La Délégation des commissions de gestion du Parlement va ouvrir une enquête sur l'affaire d'espionnage liée à l'entreprise zougoise Crypto. Elle veut avant tout savoir ce que les autorités suisses savaient.

 Les premières auditions auront lieu dès ce mois-ci, a précisé jeudi à la presse le président de la délégation Alfred Heer (UDC/ZH). L'enquête est liée à la collaboration entre Crypto et les services secrets étrangers.

La délégation ne met pas en doute le fait que des services secrets étrangers ont espionné des pays tiers durant des années grâce à Crypto. Les différentes réactions des Etats mis en cause confirment cet état de fait.

Le Conseil fédéral a fait mercredi un bref état de la situation, avait annoncé son porte-parole André Simonazzi. Le Département de la défense (DDPS) a informé le gouvernement sur l'affaire le 5 novembre 2019. Les faits en question ont débuté en 1945 et sont aujourd'hui difficiles à établir et à interpréter. Pour cette raison, le Conseil fédéral a chargé le 15 janvier Niklaus Oberholzer de tirer les choses au clair. Ce dernier doit rendre son rapport d'ici la fin juin.

L'affaire est un «reliquat de la Guerre froide»

Selon la faîtière de l'économie suisse, l'affaire Crypto n'est qu'un «reliquat de la Guerre froide» qu'il ne faut pas surévaluer.

L'affaire d'espionnage par les services américains via une entreprise suisse révélée mardi est un «reliquat de la Guerre froide», d'après économiesuisse. Dans ce contexte, il ne faut pas surévaluer les informations rendues publiques mardi.

Il est encore trop tôt pour pouvoir dire si cette affaire va entacher la réputation de la Suisse, a déclaré à Keystone-ATS Jan Atteslander, membre de la direction de la faîtière de l'économie. «Elle a représenté une grosse histoire hier (mardi), mais l'impact dans les médias internationaux était déjà redescendu mercredi», a-t-il précisé.

Atteslander ne veut pas s'avancer sur le genre d'entreprises qui pourrait être touché par l'affaire d'espionnage. C'est un cas unique qui concerne une seule entreprise, note-t-il, estimant dès lors qu'il ne devrait pas avoir d'effets sur d'autres firmes en Suisse.

Quant à savoir s'il faut s'attendre à des conséquences au-delà, cela dépendra de ce que va faire le Conseil fédéral, a encore dit le représentant d'economiesuisse. En réclamant une enquête, il crée les conditions de transparence nécessaires au rétablissement de la confiance internationale.

nxp/ats

 

 

 

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