La victoire attribuée, le 20 octobre, tardivement et avec surprise à Evo Morales avait suscitée des soupçons de fraude.
 

Un rapport d'experts de l'Organisation des États américains (OEA) a conclu mercredi à une «manipulation délibérée» de l'élection présidentielle du 20 octobre en Bolivie, où le président Evo Morales a depuis été poussé à la démission.

Les experts de l'OEA avancent dans leur rapport final que la marge avec laquelle M. Morales s'est imposé au premier tour est «minime par rapport au volume des manipulations et altérations détectées».

«Compte tenu des preuves accablantes recueillies, il est possible d'affirmer l'existence d'une série d'opérations délibérées destinées à altérer la volonté exprimée dans les urnes», estiment-ils.

Un rapport d'experts de l'Organisation des États américains (OEA) a conclu mercredi à une «manipulation délibérée» de l'élection présidentielle du 20 octobre en Bolivie.

Après de premiers chiffres partiels le soir du vote, qui laissaient entrevoir un second tour inédit, de nouveaux résultats, diffusés plus de 20 heures après, avaient pratiquement donné la victoire à Evo Morales, suscitant des soupçons de fraude de la part de l'opposition et des observateurs internationaux.

Morales dénonce un «coup d'État»

Cinq jours plus tard, le Tribunal suprême électoral annonçait la victoire du président sortant avec 47,08% des votes, un écart de plus de dix points lui permettant de l'emporter dès le premier tour. Les observateurs de l'OEA avaient fait part dès le lendemain du scrutin de leur «inquiétude» et de leur «surprise» face au revirement inexpliqué du résultat.

L'organisation, qui rassemble 35 pays d'Amérique du Nord, d'Amérique du Sud et des Caraïbes, avait annoncé le 30 octobre le lancement d'un audit intégral de l'élection. Le résultat controversé de la présidentielle bolivienne a provoqué de violentes manifestations dans le pays, qui ont fait au total 33 morts et des centaines de blessés. Sous la pression de la rue, Evo Morales, lâché par l'armée et la police, a démissionné le 10 novembre. Le premier président indigène de la Bolivie, réfugié depuis au Mexique, dénonce un «coup d'État».

 afp/nxp

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