dans sa communication, Berne avait chiffré les pertes à quelques dizaines de millions, or, elles dépassaient le milliard. Mais trois ans avaient passé entre l’entrée en vigueur de la loi et le verdict. Les entreprises avaient déjà bénéficié des déductions. Les juges avaient donc considéré qu’il était difficile, voire dangereux de revenir en arrière.

Hypothèse «vertigineuse»

«En pratique, les chances d’annulation d’une votation après coup sont relativement faibles», commente Thierry Tanquerel. Il note qu’il est plus facile d’annuler si le résultat a été négatif, et donc que rien ne s’est passé, que si la loi a été promulguée. «L’annuler, cela signifie qu’elle n’a jamais été valable.» Autrement dit, que toutes les décisions prises sur cette base, pendant dix ans par exemple, sont caduques. Le problème est le même avec une élection. Si un individu a été élu à tort, «que fait-on de tous ses actes ?», s’interroge Thierry Tanquerel. Un conseiller d’Etat élu par erreur, par exemple, invalide-t-il tous les décisions du gouvernement auquel il a pris part ? «C’est assez vertigineux comme hypothèse», songe le professeur.

jef/dra - nxp/ats 

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10413160.imageJusqu'à un million d'espèces menacées d'extinction à cause de l'Homme

Un rapport tire la sonnette d'alarme sur la disparition rapide des espèces, qui est préjudiciable à l'avenir de l'humanité.

Les espèces menacées d’extinction

. L'extinction des espèces s'accélère comme jamais auparavant dans l'histoire de l'humanité, provoquant de graves effets sur les populations humaines du monde entier. Le rapport de l'IPBES, présenté lundi à Paris, tire la sonnette d'alarme.

Un total d'un demi à un million d'espèces sur environ huit millions sont menacées d'extinction, prévient la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) dans son premier rapport mondial sur l'état de la biodiversité et des services écosystémiques.

«Les preuves accablantes contenues dans l'évaluation globale et obtenue à partir d'un large éventail de domaines de connaissances présentent un panorama inquiétant», a déclaré le président de l'IPBES, Robert Watson.

Selon le rapport, les causes directes de la perte de biodiversité sont (en importance décroissante) l'utilisation excessive des terres et de la mer, la dégradation directe des ressources naturelles, le changement climatique, la pollution et les espèces envahissantes. Le rapport montre de manière exhaustive comment la perte de biodiversité et de services naturels est liée aux évolutions sociétales fondamentales.

Un rôle pour la Suisse

Au cours des trente dernières années, l'économie mondiale a été multipliée par sept et le commerce mondial par huit. En raison de la mondialisation de l'économie, la production et la consommation de biens sont séparées dans l'espace depuis les années 1980. En conséquence, la charge qui pèse sur la nature s'est fortement déplacée des pays industrialisés vers les pays en développement.

«C'est pourquoi, dans ses mesures de promotion de la biodiversité et des services écosystémiques, la Suisse doit non seulement garder un oeil sur son propre territoire, mais aussi partager la responsabilité des efforts mondiaux», a déclaré Andreas Heinimann du Centre pour le développement et environnement et de l'Institut de géographie de l'Université de Berne, auteur d'un des chapitres du rapport.

nxp/ats

 

 

7839489 f9bb20e8 94e0 11e8 90dc 059e30cd28ac 1 1000x625Les Suisses arrivent au bout des ressources naturelles dont ils disposent pour 2019. A partir de mercredi, ils vivront à crédit.

Les Suisses produisent en moyenne l'équivalent de 600 sacs-poubelle de 35 litres remplis de gaz à effet de serre par personne et par jour.

Mardi marquera la Journée suisse du dépassement de la Terre. «A partir de demain, nous vivrons donc aux dépens des générations futures», indique lundi le WWF Suisse dans un communiqué.

La Suisse est particulièrement mauvaise élève en matière d'empreinte écologique, souligne l'organisation. «La population helvétique prend, en moyenne, trois fois plus souvent l'avion que les citoyens européens, conduit les voitures les plus lourdes de toute l'Europe et fait partie des plus grands producteurs de déchets au monde.»

Et le WWF Suisse de conclure: les Suisses produisent en moyenne l'équivalent de 600 sacs-poubelle de 35 litres remplis de gaz à effet de serre par personne et par jour. Dans une société verte et durable, il ne faudrait pas produire plus de 30 sacs-poubelle, soit 20 fois moins qu'actuellement.

Les calculs de cette journée se basent sur les données du «Global Footprint Network». Au niveau mondial, les êtres humains consomment chaque année des biens et services correspondant à la capacité de régénération annuelle de 1,7 planète. Si tout le monde vivait comme les Suisses, l'humanité aurait donc besoin des ressources de trois planètes chaque année.

nxp/ats

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