Un bâtiment de sept étages a été réduit en poussière ce 15 octobre dans un quartier résidentiel de Fortaleza, au nord-est du pays. On déplore au moins un mort et des dizaines de blessés.

Au moins une personne est morte et dix autres étaient portées disparues après l'effondrement spectaculaire mardi d'un immeuble de sept étages dans un quartier résidentiel de Fortaleza, dans le nord-est du Brésil, ont annoncé les pompiers.

«Huit personnes ont été retirées des décombres. Malheureusement, l'une d'elles était morte. Il y a également dix personnes que leurs familles n'ont pas réussi à localiser», a expliqué à des journalistes le colonel des pompiers Cleyton Bezerra.

Les secouristes ont aussi retrouvé deux personnes en vie dans les décombres et tentaient de les extraire dans les plus brefs délais.

Des images impressionnantes de la télévision locale montraient des amas de débris de ciment de couleur ocre, sous un épais nuage de poussière. Les causes de l'effondrement n'ont toujours pas été établies.

L'immeuble se trouvait à Dionisio Torres, un quartier habité par la classe moyenne proche de la plage d'Iracema, une des principales attractions touristiques de Fortaleza.

En avril, 24 personnes sont mortes dans l'effondrement de deux immeubles construits illégalement dans une favela de Rio de Janeiro, à l'issue de pluies diluviennes. (afp/nxp)

AFP

 

Le président bolivien de gauche Evo Morales lors d'un discours à Santa Cruz, pendant la campagne présidentielle, le 15 octobre 2019 Photo AIZAR RALDES. AFP

Bolivie: fin de campagne sous tension pour Morales dans le fief de l’opposition

Gaz lacrymogène, jets de pierres, arrestations: des incidents ont éclaté mardi soir aux abords du meeting du président bolivien de gauche Evo Morales, candidat à un quatrième mandat, qui se tenait à Santa Cruz, ville la plus riche du pays et bastion de l’opposition.

Quelques heures avant, un imposant dispositif policier était déployé à proximité du terrain vague où devait s’exprimer le chef de l’Etat sortant. Une trentaine de jeunes membres de la droite bolivienne ont été arrêtés, les autorités craignant un affrontement avec les partisans d’Evo Morales, a dénoncé le comité pro Santa Cruz, une organisation civile d’opposition.

A la tombée de la nuit, alors que le meeting de campagne avait pris fin, d’autres groupes d’opposants ont affronté les forces de l’ordre à coups de pierres, la police répondant avec du gaz lacrymogène, selon des vidéos diffusées par les médias locaux.

Des barricades de pneus avaient été dressées sur certaines avenues de Santa Cruz.

«Tant que nous serons unis, nous continuerons de vaincre ceux qui n’aiment pas le peuple bolivien», a lancé Evo Morales, au pouvoir depuis 13 ans, devant des dizaines de milliers de ses supporters, dont beaucoup étaient vêtus de bleu, la couleur de son parti, le MAS (Mouvement vers le socialisme).

Au cours de son avant-dernière réunion publique, le président de gauche a également vanté son bilan économique, le taux de pauvreté extrême étant passé entre 2006 et 2018 de 38% à 15%, a-t-il annoncé. Il a promis que «l’extrême pauvreté sera à moins de 5% en 2025», à la fin d’un éventuel nouveau mandat.

Pendant ce temps, son principal adversaire, le centriste Carlos Mesa, qui a rallié mardi une série de soutiens, tenait meeting dans le centre de La Paz.

Durcissant son discours, il appelé le pays à choisir «entre le chemin autoritaire vers la dictature et le chemin vers la construction démocratique».

 «Il y a déjà eu trop d’autoritarisme et cela est en train de nous conduire vers la dictature», a-t-il ajouté, en référence au quatrième mandat que brigue le président Morales, considéré comme illégal par l’opposition.

Les deux candidats doivent tenir leur dernier meeting mercredi, Carlos Mesa à Santa Cruz et Evo Morales à El Alto, ville collée à La Paz.

Premier président amérindien de Bolivie, proche de Cuba et du Venezuela, Evo Morales est donné vainqueur par les sondages de l’élection présidentielle du 20 octobre face à son rival et ex-président Carlos Mesa, même si un second tour le 15 décembre pourrait être nécessaire pour les départager.

AFP

Le Salvador, le Guatemala et le Honduras vont à nouveau bénéficier d'aides américaines après leurs efforts pour réduire l'immigration.

 

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient rétablir des aides financières ciblées à trois pays d'Amérique centrale, à la suite de leurs efforts pour freiner l'immigration.

L'administration de Donald Trump avait supprimé en mars ses aides au Salvador, au Guatemala et au Honduras, à la demande du président républicain, qui les accusait de ne «rien» faire pour empêcher les migrants de se rendre aux Etats-Unis.

«Accords historiques»

Ces pays du «Triangle du Nord» ont tous signé depuis des «accords historiques» sur l'asile et «oeuvrent à mettre fin au fléau du trafic d'êtres humains», a salué mercredi Donald Trump sur Twitter. «Afin d'accélérer encore ces avancées, les Etats-Unis vont prochainement approuver une aide ciblée dans les domaines du maintien de l'ordre et de la sécurité», a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a confirmé dans un communiqué le rétablissement prochain de l'aide financière de Washington, saluant «les efforts» et «l'engagement» pris par les trois pays concernés pour réduire le nombre de migrants cherchant à rejoindre les Etats-Unis. Cette aide, précise-t-il, contribuera à financer des programmes destinés à lutter contre l'immigration clandestine, l'un des chevaux de bataille du président Trump.

nxp/afp

Le gouvernement et le mouvement indigène ont trouvé un accord dimanche soir pour sortir de la crise en Equateur.

 L'Equateur sort avec soulagement lundi d'une crise sociale sans précédent, marquée par des manifestations violentes et une paralysie de 12 jours, mais la facture, tant économique que morale, va être lourde pour le pays andin.

Des milliers d'habitants ont fêté dimanche soir dans les rues de Quito l'accord entre le mouvement indigène, fer de lance de la contestation, et le gouvernement du président Lenin Moreno, qui a accepté de retirer son décret controversé supprimant les subventions au carburant.

Mais vient désormais l'heure des comptes.

Le pays a été à l'arrêt pendant près de deux semaines, entre blocages de routes, écoles fermées, transports publics quasi inexistants et puits pétroliers d'Amazonie à l'arrêt, ce qui a suspendu la distribution de près de 70% de la production de brut.

Il a aussi été secoué par une vague de manifestations dont le bilan est lourd: sept morts, 1340 blessés et 1152 arrestations, selon le bureau du Défenseur du peuple, organisme public de défense des droits.

Rien qu'à Quito, le bâtiment de l'Inspection des finances a été incendié par des manifestants masqués, de même que les locaux de la chaîne Teleamazonas. De nombreux édifices ont subi des dommages lors des affrontements avec les forces de l'ordre.

Dimanche, avant qu'une issue à la crise ne soit trouvée, la Chambre de commerce de Quito prévenait: «le blocage de routes, les attentats contre les entreprises, l'interruption de services basiques, les dégâts contre les puits pétroliers et les stations de pompage de pétrole provoquent des pertes de plus de 200 millions de dollars par jour, ce qui affecte directement l'emploi et l'économie de tous les citoyens».

Moins de touristes

Le tourisme, troisième source de revenus de l'Equateur derrière l'exportation de bananes et de crevettes, figure parmi les secteurs touchés. En 2018, le pays a reçu 1,4 million de touristes, 11% de plus qu'en 2017, pour des recettes de 2,4 milliards de dollars.

Ces derniers jours, beaucoup de compagnies aériennes ont annulé leurs vols vers ou depuis Quito, et de nombreux hôtels ont souffert d'annulations de touristes étrangers effrayés par la situation chaotique.

«Les pertes sont d'environ cinq millions de dollars par jour», a déclaré dimanche à la télévision la ministre du Tourisme, Rosi Prado del Holguin.

L'exportation de fleurs coupées, autre grande activité de l'Equateur, a elle aussi souffert. L'association nationale de producteurs et exportateurs de fleurs, Expoflores, s'est déclarée en état d'urgence, évoquant des pertes de plus de 30 millions de dollars affectant les 300'000 familles travaillant dans ce secteur.

Les mesures annoncées début octobre par le président Moreno, en échange d'un prêt du Fonds monétaire international (FMI) de 4,2 milliards de dollars, visaient justement à redresser une économie plombée par un déficit de 1,5 milliard de dollars (près de 5% du PIB), pour une dette publique en forte hausse, à 36,2% du PIB.

La suppression des subventions au carburant devait réduire le déficit à 230 millions (sous les 1%) et permettre d'atteindre un excédent budgétaire en 2020.

Désormais, «avec l'annonce que le décret sera remplacé par un autre, cela signifie probablement que l'économie ne sera pas aussi grande qu'attendue», observe Alberto Acosta Burneo, analyste économique.

Mais «ne prendre aucune mesure n'est pas une alternative, car ce serait une grande infraction à l'accord noué avec le FMI et les fonds n'arriveraient plus».

F(r)acture morale

Plus difficile à évaluer, la facture morale d'une telle crise est pourtant réelle. De nombreux manifestants se sont par exemple dits choqués par la forte répression policière.

«Ils sont en train de nous tuer, on est en guerre!», s'inquiétait l'un d'eux samedi, visage masqué par un foulard.

«Où sont les mères de ces policiers, les fils, les frères? Ils ne leur disent pas d'arrêter de nous tuer?», criait aussi, en larmes, Nancy Quinyupani, une indigène.

Les indigènes, qui représentent un quart de la population, ont également exprimé, lors de cette crise, une rancoeur plus large, envers les classes aisées et les médias dont ils se disent absents.

Pour Pablo Romero, expert de l'Université Salesiana de Quito, au-delà de la «victoire symbolique» pour cette communauté qui a réussi à faire plier le gouvernement, il y aussi une «grande perte»: «Quito va regarder le monde indigène avec méfiance, voire avec colère ou ressentiment».

Car «la destruction de Quito, même si cela a pu être le fait de (casseurs) infiltrés, les habitants vont l'associer avec le monde indigène».

Au final, la crise «a exacerbé encore plus le racisme et le racisme de classe. Il y a une fracture qui sera très difficile à combler», regrette-t-il.

nxp/afp

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