Selon un rapport d'ONU Environnement, il est impossible de limiter le réchauffement à 1,5 degrés avec les engagements actuels.

 Le réchauffement climatique atteindra 3,2°C d'ici 2100 si les Etats s'en tiennent à leurs engagements actuels. Dans un rapport publié mardi à Genève, ONU Environnement estime que les émissions de gaz à effet de serre devront être réduites de 7,6% par an jusqu'en 2030.

Cet effort doit permettre de limiter à 1,5°C le réchauffement. «C'est possible, mais il faudra une volonté politique» et un engagement du secteur privé, a affirmé devant la presse la directrice exécutive d'ONU Environnement Inger Andersen, à quelques jours de la COP25. «Nous avons tous une responsabilité», dit-elle.

La «croissance économique»

Les améliorations à atteindre sont cinq fois plus importantes que le dispositif décidé par les différents pays, précise son institution dans son rapport annuel sur l'écart des émissions à réduire pour atteindre cette augmentation moins importante. Et trois fois pour une augmentation de 2°C.

Une action dès 2010 aurait permis de limiter les réductions à atteindre par an d'ici 2030 à 3,2%, déplore Inger Andersen.

L'augmentation de l'écart vient «de la croissance économique», notamment dans les pays en développement, a expliqué de son côté le principal responsable du rapport, soulignant que les pays développés ne stabilisent «pas vraiment» leurs émissions.

Une conférence de suivi sur l'accord de Paris est attendue à la fin 2020. Les Etats doivent alors étendre leurs engagements de manière significative, selon l'ONU.

Energie et transports

Mais ils «ne peuvent simplement pas attendre jusque-là» pour oeuvrer davantage, explique la directrice exécutive d'ONU Environnement. Inger Andersen souhaite un «changement» pour sortir des attitudes qui provoquent des émissions de gaz à effet de serre élevées dans l'énergie ou les transports. Elle appelle les gouvernements à s'activer immédiatement avec chaque région, ville, entreprise et citoyen. Les technologies existent, mais elles ne sont pas suffisamment exploitées.

L'énergie est la branche la plus prometteuse, selon le responsable du rapport. Des investisseurs gagnent de l'argent avec les technologies renouvelables, insiste-t-elle. Le coût de la plupart de celles-ci a largement diminué en près de 20 ans, relève également le rapport d'ONU Environnement.

Si des avancées rapides ne sont pas obtenues, l'objectif de limiter à 1,5°C le réchauffement d'ici à 2100 sera déjà impossible à honorer avant même 2030. Les Etats du G20 rassemblent plus de trois quarts des émissions, mais seuls cinq d'entre eux se sont engagés à long terme à les neutraliser parmi une soixantaine de pays qui ont pris cette résolution.

Sans eux, «l'impact probable sur l'écart d'émissions sera limité», estime le rapport. Parmi les Etats du G20, les Etats-Unis restent en dehors de l'accord de Paris. «Nous devons accepter» cette politique, mais des centaines de villes restent actives, dit encore Inger Andersen.

Record d'émissions de CO2 en 2018

A court terme, les pays développés doivent mener un effort plus important que les pays en développement pour des raisons d'équité, relève ONU Environnement. Mais les seconds peuvent aussi s'adapter à des technologies vertes plus rapidement, selon elle.

Et en 2018, les émissions ont atteint un nouveau record, notamment en raison de la déforestation, à près de 56 gigatonnes d'équivalents CO2. Pour limiter le réchauffement à 2°C d'ici à 2100, elles devraient être en 2030 de 15 gigatonnes inférieures aux engagements actuels des Etats, soit un recul de près de 3% par an. Pour 1,5°C, la baisse devrait s'établir à 32 gigatonnes.

Le rapport relève la prise de conscience grandissante des bienfaits d'une action pour le climat, comme les Objectifs de développement durable (ODD) ou la lutte contre la pollution. D'importants efforts sont menés par les investisseurs, différentes collectivités, notamment les Etats et les villes, ou encore les entreprises.

Triste exploit pour la planète en 2018

Réchauffement climatique : de nouveaux modèles prévoient jusqu’à + 7°C en 2100 !

Les gaz à effet de serre à l'origine du réchauffement de la planète ont franchi de nouveaux records de concentration en 2018, s'est alarmée lundi l'ONU.

 Le rapport de l'organisation internationale rend compte non pas des quantités de GES qui sont libérées dans l'atmosphère mais de celles qui y restent.

Lundi à Genève, l'ONU a tiré la sonnette d'alarme, avec la révélation de nouveaux records de concentration en 2018 des principaux gaz à effet de serre (GES).

Ce cri d'alarme est lancé à quelques jours de la réunion annuelle de l'ONU sur la lutte contre le changement climatique, la COP25, qui se tiendra du 2 au 13 décembre à Madrid.

«Il n'y a aucun signe de ralentissement et encore moins de diminution de la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère malgré tous les engagements pris au titre de l'accord de Paris sur le climat», a pointé le secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), Petteri Taalas, à l'occasion de la publication du bulletin annuel de l'OMM sur les concentrations de GES.

Le rapport de l'organisation internationale rend compte non pas des quantités de GES qui sont libérées dans l'atmosphère mais de celles qui y restent. Image d'illustration (Photo: DR)

Ce rapport rend compte non pas des quantités de GES qui sont libérées dans l'atmosphère, mais de celles qui y restent, sachant que les océans absorbent environ le quart des émissions totales, tout comme la biosphère, dont font partie les forêts.

147% de plus de CO2 qu'en 1750

D'après les scientifiques, le dioxyde de carbone (CO2), qui est associé aux activités humaines et constitue le principal gaz à effet de serre persistant dans l'atmosphère, a battu un nouveau record de concentration en 2018, à 407,8 parties par million (ppm), soit 147% de plus que le niveau préindustriel de 1750.

«Il convient de rappeler que la dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c'était il y a 3 à 5 millions d'années: la température était de 2 à 3 degrés Celsius plus élevée qu'aujourd'hui et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres au niveau actuel», a souligné Petteri Taalas, dans un communiqué.

L'inquiétude de l'OMM est d'autant plus forte que l'augmentation annuelle de la concentration de CO2, qui persiste pendant des siècles dans l'atmosphère et encore plus longtemps dans les océans, a été supérieure au taux d'accroissement moyen des dix dernières années.

D'après les observations des chercheurs, les concentrations de méthane (CH4), qui figure au deuxième rang des plus importants gaz à effet de serre persistants, et de protoxyde d'azote (N2O) ont également augmenté plus fortement que la moyenne annuelle de la dernière décennie.

Pic aussi atteint pour le méthane

Le méthane, dont 60% des émissions sont d'origine humaine (élevage de bétail, riziculture, exploitation des combustibles fossiles, décharges), et le protoxyde d'azote, dont 40% des émissions sont d'origine humaine (engrais, processus industriels...), ont aussi atteint des pics de concentration.

Le protoxyde d'azote joue par ailleurs un rôle important dans la destruction de la couche d'ozone stratosphérique, qui nous protège des rayons ultraviolets nocifs émis par le soleil.

Face à l'urgence climatique, les pays se sont engagés à Paris en 2015 à appliquer des plans de réduction d'émissions de gaz à effet de serre, mais les émissions mondiales ne cessent d'augmenter.

Petteri Taalas a appelé lundi les pays à traduire leurs «engagements en actes et revoir à la hausse [leurs] ambitions dans l'intérêt de l'humanité».

Cet appel intervient alors que les États-Unis ont officialisé au début de novembre leur sortie de l'accord de Paris. Mais les États-Unis ne sont pas les seuls gros émetteurs de GES.

Les quatre plus importants émetteurs de GES - Chine, États-Unis, Union Européenne et Inde - représentent 56% des émissions mondiales. Seule l'UE (9% du total) est en voie de remplir, et même dépasser, ses objectifs, selon une récente étude de l'ONG américaine fondation écologique universelle (FEU-US).

nxp/afp

 

 

 

 Alléluia, alléluia... Bon, on se calme un peu quand même. Et pourtant, jamais il me vint une seule fois à l'esprit de prononcer chose pareille.

Je me suis remué la tête et mis à part le clac clac habituel de la remise en place du puzzle de ma cervelle, rien d'autre de spécial ne bruissa. Pas même, je ne sais pas moi, un jet de lumière par mes narines, un de ces trucs divins jaunes pisseux qu'on admire sur des tableaux, n'éclaira mes pieds.

 Mais entendez ceci, l'étrange parole d'un voyageur lointain.

 Dieu, enfin cet être ou ce non être, omniscient, détenteur de chaque vérité est bien là.  Omnipotent et père de toutes décisions, ce créateur d'un monde ordonné et sans surprise se promène, plongé dans ses pensées entre ses murailles célestes. Ce tisseur des fils de soie du hasard prévu, nous regarde vivre comme des petites fourmis.

 Et dans ses églises, belles ou misérables, nous chantons avec ferveur ses louanges. Et nous chantons aussi les uns sur les autres et démasquons ainsi le traite, le faux croyant. Ce mouton noir blasphémateur qui déshonore notre petit quartier.

 Car, voyez-vous cela, nous sommes petites fourmis qui besognons pour son grand oeuvre. Sans nous plaindre mais en le remerciant chaque matin, chaque midi, chaque soir. D'ailleurs nous avons une ligne directe avec lui dans notre joli téléphone portable.

 Oh, soyons modeste, ce n'est pas avec lui directement, notre dieu est intouchable, il est comme un soleil incandescent. Notre dieu est injoignable, il est comme le vent, ici ou là, partout sans être nulle part et nulle part en étant partout, insaisissable. Non, nous nous adressons à son fils, l'élu.

 L'élu qui est l'incarnation terrestre de notre Dieu. L'élu qui connait tous les rouages de la haute pensée divine. L'élu et lui seul, sait traduire en mots simples, les merveilleuses voies tracées pour notre bonheur et notre prospérité. 

 Car il sait de sa science infuse ce qui est bon pour nous. De sa sagesse légendaire rien ne peut être gâté. Nos enfants sont ses enfants car nous sommes ses enfants. Chaque vie mélangée à toutes les autres ne forme qu'un en offrande à notre Dieu. Et nous allons tous d'un même pas vers un avenir radieux.

 Et nous sommes ses fourmis vaillantes, dures à la tâche, sans plainte ni relâche, son armée invincible. Notre foi est indestructible, forgée dans l'acier le plus pur comme notre sabre, notre deuxième homme endormi dans chacune de nos maisons. Et que nos ennemis, mécréants impurs et souillés, jamais, oh grand jamais, ne le réveillent. 

 Et puis, parfois en bon fils bienveillant il exauce une de nos prière d'avant de dormir, car il entend tout. Et il sait reconnaitre son bon disciple méritant. Sous forme d'une télévision grand écran, 8K, qui arrive un matin, mystérieusement, à bord d'un beau camion rouge. Une belle télé avec un joli boitier qui nous permet de voir ce que lui regarde et c'est tellement instructif et passionnant. Pas de temps perdu ni de chamailleries familiales, nous savons toujours quoi regarder et en toute harmonie.

 Parfois même, grâce suprême, il nous fait remettre une jolie médaille dorée, la fierté infinie, le graal tellement convoité, l'immense honneur qui rejaillit dans nos coeurs comme un doux nectar enivrant.

 Nous traversons notre vie toute tracée sans jamais dépasser les clous. Car il nous voit, ses yeux sont partout. Il est comme un aigle majestueux qui plane sans relâche sur notre ville. Ainsi il nous protège des mauvaises personnes, des voleurs, des méchants et même de ceux qui ont l'audace ridicule de ne point croire en lui. Et ses yeux se multiplient à l'infini comme les ailes immenses d'un ange protecteur et lumineux.

 Mais gare à celui qui s'égare, son courroux est formidable, implacables sont ses sentences. Alors, déchéance qui rejaillit sur toute la famille, il nous retire de son paradis pour l'enfer de ses geôles. 

 Et maintenant notre Dieu va survoler le monde et le conquérir, soit cerf-volant gracile, soit dragon destructeur. 

 Oui, Dieu existe mais un seul peuple, le mien, pour l'instant, le prie. Le peuple chinois. Le parti communiste est mon Dieu, Xi Jinping, son élu.

 Jean-Yves Le Garrec

 

 

 

Alors que deux occupations ont déjà cours depuis lundi, les militants écologiques ont investi un autre axe majeure de la capitale française jeudi.

 «Pour la vie, on prend Rivoli», scandent les manifestants.

Les militants du mouvement écologiste Extinction Rebellion (XR), qui occupent depuis lundi un pont et une place du centre de Paris, bloquaient jeudi la rue de Rivoli, une des principales artères de la capitale, ont constaté des journalistes de l'AFP.

«Nous sommes les défenses de l'éléphant»

«Pour la vie, on prend Rivoli», scandent les quelques dizaines de manifestants qui se sont installés sur la chaussée à plusieurs points d'accès de cet axe majeur de la capitale désormais privé de voitures sur une partie de sa longueur.

«Libérez les cyclistes enfermés dans des voitures» ou «Nous sommes les défenses de l'éléphant», chantent des participants qui ont placé des squelettes en plastique sur un passage piéton pour barrer symboliquement le passage.

Deux autres occupations depuis lundi

Quelques centaines d'entre eux occupent déjà depuis lundi la place du Châtelet et le pont au Change sur la Seine, noeud central de la capitale, pour réclamer davantage d'action contre le réchauffement climatique.

Tout jeune mouvement né il y a un an au Royaume-Uni, XR se mobilise toute cette semaine dans 60 villes du monde.

Médaillé paralympique, il grimpe sur un avion

Des militants du mouvement écologiste Extinction Rebellion tentent de paralyser l'aéroport de London City.

La police a indiqué avoir arrêté plusieurs personnes à l'extérieur de l'aéroport de London City et l'un dans un avion sur la piste.

«Cibler un aéroport et gêner les voyageurs de cette manière est totalement inacceptable et irresponsable. (...) Les personnes qui enfreignent la loi sont et continueront d'être arrêtées et poursuivies le cas échéant», a indiqué dans un communiqué la police.

Un des militants a protesté à bord d'un avion pour Dublin dans lequel il avait embarqué, une action filmée et relayée sur les réseaux sociaux et qui a retardé le départ de ce vol. La compagnie Aer Lingus a confirmé qu'un passager de ce vol «avait été évacué de l'avion après avoir eu un comportement perturbateur à bord» et que le vol était finalement parti un peu plus tard que prévu.

Un autre homme, médaillé paralympique, a escaladé sur le toit d'un avion de la compagnie British Airways. James Brown a été la première personne à embarquer en tant que malvoyant, raconte metro.co.uk. Il en a profité pour grimper sur le toit de l'appareil.

L'aéroport de London City avait appelé les voyageurs à vérifier l'état de leur vol avant de se rendre à l'aéroport et prévenu qu'ils devraient présenter leurs cartes d'embarquement avant d'entrer dans l'aéroport en raison du risque de manifestations.

«Notre fragile planète est en train de mourir»

Jeudi matin des militants se sont assis aux abords de l'aéroport, chantant ou scandant des slogans, tandis que d'autres se sont collés les mains au sol.

«L'objectif est de mettre en évidence à quel point les personnes qui prennent l'avion fréquemment et ceux qui prennent des vols d'affaires nuisent à la planète», a expliqué à l'AFP l'une des militantes, Catherine, 56 ans. «Nous constatons qu'au fil des ans, nous avons manifesté, signé des pétitions, écrit des lettres et que rien n'a changé. Donc, nous avons vraiment le sentiment maintenant que nous devons faire quelque chose de différent», a-t-elle ajouté.

Deux militants sont montés sur le toit de l'entrée de l'aéroport, où a été accrochée une banderole rose proclamant «Notre fragile planète est en train de mourir».

Les activistes d'Extinction Rebellion jugent incompatible l'extension de cet aéroport avec la crise climatique et «l'urgence écologique» déclarée par le Parlement, ainsi que les engagements du gouvernement d'atteindre en 2050 un bilan carbone neutre. Au Royaume-Uni comme dans d'autres pays, Extinction Rebellion demande que cet objectif soit avancé à 2025.

«J'ai décidé de venir les rejoindre parce je pense que leur cause est juste, (...) les gens prennent l'avion et le coût pour la planète est inimaginable», a déclaré à l'AFP Steve Phillips, un chef d'entreprise à la retraite âgé de 66 ans.

Plus de 800 personnes arrêtées

Des cinq aéroports de la capitale britannique, London City, qui compte une piste, est le plus proche du centre-ville. Il a vu passer 4,8 millions de passagers en 2018.

Parallèlement à cette action, des militants ont occupé une station de la ligne Docklands Light Railway tandis que d'autres protestaient dans le centre de Londres, à Trafalgar squaare, vêtus de costumes rouges et le visage maquillé en blanc.

La police londonienne a annoncé jeudi matin avoir arrêté au total 842 personnes ces derniers jours en lien avec la mobilisation d'Extinction Rebellion à Londres, dont 29 poursuivis pour différents délits.

nxp/afp

Le prestigieux prix Nobel de physique a été attribué ce mardi matin par l'Académie royale des sciences de Suède au Canado-Américain James Peebles et aux Suisses Michel Mayor et Didier Queloz pour leurs contributions à notre compréhension de l'univers.

Le premier de ces trois physiciens est récompensé pour ses découvertes théoriques en cosmologie physique et les deux autres, de l'université de Lausanne, pour la découverte d'une exoplanète en orbite autour d'une étoile de type solaire.

Les trois chercheurs, astrophysiciens et astronomes, ont contribué à «une nouvelle compréhension de la structure et de l'histoire de l'univers». «Leurs travaux ont changé à jamais nos conceptions du monde», a déclaré l'académie.

James Peebles s'est intéressé au cosmos, avec ses milliards de galaxies et ses groupes de galaxies. Son cadre théorique, développé durant deux décennies, plonge à la genèse de l'univers, du Big Bang à nos jours.

Michel Mayor et Didier Queloz ont exploré notre galaxie, la Voie lactée, à la recherche de mondes inconnus. En 1995, ils ont fait la première découverte d'une planète en dehors de notre système solaire : une exoplanète orbitant autour d'une étoile de type solaire, 51 Pegasi b.

Du Big Bang aux exoplanètes: le Nobel de physique à deux Suisses et un Canado-Américain

James Peebles

STOCKHOLM — Le Nobel de physique a distingué mardi trois cosmologues, le Canado-Américain James Peebles, qui a mis ses pas dans ceux d’Einstein pour éclairer les origines de l’univers, et les Suisses Michel Mayor et Didier Queloz qui, les premiers, ont révélé l’existence d’une planète en dehors du système solaire.

Le prix va pour moitié à James Peebles pour ses «découvertes théoriques en cosmologie physique» et pour l’autre moitié conjointement à Michel Mayor et Didier Queloz pour leur «découverte d’une exoplanète en orbite autour d’une étoile de type solaire», a annoncé Göran Hansson, secrétaire général de l’Académie royale des sciences de Suède.

Les trois chercheurs, astrophysiciens et astronomes, ont contribué à «une nouvelle compréhension de la structure et de l’histoire de l’univers». «Leurs travaux ont changé à jamais nos conceptions du monde», a ajouté l’académie.

Les travaux de James Peebles nous ramènent à «l’enfance de l’univers», à travers l’observation des rayons lumineux apparus 400.000 ans après le Big Bang - survenu lui il y a 14 milliards d’années - et qui ont voyagé jusqu’à nous comme pour nous en porter témoignage.

«Ses travaux nous ont révélé un univers dont seulement 5% du contenu est connu : la matière composant les étoiles, les planètes, les arbres - et nous. Le reste, soit 95%, est de la matière noire inconnue et de l’énergie noire. C’est un mystère et un défi pour la physique moderne», souligne l’académie.

 Le cosmologue Didier Queloz, à l'Université Cambridge, en Angleterre, mardi, après l'annonce des lauréats du prix Nobel de physique.  AP/Cambridge University

Un prix «extraordinaire»

Michel Mayor, professeur à l’Observatoire de la Faculté des sciences de l’Université de Genève, et son doctorant Didier Queloz ont exploré notre galaxie, la Voie lactée, à la recherche de mondes inconnus. En 1995, ils ont fait la première découverte d’une planète en dehors de notre système solaire: une exoplanète orbitant autour d’une étoile de type solaire, 51 Pegasi b.

«Personne ne savait si les exoplanètes existaient ou non», se souvient M. Mayor dans un communiqué publié par l’Université de Genève. «Des astronomes prestigieux les cherchaient depuis des années... en vain!»

Depuis, la quête d’une planète qui présenterait des caractéristiques similaires à la Terre, donc favorables à la vie, se poursuit.

Mais sur les milliers d’exoplanètes confirmées aujourd’hui, seule une poignée d’entre elles sont dans la zone habitable de leur planète, c’est-à-dire ni trop près ni trop loin de sa source de chaleur, mais juste là où la température permet à l’eau d’exister à l’état liquide et où la vie, telle qu’on la connaît, pourrait se développer. Une température assez similaire à celle de la Terre.

Ils recevront leur prix des mains du roi de Suède, Carl XVI Gustaf, lors d’une fastueuse cérémonie à Stockholm le 10 décembre, date-anniversaire de la mort d’Alfred Nobel, inventeur de la dynamite et créateur des prix.

Le Nobel de physique avait récompensé l’an dernier un trio de chercheurs dont les études sur les lasers ont produit des instruments de haute précision utilisés dans l’industrie et la médecine.

Explorateurs de l’infiniment petit et des confins célestes, l’Américain Arthur Ashkin, doyen des lauréats Nobel à 96 ans, le Français Gérard Mourou et la Canadienne Donna Strickland ont mis au point des faisceaux capables de capter des cellules, de réparer un oeil ou, à terme, de désintégrer des déchets spatiaux.

Après Marie Curie (1903) et la Germano-Américaine Maria Goeppert-Mayer (1963), Donna Strickland était la troisième femme seulement a être honorée par le prix Nobel de physique depuis 1901.

 

Le cosmologue Michel Mayor et sa femme Françoise à l'aéroport Barajas, à Madrid, en Espagne, mardi. AP, Manu Fernandez

Domination américaine

Lundi, le prix de médecine avait confirmé l’écrasante domination des Américains dans le palmarès Nobel des disciplines scientifiques en primant William Kaelin et Gregg Semenza, ainsi que le Britannique Peter Ratcliffe, auteurs de découvertes sur l’adaptation des cellules au manque d’oxygène qui ouvrent des perspectives prometteuses dans le traitement du cancer et de l’anémie.

Suivront mercredi le prix de chimie et la littérature jeudi qui doit voir sacré deux lauréats, l’un pour 2018, l’autre pour 2019, après que l’Académie suédoise qui le décerne en a reporté l’attribution l’an dernier en raison d’un scandale d’agression sexuelle.

Le prix d’économie à la mémoire d’Alfred Nobel, créé en 1968 par la Banque de Suède à l’occasion de son tricentenaire, clora la saison des récompenses décernées par des institutions suédoises.

Entre-temps à Oslo, vendredi 11 octobre, sera remis le prestigieux prix de la paix par le comité Nobel norvégien.

Les lauréats reçoivent un chèque de 9 millions de couronnes (1,2 million $CAN), à se partager le cas échéant entre récipiendaires d’un même prix, ainsi qu’une médaille et un diplôme.

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JAMES PEEBLES

James Peebles, le scientifique canadien qui a remporté le prix Nobel de physique mardi, passera la journée sous les projecteurs des médias, mais il espère que la soirée se terminera comme les autres, par «un souper tranquille» avec sa femme.

Né dans le quartier Saint-Boniface à Winnipeg, M. Peebles est professeur de physique à l’Université Princeton, dans le New Jersey. En entrevue avec La Presse canadienne, mardi, il a affirmé qu’il se préparait à faire face à «l’aura du prix Nobel».

«Je suis habitué à une vie tranquille, comprenez-vous. Tout à coup, ce n’est pas calme», a déclaré l’homme de 84 ans.

«Le personnel, les étudiants et la faculté se réuniront bientôt pour me porter un toast. Et cet après-midi, il y aura une conférence de presse et une fête (...) J’espère ensuite rentrer chez moi et souper tranquillement avec ma femme.»

Connu pour sa modestie et sa concentration sur son travail, M. Peebles a noté qu’il était à la retraite depuis 20 ans, mais qu’il continuait à faire de la recherche et à enseigner à un rythme «détendu» parce qu’il y prend plaisir.

«La vie continuera, a-t-il dit. J’étais sur le point de dire «inchangée». Je suppose que l’aura du prix Nobel est telle que ma vie va changer, mais je ne pense pas que je vais la laisser changer beaucoup.»

Le comité Nobel a expliqué qu’il avait honoré M. Peebles parce que ses travaux sont à la base de nos idées contemporaines sur l’Univers, du Big Bang à nos jours.

«Le champ a explosé, a expliqué M. Peebles. C’est simplement une extension remarquable d’une science naturelle bien testée. Une extension remarquable, donc elle devrait être reconnue. Et j’y travaille depuis plus longtemps que quiconque.»

Il a affirmé lors d’une conférence de presse que si les récompenses et les prix sont «très appréciés», ce n’est pas pour cette raison que les jeunes devraient étudier les sciences.

«Vous devriez y aller pour l’amour de la science, a-t-il dit. Vous devriez étudier la science parce que cela vous fascine. C’est ce que j’ai fait.»

Un héros méconnu

Neil Turok, qui a travaillé avec M. Peebles à Princeton et est actuellement directeur du Centre pour l’Universe de l’Institut Perimeter à Waterloo, en Ontario, a décrit son ancien collègue comme un héros méconnu du domaine, célèbre dans le monde de la cosmologie mais rarement reconnu en dehors de celui-ci.

«Normalement, je voudrais féliciter quelqu’un d’avoir remporté le prix Nobel - et bien sûr, je le fais dans ce cas-ci -, mais aujourd’hui, j’aimerais davantage féliciter le prix Nobel, a déclaré M. Turok. Jim est l’une des personnes les plus modestes du secteur. Ses contributions sont souvent négligées. Les experts savent qu’on ne pourrait pas se passer de lui.»

M. Turok a précisé que M. Peebles avait créé la cosmologie physique, en décrivant la composition chimique de l’Univers à ses débuts et en expliquant plus tard la manière dont les galaxies se forment.

M. Peebles a fait ses études de premier cycle à l’Université du Manitoba avant de s’installer à Princeton pour ses études supérieures.

Il a reçu des doctorats honorifiques de plusieurs universités canadiennes, notamment de l’Université de Toronto, de l’Université McMaster et, plus récemment, de l’Université de la Colombie-Britannique. Il est également membre de la Société royale du Canada et de l’Ordre du Manitoba.

M. Peebles, qui a la double nationalité canadienne et américaine, est l’auteur ou le coauteur de cinq livres, notamment «Physical Cosmology» et «Finding the Big Bang». Il a annoncé la publication l’année prochaine d’un sixième livre qui retracera l’histoire de la cosmologie, d’Albert Einstein à nos jours.

M. Peebles est le deuxième Canadien consécutif à remporter le prix de physique. Donna Strickland, de l’Université de Waterloo, a été honorée en 2018 pour sa «méthode de génération d’impulsions optiques ultra-courtes et de haute intensité».

Agence France-Presse

 

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