Le bilan est désormais de 60 victimes dans le pays. Les cantons du Tessin, de Vaud et de Bâle-Ville sont les plus touchés en nombre de cas.

 Dimanche à 12h00, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) dénombrait en Suisse 7014 cas d'infections déclarées au coronavirus, 900 de plus que la veille. Le nombre de décès est de 60, selon les chiffres publiés sur le site de l'office.

Ceux-ci se basent sur les déclarations reçues et saisies dimanche matin. Pour cette raison, les chiffres peuvent diverger de ceux communiqués par les cantons, précise l'OFSP.

Alors que de vendredi à samedi, le nombre de nouveaux cas d'infection avait crû de près de 1300, il n'a augmenté que de 900 dans les 24 heures suivantes. Il est cependant encore trop tôt pour parler d'inversion de tendance.

L'âge des cas testés positifs va de 0 à 101 ans, avec un âge médian de 51 ans (50% des cas sont plus jeunes et 50% sont plus âgés que cet âge); 49% des cas sont des hommes, 51% des femmes. Les adultes sont nettement plus touchés que les enfants et, à partir de 60 ans, les hommes que les femmes.

Les cantons du Tessin (263,5 cas pour 100'000 habitants, et 37 décès), de Vaud (205,8) et de Bâle-Ville (203,8) sont les plus touchés.

Hausse attendue

Ces chiffres vont encore augmenter ces prochains jours en Suisse. Mais la courbe pourrait s'aplanir dès la semaine prochaine, à condition que tout le monde s'en tienne aux mesures, selon Daniel Koch, responsable de la cellule de crise.

Ce ne sont pas les mesures qui feront la différence, mais le comportement de la population, a dit samedi le responsable de la division des maladies transmissibles de l'OFSP lors d'un point de presse à Berne. Chacun doit tout faire pour ne pas être contaminé et ne pas contaminer les autres.

M. Koch a lancé un appel envers les personnes les plus vulnérables. Voir des personnes âgées se promener seules avec leur déambulateur dans les rues pour prendre l'air et le soleil n'est pas un problème. Le problème c'est lorsqu'elles vont faire leurs courses, a relevé M. Koch. Elles doivent se faire aider par d'autres.

Dans un communiqué, le Conseil suisse des aînés a d'ailleurs appelé les seniors à rester chez eux: «En nous protégeant, nous protégeons tout le monde», écrit-il.

Uri fait marche arrière

Le Conseil fédéral ne va toutefois pas jusqu'à un confinement obligatoire. La décision du canton d'Uri de confiner les personnes de plus de 65 ans est problématique et n'est pas conforme à l'ordonnance édictée vendredi, a indiqué Martin Dumermuth, directeur de l'Office fédéral de la justice. Le Conseil fédéral n'a pas voulu de confinement généralisé et les cantons doivent l'accepter.

La réaction n'a pas tardé: peu après, le Conseil d'Etat uranais annonçait qu'il acceptait la décision du Conseil fédéral et levait l'interdiction de sortie des seniors.

La mesure avait été introduite à Uri jeudi à 18h00. L'état-major de crise cantonal avait pris cette décision parce que les seniors ne respectent pas les règles en vigueur. Les autorités espéraient les tenir à l'écart des commerces et d'autres institutions.

Situation critique au Tessin et à Genève

Le Tessin reste le plus touché. Le Conseil d'Etat tessinois a annoncé durant le week-end de nouvelles mesures restrictives pour freiner l'avancée du coronavirus dans le canton. Toute la population doit réduire ses déplacements à l'indispensable.

Le canton exhorte les plus de 65 ans à rester à la maison. Pour faire leurs courses, les personnes âgées doivent demander l'aide de proches ou des services communaux. Elles peuvent en revanche toujours sortir pour se promener.

Par ailleurs, après les commerces non alimentaires, les établissements publics, l'administration cantonale et les chantiers, le Tessin a décrété la fermeture de toutes les industries dès lundi jusqu'au 29 mars.

A Genève, les autorités sanitaires déploraient dimanche un total de treize décès, soit six de plus en deux jours. La situation s'annonce extrêmement critique dans les prochains jours dans le canton, dont la courbe épidémique suit celle du Tessin.

Les Hôpitaux universitaires de Genève accueillent 36 patients aux soins intensifs, tous intubés. L'augmentation est importante, car la semaine dernière ils étaient douze aux soins intensifs.

Suffisamment de lits en soins intensifs

Malgré l'évolution des cas de coronavirus, la Suisse dispose actuellement de suffisamment de lits en soins intensifs, a relevé M. Koch. Sur les 800 lits qui existent vont s'ajouter au moins 400 lits supplémentaires ces prochains jours, «les cantons y travaillent».

Les cantons peuvent aussi compter sur la protection civile. Actuellement, 4112 personnes astreintes au service civil effectuent des engagements dans des hôpitaux, des homes et établissements de soins et contribuent à la lutte contre le coronavirus.

Les effectifs pourraient être augmentés selon les besoins des cantons, a annoncé le directeur de l'Office fédéral du service civil Christoph Hartmann. Le Conseil fédéral a mis à disposition un contingent de 850'000 jours de service de Protection civile.

L'armée va, de son côté, prolonger les cours de répétition ainsi que les écoles de recrues, a indiqué le brigadier Raynald Droz, chef d'état-major du commandement des opérations. La mesure concerne aussi les soldats en service long. Les militaires dans les troupes sanitaires seront les principaux concernés.

L'armée dispose actuellement de 3000 soldats instruits et en service. Des décisions doivent encore être prises pour les écoles de recrues à venir. Au total, 11'000 jeunes pourront être engagés pour combattre le covid-19, selon M. Droz.

Rapatriements

Concernant les citoyens bloqués à l'étranger, Berne va rapatrier quelque 630 Suisses d'Amérique latine. Le Département fédéral des affaires étrangères a affrété deux avions qui se rendront à Bogota (Colombie) et à Lima (Pérou) mardi et mercredi. Dès lundi, le DFAE va en outre créer la capacité de retour pour une centaine de touristes suisses bloqués au Costa Rica.

Le DFAE rappelle samedi qu'à cause de la pandémie de coronavirus, le Conseil fédéral a appelé jeudi tous les voyageurs suisses se trouvant actuellement à l'étranger à rentrer en Suisse immédiatement avant que la mobilité ne devienne encore plus difficile. Si la responsabilité personnelle fixée dans loi exige que chacun prenne ses propres dispositions, tous n'en ont cependant pas la possibilité à cause de l'évolution des situations locales.

Avec les pays voisins

L'organisation d'autres voyages de retour sera prévue par la suite. Le DFAE examine également la possibilité de coopérer avec les pays voisins.

Le DFAE part du principe qu'il y a actuellement encore plusieurs dizaines de milliers de Suisses à l'étranger. Seules 7710 personnes se sont inscrites sur l'application «Travel Admin» du DFAE, constate ce dernier.

La Confédération préfinancera ces vols charters. Les touristes devront payer un billet d'avion et donc supporter eux-mêmes une partie des coûts, précise le DFAE.

nxp/ats

 

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