0be27deba2273bf39ea18f7720869a5fL'euphorie a envahi les rues du Chili lorsqu’en 1970, le calcul électoral s’est achevé et que Salvador Allende, avec peu de marge, avait obtenu le triomphe.

Les «fourberies» que la droite utilise habituellement dans les processus électoraux n'ont pas récolté les fruits qu'ils lui étaient dus car, il manquait encore le principal, c’est-à-dire le deuxième tour et le Congrès déciderait, entre les deux majorités, le vainqueur de ce concours. Des secteurs de la droite chilienne ont été mobilisés pour essayer de convaincre les parlementaires chrétiens-démocrates de voter pour leur candidat, M. Jorge Alessandri Rodríguez, âgé de 74 ans, qui fut président du Chili pendant la période de 1958 à 1964.

Le candidat de la démocratie chrétienne, M. Radomiro Tomić, troisième dans le concours électoral et célèbre pour sa phrase «Lorsque l’on gagne avec la droite, c'est la droite qui gagne» a demandé aux parlementaires de son parti, de soutenir le candidat Salvador Allende.

Entre-temps, l'aile armée de la droite, un groupe paramilitaire appelé «Patrie et Liberté», assassinat le général René Schneider, commandant en chef des Forces armées chiliennes, afin d'éviter ainsi l’imminente élection de Salvador Allende. Cependant, et malgré la grande agitation publique que l’acte terroriste de l’extrême droite avait provoquée, ils n’ont pas atteint leur objectif puisque le Congrès a majoritairement voté en faveur de Salvador Allende !

Chile golpe«Patrie et Liberté"                                                          René Schneider

L'assassinat du commandant en chef de l'armée laissait, sans aucun doute, sous-entendre, que le droit chilien était prêt à empêcher le développement normal d'un gouvernement socialiste, comme celui que Salvador Allende l'avait promis à la nation. Et ce fut ainsi; le gouvernement a été confronté à tous les pouvoirs médiatiques et économiques des États-Unis tout comme ceux de ses copains chiliens. Le terrorisme de droite s'est répandu à travers tout le pays pour donner l'impression «d'in-gouvernabilité». Malgré cela, la principale richesse chilienne, qui est le cuivre, fut nationalisée, tout comme les services de communications, de téléphones et un vaste travail social fut aussi réalisé.

On a parlé du «bruit des sabres», laissant sous-entendre que les militaires lèveraient leurs armes contre le président. Partout on verrait des slogans écrits en peinture rouge, où l'on annoncerait l’imminence d’un coup militaire … avec sa suite sanglante!

L'ambassade américaine au Chili a ouvertement participé à l’émeute et, grâce à la CIA et aux organisations de droite, elle distribuait des dollars en pleine main afin dimmobiliser les secteurs des classes moyennes chiliennes.

La monnaie n'était pas dans l'air, les militaires l’avaient déjà décidé, et même plus encore, quand Salvador Allende a nommé Augusto Pinochet comme commandant en chef des forces armées, malgré le fait qu’il avait démontré publiquement ses convictions totalitaires et l’envie de coup d'Etat. ^

La droite Le coup part, murmurait, … le coup part, … le coup revient, … nous acceptons les partisans de Salvador Allende. La conviction était totale et la défaite, … inévitable !

Le samedi 8 septembre 1973, nous nous sommes réunis à différents endroits avec de douloureux adieux. Le lundi 10 septembre, lors des réunions prolongées des différents partis politiques qui constituaient l'Unité Populaire, on annonçait aux militants que, buf,… tout était perdu !

278699aLe mardi 11 septembre, dès l’aube on entendait des décharges d'artillerie dans chaque ville. Le pays s’était réveillé dans un état de couvre-feu. Les stations de radio restaient silencieuses ou alors, elles émettaient des marches militaires qui étaient seulement interrompues par le côté militaire qui annonçait le coup d'Etat sous le commandement du lugubre Augusto Pinochet. Des soldats, des marins, des aviateurs, des policiers se mobilisaient, arrêtant, battant, torturant et assassinant des dizaines de milliers de citoyens, des hommes, des femmes, des enfants ainsi que des personnes âgées.

Quant au reste, … vous le savez déjà !

Le nombre de personnes détenues, torturées et tuées dans une population de 12 millions de personnes fut incroyable.

Le 11 septembre 1973 est une date qui ne peut être oubliée surtout lorsque la dictature d’Augusto Pinochet fut la plus féroce et la plus sanglante qu’il n’y ait jamais existé tout au long de l'histoire du Chili.

chile 20 728Quarante-quatre ans se sont écoulés depuis cette date et les survivants de la répression, non seulement ils se souviennent amèrement du passé mais ils se battent aussi pour «Ne pas oublier». Les enfants qui sont nés en tant que descendants de ceux-là, luttent aussi pour ne pas oublier les souvenirs amers que cette histoire a laissés. Les actions du pouvoir judiciaire chilien ont réussi à capturer et à juger seulement certains de ceux qui avaient commis ces crimes horribles. Certains monuments, comme le musée Memoria de Santiago et le nouveau Cuartel Silva Palma à Valparaíso, où les tortionnaires, sous les ordres d’un inspecteur des enquêtes, ont torturé et assassiné des centaines de personnes, essayent aujourd’hui de mettre en garde les nouvelles générations sur le sens du mot Coup d'Etat afin de s’assurer que cela ne se reproduise plus.

Mais, dans le futur, de qui dépendra-t-il que le «plus jamais» ne se matérialise ?

Tout le monde le sait, … nous devons faire partie de ce «Jamais plus», non seulement au Chili, mais aussi dans tous les pays où l'impérialisme, en collusion avec les secteurs les plus privilégiés de ses populations, dirige ses actions répressives afin de s’emparer de la richesse nationale.

Les secteurs politiques de droite de presque tous les pays d'Amérique, sous l'acronyme de l'OEA, ont, sous la direction du gouvernement américain, établi une forte alliance entre eux et se sont organisés pour empêcher l'émergence de gouvernements nationalistes.

Se rappeler, c’est vivre, et ce, même si nos souvenirs nous causent de la douleur car se souvenir veut également dire, … récupérer ces expériences pour construire un avenir prospère et sans cette douleur qui avait frappé les dernières générations.

Qu’en pensez-vous ?

Merci amies et amis et, … à bientôt

Rolando Gonzáles Altamirano

Traduit de l’ESP au FR par Lourdes BARROS BELTRAN

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