Le gouvernement chilien a rejeté jeudi un rapport d'Amnesty l'accusant de violations généralisées des droits de l'Homme.

Le gouvernement chilien a rejeté  un rapport d'Amnesty International. L'étude de l'ONG accuse les forces de l'ordre chiliennes d'avoir commis des violations généralisées des droits de l'Homme lors des protestations antigouvernementales de ces dernières semaines.

Des manifestants ont pillé et incendié jeudi des boutiques dans un centre commercial de Santiago et de violents incidents ont aussi eu lieu à Valparaiso (centre) et à Antofagasta (nord). Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté devant le centre commercial Arauco à Quilicura. Le rassemblement a débouché sur le pillage et l'incendie de plusieurs boutiques, a déclaré le maire de Quilicura, Juan Carrasco, sur la télévision 24 Horas. Des manifestations ont aussi eu lieu sur la plaza Italia, dans le centre de la capitale. Des dizaines de manifestants encagoulés ont affronté la police, qui a utilisé gaz lacrymogène et camions lanceurs d'eau. Des pillages de commerces ont aussi eu lieu à Valparaiso et à Concepcion (sud), où les manifestants ont ensuite été dispersés par les forces de l'ordre.

«Le gouvernement rejette catégoriquement le dernier rapport d'Amnesty International qui prétend avoir identifié une politique délibérée visant à blesser les manifestants», a déclaré au cours d'une conférence de presse à Santiago la sous-secrétaire chilienne aux Droits de l'Homme, Lorena Recabarren. La police chilienne a affirmé pour sa part qu'elle n'avait pas eu «l'intention de blesser» des manifestants.

«Torture et violence sexuelle»

Dans son rapport publié jeudi, Amnesty International déclare que les forces de l'ordre ont mis en place une «politique pour punir» les manifestants au cours de la crise sociale qui secoue le Chili depuis plus d'un mois.

«L'intention des forces de l'ordre chiliennes est claire: blesser ceux qui manifestent pour décourager le mouvement de protestation, y compris en arrivant à des extrêmes, en utilisant la torture et la violence sexuelle contre les manifestants», accuse l'ONG dans des conclusions préliminaires à l'issue d'une visite au Chili.

Le gouvernement du président Sebastian Piñera a «soutenu sa politique pour punir» les contestataires, a affirmé Erika Guevara, directrice pour les Amériques d'Amnesty International. L'ONG assure qu'«il ne s'agit pas de faits isolés» et que les violations qu'elle a répertoriées «répondent à un modèle». Au cours du mouvement social qui a éclaté le 18 octobre au Chili, il y a eu 22 morts, dont cinq après l'intervention des forces de sécurité, et plus de 2000 blessés, dont plus de 200 grièvement touchés aux yeux.

nxp/ats

 

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