costa rica les eaux turquoise du rio celeste dans le parc du volcan tenorio 5f93cUne étude britannique bouscule l’idée selon laquelle il faut être riche pour être heureux. Les pays «pauvres» tiennent la tête du classement, loin devant la Suisse.

Non l’argent ne fait pas forcément le bonheur. C’est en tout cas ce que suggère l’étude d’un think tank britannique, publiée il y a quelques jours. Plusieurs pays «pauvres» figurent dans le top 10 de ce classement mondial du «bonheur durable», loin devant la Suisse qui ne se hisse qu’au 24e rang. Le Luxembourg fait figure de cancre à l’avant-dernière place, entre le Togo et le Tchad...

Le Happy Planet Index (HPI), ou indice de la planète heureuse (IPH), proposé depuis 2006 par la New Economics Foundation est un indicateur économique alternatif au Produit intérieur brut (PIB) et à l’Indice de développement humain (IDH). Leur calcul se base sur quatre critères: l’empreinte écologique, l’espérance de vie, le degré d’inégalité des revenus et le taux de satisfaction de la population. Leur idée? Prendre le pouls des efforts réalisés par 140 gouvernements pour offrir à leurs citoyens des conditions de vie favorables à un «bonheur durable». Et les résultats sont surprenants. Six pays d’Amérique latine, ainsi que trois nations asiatiques figurent dans le top 10 de ce classement, mais aucun pays occidental.

Vu sous l’angle du laboratoire d’idées britannique, la palme 2016 revient au Costa Rica. Ce petit territoire d’Amérique centrale de moins de cinq millions d’habitants érigé en modèle durant la COP 21 prend pour la troisième fois consécutive la première place du podium. Selon le HPI, ce pays est le plus écolo de la planète (99% de l’électricité utilisée provient de sources renouvelables), affiche une espérance de vie plus élevée qu’aux Etats-Unis et un taux de satisfaction de la population qui se situe dans la moyenne supérieure des pays les plus riches.

Depuis l’abolition de son armée en 1949, le Cosa Rica a réaffecté son budget de défense au financement de l’éducation, de la santé et des retraites. Résultat: l’espérance de vie a décollé (79,1 ans en 2016), le taux de mortalité a chuté et l’éducation a fait un bond en avant. Aujourd’hui, le taux d’alphabétisation du pays est proche de 100%.

Par ailleurs, relève le rapport, la culture de ce pays favorise des liens sociaux solides (familles, amis, voisins), ce qui représente un facteur de bien-être important pour les Costaricains. Mais tout n’est pas rose pour autant. Le régime fiscal non progressif en vigueur accentue l’inégalité des revenus, relève l’étude, qui estime que le pays a encore du pain sur la planche pour assurer un «bonheur durable» à ses citoyens.

Les Suisses pas écolos mais «heureux»

Le Mexique arrive sur la deuxième marche de ce podium, suivi par la Colombie. Viennent ensuite le Vanuatu en Océanie, le Vietnam, le Panama, le Nicaragua, le Bangladesh, la Thaïlande et l’Equateur qui figurent respectivement dans ce top 10. La Norvège, premier pays occidental de ce classement n’arrive qu’en 12e position. Si le pays nordique affiche de bonnes notes en matière d’inégalités salariales et d’espérance de vie, il fait un zéro pointé sur le plan écologique, comme tous les pays occidentaux.

Le taux de satisfaction des Norvégiens est en revanche de 7,7 (sur une échelle de dix), juste derrière les Suisses, qui avec une note de 7,8 se disent les plus «heureux» du monde, même si globalement, ils ne se hissent péniblement qu’à la 24e place du hit-parade derrière les Philippines, le Pérou et la Palestine... La faute à une forte empreinte écologique (5,8 hectares globaux par habitant). En 2015 déjà, les calculs effectués par l’ONG Global Footprint Network révélaient que les ressources de trois planètes Terre seraient nécessaires si le monde entier vivait comme un Helvète moyen. Quant au Luxembourg, il doit sa piètre performance à l’empreinte écologique la plus épouvantable de ce classement (15,8 hectares globaux par habitant...).

TDG

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