L’ancien président Evo Morales le répète à l’envi dans les médias: le coup d’Etat qui l’a délogé du pouvoir en octobre dernier serait motivé en grande partie par le contrôle du lithium, dont la Bolivie possède plus de la moitié des réserves mondiales.

«Nous avons commencé l’extraction industrielle du lithium en tant qu’Etat (…). En tant que petit pays de 10 millions d’habitants, d’ici peu nous allions définir son prix», a-t-il aussi déclaré fin décembre à l’AFP.

La volonté de M. Morales de contrôler les ressources en matières premières du pays, notamment en les transformant sur place grâce à l’industrialisation et au transfert de technologie, heurtait selon lui de front les intérêts des multinationales et des grandes puissances, Etats-Unis en tête. Pour parvenir à ses objectifs, en août 2019, le gouvernement bolivien avait signé un partenariat avec le consortium chinois Xinjuang TBES Group  Le deal comprenait la construction d’une usine de batteries lithium-ion en Chine, avec la participation de l’entreprise d’Etat bolivienne Yacimientos de litio bolivianos.

Six mois auparavant, un autre accord avait été conclu avec l’allemand ACI Systems, créant ainsi la première entreprise mixte du pays dans le secteur, YLB-Acisa. Ce partenariat ouvrait potentiellement le marché européen au lithium bolivien, avec pour objectif de fabriquer des batteries de voitures sur place et de les envoyer en Allemagne d’ici à 2023 ou 2024. Mais ce dernier contrat a été annulé par l’exécutif bolivien le 3 novembre dernier – sans raison officielle mais apparemment en lien avec des protestations locales dans la région de Potosi, qui réclamait une part plus élevée de royalties. Sept jours plus tard, Evo Morales démissionnait, sur «suggestion» de l’armée et de la police, après de fortes mobilisations accusant le gouvernement de fraudes électorales.

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