Des manifestants face aux forces de l’ordre, le 18 mai, dans le quartier d’El Bosque, à Santiago, au Chili.

La capitale chilienne a résonné du bruit des casseroles sur lesquelles tapent les habitants pour se faire entendre. Strictement confinés depuis samedi 16 mai en raison de l’emballement des contagions, certains quartiers lancent ainsi l’alarme sur leur situation précaire et la famine qui les guette.

“C’est le retour des casseroles”, relate El Mostrador, après qu’un quartier pauvre du sud de la capitale, El Bosque, eut manifesté sa colère en frappant sur des casseroles, le 18 mai. “Les habitants exigent du gouvernement des mesures plus concrètes.”

Le concert de casseroles était devenu pour la population chilienne un moyen populaire de protester contre le gouvernement, lors des premières émeutes contre le pouvoir en octobre 2019.

Cette fois, les casseroles résonnent contre la faim et d’autres quartiers ont emboîté le pas à El Bosque. Depuis le 16 mai, ou plutôt le 15 mai au soir compte tenu du couvre-feu à 22 heures, toute l’agglomération du Grand Santiago est verrouillée. Strictement confinée face à une poussée de fièvre de la contagion par le nouveau coronavirus. Les citadins ont interdiction de sortir plus de cinq fois par semaine pour un court moment, tracé sur leur portable via une attestation à télécharger, comme en France pendant le confinement.

Le cafouillage guette

Comme d’autres pays d’Amérique latine, le Chili est rattrapé par la pandémie. Le 18 mai, 2 278 nouveaux cas étaient déclarés, et le pays compte plus de 46 000 personnes positives au coronavirus.

Mais durcir le confinement n’est pas tout, et “les gens ont faim”, écrit le journal en ligne chilien. Le gouvernement a bien prévu la distribution de 2,5 millions de colis alimentaires et de produits de première nécessité, dans le cadre de sa campagne, mais leur livraison tarde et le cafouillage guette.

Car les quartiers qui ont commencé à se soulever dans la soirée du 18 mai, dressant parfois des barricades et se heurtant aux forces de l’ordre, sont évidemment ceux dont les habitants souffrent maintenant depuis des semaines de l’absence de travail, en raison des restrictions imposées aux activités économiques.

À Valparaíso, le grand port chilien sur la côte Pacifique, le maire, cité par El Mostrador, lance l’alerte :

La situation est si grave qu’on ne peut pas écarter la possibilité que de nouvelles manifestations éclatent. Il faut relancer le sujet d’un revenu d’urgence Covid-19.”

https://www.courrierinternational.com

 

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