Devant l'ONU, la Suisse a dénoncé les attaques à l'encontre des défenseurs des libertés fondamentales dans le pays d'Amérique centrale.

 La Suisse demande au Nicaragua d'arrêter d'intimider et d'attaquer les défenseurs des droits humains, après l'assassinat récent de trois ex-manifestants.

La Suisse demande au Nicaragua d'arrêter d'intimider et d'attaquer les défenseurs des droits humains dans un pays marqué par une crise politique. Mardi à Genève, l'ONU a appelé à des «investigations urgentes» après l'assassinat récent de trois ex-manifestants.

«Graves violations des droits de l'homme»

Devant le Conseil des droits de l'homme, l'ambassadeur suisse auprès de l'ONU à Genève Valentin Zellweger a appelé le gouvernement à «mettre fin à l'action des forces de l'ordre et des groupes paramilitaires» contre les défenseurs des droits humains. Il s'est à nouveau dit inquiet des restrictions aux libertés fondamentales.

Il a également demandé aux autorités d'établir des mécanismes pour poursuivre les responsables de la répression des manifestations de 2018 contre le pouvoir. Dans un rapport publié vendredi, la Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet avait dénoncé l'impunité dont bénéficient les responsables de «graves violations des droits de l'homme» qui se poursuivent dans ce pays.

Berne continue d'appuyer les efforts du Haut-commissariat qui n'a plus accès au pays depuis l'expulsion de plusieurs collaborateurs, mais qui oeuvre depuis la région. Mardi, Mme Bachelet a annoncé devant le Conseil que son bureau avait pu corroborer plusieurs assassinats en juin et juillet dans une région proche du Honduras, mais aussi dans une ville de ce pays voisin.

Trois personnes tuées au moins avaient participé aux rassemblements de 2018 contre une réforme sociale, puis contre le président Daniel Ortega. La Haute commissaire a demandé des «sanctions» contre les responsables.

Plusieurs centaines de victimes

Plus largement, arrestations et détentions arbitraires se poursuivent, mais elles sont moins nombreuses depuis l'accord entre le gouvernement et l'opposition sur les prisonniers en mars dernier. Ce dialogue politique a toutefois été interrompu la semaine dernière par les autorités.

Depuis la libération de la quasi-totalité des manifestants en juin dernier, les plaintes pour torture sont «sporadiques». Les conditions se sont améliorées depuis que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a accès aux centres de détention en début d'année, a ajouté Mme Bachelet.

Egalement devant le Conseil, un vice-ministre du gouvernement du Nicaragua a lui dénoncé un rapport «partial» et «arbitraire» qui n'établit, selon lui, aucune preuve. Il a aussi accusé la Haute commissaire de «minimiser les actes criminels» perpétrés dans «les soi-disant manifestations pacifiques».

Au total, au moins 325 personnes sont décédées et des milliers ont été blessées dans les protestations de 2018. Plus de 700 opposants ont été détenus et des dizaines de milliers de personnes ont fui le pays, selon des ONG.

nxp/ats

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