Pour les Suisses au sommet lausannois, la désobéissance civile est un moyen complémentaire d’action.

«Pour ceux qui ont raté le début de mon intervention, j’annonçais que nous allons probablement tous bientôt mourir. Je viens de Manchester, où nous avons la réputation d’être sarcastiques.» Jeudi matin, ces mots qu’adressait Roger Hallam à un groupe de retardataires entrant dans un auditoire de l’Université de Lausanne ont fait rire à moitié. Il y présentait Extinction Rebellion (XR), qu’il a cofondé en novembre dernier à Londres (lire ci-après). L’intervention organisée dans le cadre du sommet pour le climat Smile for Future a suscité un intérêt à la mesure de la montée en puissance du mouvement de désobéissance civile, qui a essaimé en un temps record dans le monde entier. Mouvement dont la méthode a généré des débats au long de la semaine, jusqu’à l’adoption d’une déclaration en dernière plénière. Faut-il converger? Les membres de XR risquent-ils de porter atteinte à la légitimité des grévistes?

Les membres de la délégation suisse au sommet sont a priori plutôt favorables à ce mode d’action. Pour Hamza Palma, étudiant de 16 ans vivant à Lausanne, au niveau suisse, il n’y a pas de réelles tensions entre les jeunes de la grève et XR: «Nous avons globalement de bons rapports en Suisse. Ils viennent en grève et certains grévistes participent à leurs actions. Ces stratégies sont légitimes. La désobéissance civile l’est devenue dès le moment où notre sécurité n’a plus été garantie», estime l’étudiant.

Curseur au bon endroit

«La désobéissance civile n’est pas juste légitime, elle est nécessaire. Il est vrai que lors de l’assemblée des militants suisses, en mai dernier, il y avait des divisions sur le sujet. Certainement car XR était encore méconnu, notamment côté alémanique, ce qui suscitait des craintes», souligne Victor Carnahan, 18 ans. Steven Tamburini, 24 ans, étudiant en lettres, confirme que des questions se sont posées au niveau de la forme que devait prendre la collaboration avec XR. Une minorité de militants considérant que bloquer des routes et des entrées de banque pouvait diviser le mouvement à terme.

«Il n’y a pas de réelle tension entre les jeunes de la grève et XR» Hamza Palma

«Pour eux, ce type d’action n’est pas pertinent et il faut agir dans le champ du cadre institutionnel qui nous est donné», explique le Lausannois, percevant la désobéissance civile comme une tactique complémentaire. Et d’ajouter que la conclusion trouvée par les militants suisses à la suite de ces vifs échanges en mai a été de réaffirmer la limite, fixée lors d’une rencontre précédente, placée au niveau du respect de la non-violence.

L’enjeu pour un «mouvement en train de se constituer», pointe Jann Kessler, Thurgovien de 23 ans installé à Berne, c’est de laisser un champ d’action suffisant à tous les groupes qui se conforment à certaines valeurs de base. Concernant la désobéissance civile, elle n’est efficace que pour autant que les gens comprennent qu’il s’agit d’un mouvement non violent et que ceux qui la pratiquent réussissent à conserver l’empathie du public.

Eviter d’aller trop loin

Pour cet ancien étudiant en cinéma à l’Ecole cantonale d’art de Lausanne, il s’agit de placer le curseur au bon endroit. Déranger suffisamment pour attirer l’attention, en évitant d’aller trop loin et risquer de s’aliéner la sympathie des gens. «Les actions d’XR ciblant des banques ont provoqué beaucoup de réactions négatives autour de moi au début, puis ça a fait réfléchir», note le Thurgovien.

Trois questions à Roger Hallam

Roger Hallam est le cofondateur du mouvement de désobéissance civil Extinction Rebellion. DR

Qu’avez-vous à dire aux jeunes du mouvement pour le climat qui pensent que la ­désobéissance civile n’est pas la bonne stratégie?

Si vous voulez être efficaces, c’est le meilleur moyen d’agir. Il n’est pas garanti que ça marche, mais ne pas user de la désobéissance civile, c’est se diriger vers un échec certain.

N’est-ce pas irresponsable de prêcher ce mode d’action, impliquant l’éventualité d’être arrêté?

Ce qui est réellement irresponsable, c’est de ne pas résister contre un régime génocidaire. La vie est pleine de choix difficiles à faire, il faut opter pour les moins difficiles. C’est-à-dire se rebeller, quitte à enfreindre la loi.

Où se situe la limite pour vous?

La limite de l’action? En fin de compte, les gens meurent. Je fais ici juste une observation d’historien. Dans les luttes sociales, les gens meurent. C’est ce qui arrive. C’est ce qui va arriver dans les cinq prochaines années, des gens vont mourir pour la cause. Nous vivons un moment d’effondrement social.

C’est un fait scientifique avéré, nous nous dirigeons vers la fin de l’humanité. La prise de conscience de ce qu’il se passe va générer des crises. Mais ne me mécomprenez pas, je ne soutiens en aucun cas la violence. Ce que je dis, c’est que quand vous vous engagez dans la désobéissance civile à l’échelle de masse, les gens meurent. C’est ce qui arrive quand vous remettez en question un système meurtrier. IC

https://lecourrier.ch

 

La fête nationale a débuté à midi sur la prairie du Grütli, dans le canton d'Uri

 Des centaines de personnes ont traversé le lac des Quatre-Cantons en bateau depuis Brunnen (SZ) jusqu'au «berceau de la Confédération suisse».

La Fête nationale a débuté aux environs de midi sur la prairie du Grütli, dans le canton d'Uri. Pompiers et élus communaux y sont les invités d'honneur. Ils sont plus de 2000 sur place, selon l'Association des communes suisses (ACS).

Des centaines de personnes ont traversé le lac des Quatre-Cantons en bateau depuis Brunnen (SZ) jusqu'au «berceau de la Confédération suisse». Les organisateurs ont invité la Fédération suisse des sapeurs-pompiers (FSSP) et l'ACS, présidée par le conseiller aux Etats Hannes Germann (UDC/SH). La première souffle ses 150 bougies, la seconde célèbre cette année l'activité de milice.

«Nous devons certainement discuter de meilleures conditions pour l'activité de milice»

Dans son allocution, la conseillère d'Etat uranaise Heidi Z'graggen a souligné la grande importance de la reconnaissance du travail de milice. «Nous devons certainement discuter de meilleures conditions pour l'activité de milice, comme sa reconnaissance en tant que formation continue ou la rémunération des allègements fiscaux», a souligné l'élue, citée par dans un communiqué de l'ACS.

Quant au conseiller national Laurent Wehrli (PLR/VD), président de la Fédération suisse des sapeurs-pompiers, il a expliqué que le système de milice offre à tous la possibilité de mettre ses propres capacités au profit de l'autre, pour le bien de la société.

À Yverdon, Berset met la solidarité à l'honneur

Le conseiller fédéral a souligné l'importance du compromis et de la solidarité lors du son allocution du 1er Août jeudi à Yverdon.
 

Alain Berset a insisté sur l'importance du compromis et de la solidarité lors du son allocution du 1er Août jeudi à Yverdon.

Alain Berset a insisté sur l'importance du compromis et de la solidarité lors du son allocution du 1er Août jeudi à Yverdon (VD). Ces deux valeurs ont permis à l'Union patronale suisse et aux syndicats de proposer une réforme du deuxième pilier, selon le conseiller fédéral.

«La Suisse s'est construite sur une solide culture du compromis, pas sur un pseudo-dialogue autour de positions maximalistes et têtues», a estimé le ministre de l'intérieur, pour qui solidarité et recherche du compromis nécessitent du courage. Selon le Fribourgeois, la démocratie directe helvétique «nous rend uniques». A chaque fois, des compromis issus de longs débats font avancer le pays.

Des événements «importants» ont marqué l'année 2018. Le Belfagien relève notamment le projet de réforme du deuxième pilier, le développement d'un soutien pour ceux qui ne retrouvent pas de travail après le chômage et la votation sur le projet de réforme fiscale et de financement de l'AVS.

nxp/ats

 

 Un rapport demande aux États de changer leur échelle de dangerosité en se fondant plus sur des critères scientifiques plutôt que culturels.

 Des substances comme l’ecstasy, la kétamine, la cocaïne ou le cannabis ont un impact moins négatif pour les personnes qui les consomment et leur entourage que le tabac et l’alcool. Telle est la conclusion d’un rapport de la Global Commission on Drug Policy, qui s’appuie sur des recherches scientifiques.

Un aspect culturel

«Il ferait sens de classer ces substances en fonction du potentiel de risques, déclare le porte-parole de l'OFSP Adrien Kay. D'ailleurs la Commission fédérale pour les questions liées aux addictions a souvent plaidé pour cette approche. Mais la classification légale des produits psychoactifs s'explique aussi par le contexte historique et culturel d'un pays.» La consommation d'alcool en Europe, par exemple, fait partie intégrante de la vie sociale depuis des siècles, constate-t-il.

Cette organisation, dont le secrétariat est à Genève, réunit des personnalités telles que l’ex-présidente de la Confédération Ruth Dreifuss, le milliardaire Richard Branson et d’autres anciens leaders internationaux (Javier Solana, George Shultz, ...). Ils critiquent l’incohérence des lois restrictives actuelles dans la plupart des nations, qui se basent sur des critères contestables. «Nous recommandons aux gouvernements et aux autorités sanitaires de reconnaître l’absence de base factuelle de la procédure politique et l’incohérence de la classification actuelle, précise Ruth Dreifuss. Il faut donner à la communauté scientifique et à l’Organisation mondiale de la santé la compétence de décision.» Il s'agit ensuite, pour les experts de cette commission, d’utiliser cette analyse de la réalité pour déterminer des politiques nationales de régulation des substances actuellement prohibées.

«Les substances psychoactives, comme tout produit présentant un potentiel de risques, ne devraient pas être abandonnées sans contrôle entre les mains d’entreprises qui ne visent que le profit, qu’elles soient légales ou criminelles, poursuit Ruth Dreifuss. Chaque État doit les réguler selon les dangers et l’utilité de leur consommation.»

Si l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) admet la cohérence de ce rapport, il souligne que les mentalités parmi les élus politique suisses, qui décident des lois, seront difficiles à changer.

Quant à la fondation Addiction Suisse, son directeur Grégoire Vittoz va dans le sens de Ruth Dreifuss. «Il faut aussi rappeler les incohérences de la politique des addictions où l'on peut promouvoir par le biais de la publicité un produit comme le tabac, qui tue une personne par heure, souligne-t-il, alors que la simple consommation de drogues illégales constitue un délit sans pour autant que cette prohibition n'en empêche la consommation. On doit donc espérer que cette politique sorte des débats idéologiques pour s'appuyer sur des analyses factuelles des expériences faites à ce jour.» Il estime toutefois délicat de classifier des substances qui demeurent toutes dangereuses.

par Frédéric Nejad Toulami -

FNT

Baby-foot, pétanque, livres et animations rythmeront l'été à l'Escale, sur la rive gauche. Les lieux ont ouvert vendredi.

Un nouvel écrin de détente ouvre au bord du lac

Baby-foot, pétanque, livres et animations rythmeront l'été à l'Escale, sur la rive gauche. Les lieux ont ouvert vendredi.

Les Genevois sont invités à prendre du bon temps à l'Escale. L'endroit a ouvert ce vendredi sur le quai Gustave-Ador et offrira à la population un lieu de détente les pieds dans l'eau jusqu'au 1er septembre. Avec la proximité de la nouvelle plage des Eaux-Vives, la Ville de Genève, qui finance le projet, s'attend à une forte fréquentation de l'endroit.

L'an dernier a déjà été un grand succès, a relevé le conseiller administratif de la Ville de Genève Guillaume Barazzone. «A l'Escale, tout le monde est le bienvenu et personne n'est obligé de consommer», a résumé le magistrat. Le lieu dispose de deux buvettes, un terrain de pétanque, trois baby-foot et de nombreux hamacs pour se prélasser.

Des animations seront aussi proposées jusqu'au 1er septembre. La programmation est assurée par des collectifs de jeunes. Les groupes locaux seront à l'honneur. Il y aura aussi des cours d'initiation à la danse, du théâtre et même du yoga, le tout dans un lieu fortement végétalisé, avec près de 5000 plantes.

Les deux bars sont tenus, cette année, par l'association «La Boîte à Boulots». Cet organisme offre à des jeunes, parfois en rupture, d'avoir une première expérience professionnelle. L'Escale va ainsi permettre à plusieurs dizaines d'entre eux de faire leurs premières armes dans le monde du travail cet été.

http://www.ville-geneve.ch/plan-ville/loisirs-jeux/escale/

ats

 

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