Le directeur de la branche européenne de l'Organisation mondiale de la santé s'est réjouit, ce jeudi, du ralentissement de la propagation du coronavirus en Italie.
 

La situation sanitaire reste dramatique en Europe, où la barre des 4000 décès a été franchie jeudi en Espagne et où les hôpitaux de Londres font face à un «tsunami» de malades, encomais l'OMS voit malgré tout des «signes urageants» de ralentissement de la propagation du nouveau coronavirus sur le continent.

  Face à une crise mondiale jamais vue, un sommet par visioconférence, jeudi, des dirigeants des 20 pays les plus industrialisés de la planète tentera d'apporter une réponse coordonnée à la pandémie qui, selon l'ONU, «menace l'humanité entière», malgré des mesures de confinement sans précédent affectant plus de 3 milliards de personnes.

Le Parlement européen consacre aussi une session spéciale à des mesures d'urgence face au coronavirus.

«Tsunami de malades»

À Londres, les hôpitaux publics sont confrontés à un «tsunami continu» de malades graves accompagné d'une proportion «sans précédent» de personnel souffrant, a annoncé jeudi un responsable du système de santé publique britannique.

Le Covid-19, apparu en Chine en décembre et qui a tué environ 20'600 personnes, «menace l'humanité entière», a averti le patron de l'ONU.

Avec les deux tiers des décès, l'Europe paie à ce stade le plus lourd tribut. Plus de 250'000 cas de nouveau coronavirus y ont été officiellement diagnostiqués en Europe, dont plus de la moitié en Italie (74'386) et en Espagne (56'188), selon un comptage réalisé par l'AFP jeudi à 12 h 00 GMT (13 h 00 en Suisse).

«Bien que la situation reste très préoccupante, nous commençons à voir des signes encourageants», a néanmoins déclaré jeudi le patron de la branche Europe de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Hans Kluge.

L'augmentation du nombre de cas en Italie, pays le plus durement touché au monde, avec plus de 7500 décès, semble ralentir «mais il est encore trop tôt pour dire que la pandémie a atteint son apogée dans ce pays», a-t-il ajouté.

«Pire qu'une guerre»

L'Espagne, devenu la veille le deuxième pays le plus touché au monde devant la Chine, en nombre de morts, a franchi jeudi la barre des 4000 décès.

À Vertova, un petit village du nord de l'Italie, le virus a fait plus de morts que la Seconde Guerre mondiale. «C'est absurde de voir qu'en 2020 il puisse y avoir une pandémie de ce genre, pire qu'une guerre», se désole le maire, Orlando Gualdi. «Malheureusement, il n'y a ni masques ni désinfectant dans le village», raconte Augusta Magni, une habitante de 63 ans.

L'économie plonge

Conséquence des mesures de confinement uniques touchant désormais plus d'un tiers de l'humanité: le monde est à l'arrêt et l'économie plonge.

Les experts s'attendent à une explosion des demandes d'allocations de chômage aux États-Unis, dont les chiffres hebdomadaires sont attendus à 12 h 30 GMT (13 h 30 en Suisse).

En France, l'Institut national de la statistique estime à 35% la perte d'activité économique due aux mesures de confinement.

Pour imaginer la parade, le G20, qui représente près de deux tiers de la population mondiale et trois quarts du PIB planétaire, va préparer «une réponse globale et coordonnée à la pandémie du Covid-19 et à ses implications humaines et économiques», a promis l'Arabie saoudite, qui assure la présidence tournante de l'institution.

Cette réunion en urgence intervient au lendemain de l'adoption par le Sénat américain d'un plan de soutien à l'économie américaine de 2000 milliards de dollars (environ 1940 milliards de francs) aux États-Unis, et de l'adoption en Allemagne d'un arsenal de mesures de 1100 milliards d'euros (environ 1170 milliards de francs).

Marchés en baisse

Après deux séances de gains, la Bourse de Tokyo a lourdement rechuté jeudi, sur fond de crainte d'une flambée de l'épidémie dans la capitale japonaise, dont les habitants sont invités à éviter les déplacements ce week-end, mais pas confinés.

Londres, Francfort et Paris, qui avaient repris espoir ces deux derniers jours, ont également ouvert en baisse, effrayés par la propagation de l'épidémie, en particulier aux États-Unis, première économie de la planète.

C'est là qu'elle progresse le plus rapidement, avec près de 68'572 cas de Covid-19 confirmés et plus de 1000 morts, selon un décompte de l'Université Johns Hopkins.

«Pénuries»

L'Afrique, mal armée pour faire face à une crise sanitaire de grande ampleur, suscite également de grandes inquiétudes avec l'apparition de premiers cas au Mali ou en Libye, des pays en guerre.

Le président américain Donald Trump ne dissimule pas son impatience de revenir à la normale, d'ici à Pâques, espère-t-il, pour éviter une longue récession.

Un scénario qui se précise en Chine, où l'épidémie semble endiguée.

Les restrictions drastiques imposées depuis des mois dans la province centrale du Hubei, berceau de la pandémie, ont été levées - sauf dans la capitale régionale, Wuhan - provoquant embouteillages sur les routes et ruées sur les trains et les autocars.

Mais la peur n'a pas disparu et le retour à la normale est encore loin, comme à Huanggang, une des villes les plus touchées par l'épidémie, où l'activité tourne encore au ralenti. Dans les rues, de nombreux avertissements rappellent que l'épidémie n'est pas finie. «Se rassembler pour jouer aux cartes est un suicide», prévient ainsi une banderole.

«Même si beaucoup de choses sont rouvertes, on doit encore faire attention», explique, masque sur le visage, Chen Wenjun, pharmacienne de 22 ans, en compagnie de deux amis.

Retrait des troupes d'Irak

La France, qui recense plus de 1300 morts, se prépare à un «effort long». Elle a retiré ses troupes d'Irak et mis ses militaires sur le pied de guerre pour répondre à cette urgence sanitaire.

Deuxième pays le plus peuplé du monde, l'Inde (officiellement 519 cas, dont dix mortels) a confiné à son tour, mercredi, sa population de 1,3 milliard d'habitants.

En Russie, tous les vols internationaux seront suspendus à compter de vendredi et la semaine prochaine sera chômée, le président Vladimir Poutine ayant appelé ses concitoyens à «rester à la maison», sans toutefois l'ordonner.

La mairie de Moscou a en revanche annoncé la fermeture, dès samedi, de tous les commerces non essentiels.

Italie :  Un centenaire a pu guérir du coronavirus

Espoir en Italie: un vieil homme a pu quitter un hôpital de Rimini en bonne santé. En revanche, le clergé paie, lui, un lourd tribut depuis le début de la pandémie.

Un centenaire testé positif au Covid-19 a quitté guéri, mercredi soir, l'hôpital de la ville italienne de Rimini, sur la côte adriatique, a indiqué jeudi Gloria Lisi, vice-maire de cette ville.

 «J'ai des amis qui travaillent à l'hôpital local avec lesquels je parle le soir, quand nous avons terminé la journée de travail», raconte-t-elle au téléphone. «L'autre jour ils m'ont dit qu'un monsieur, né en 1919, avait été hospitalisé car testé positif au Covid-19. Ce monsieur avait belle allure et il est rapidement devenu la mascotte de l'hôpital», poursuit-t-elle.

«Et hier soir ils m'ont appelé pour me dire que ce monsieur est sorti de l'hôpital. Par les temps qui courent, c'est toujours bon de donner un peu d'espoir», a conclu la vice-maire de Rimini.

Le lourd tribut payé par le clergé

Les prêtres paient un lourd tribut, eux, au coronavirus. «Le prêtre est toujours proche des gens. Pour le meilleur ou pour le pire, c'est sa raison d'être», déclare Mgr Giulio Dellavite, secrétaire général de l'évêché de Bergame (nord).

La ville lombarde et sa province sont les plus durement touchées par la pandémie qui frappe durement l'Italie. Et les prêtres, en majorité âgés, ne sont pas épargnés. Sur les 67 prêtres italiens contaminés et décédés depuis le début de la pandémie, plus d'une vingtaine sont morts dans le diocèse de Bergame, dont un évêque.Ils sont particulièrement exposés, allant à la rencontre des malades, célébrant les funérailles en présence de la famille proche.

Malgré les risques, Don Giuseppe Locatelli, prêtre de la paroisse d'Albino, ne veut pas renoncer à exercer son ministère. «Je dois reconnaître que les prêtres sont en seconde ligne. Les médecins et les infirmiers sont en première ligne, avec les risques qu'ils prennent chaque jour. Nous prenons moins de risques», dit-il.

«Nos prêtres meurent parce qu'ils ne calculent pas» les risques, poursuit Mgr Dellavite. Le père Giuseppe Berardelli, prêtre à Casnigo, près de Bergame, était l'un d'eux: «Ne sachant pas que le virus était si dangereux, il a continué son travail, à aller dans les maisons célébrer les funérailles. Et quand il a été infecté il n'a pas immédiatement arrêté», raconte Gianbattista Guarini, buraliste de cette commune au nord-est de Bergame. Giuseppe Berardelli est décédé à 72 ans dans la nuit du 15 au 16 mars à l'Hôpital de Lovere.

L'Italie, pays le plus touché

Avec 7503 morts et près de 75'000 cas, la Péninsule reste le pays le plus cruellement frappé par la pandémie. Les chiffres officiels comprennent les morts dans les hôpitaux et dans les maisons de retraite. La moyenne d'âge des personnes décédées, selon les dernières statistiques de l'Institut supérieur de la santé (ISS), est de 78 ans.

nxp/afp

 

L'épidémie explose dans le pays mais le président américain s'obstine à préserver l'activité économique.

L’OMS tire la sonnette d’alarme. Les États-Unis pourraient bientôt dépasser l’Europe et devenir l’épicentre de la pandémie de coronavirus. «Nous constatons une très forte accélération du nombre de cas», a souligné la porte-parole Margaret Harris. Entre dimanche et lundi, le nombre de tests positifs et de morts a doublé. On approchait mardi des 50'000 cas, pour 615 décès.

De la chloroquine, mais pas la bonne...

Un habitant de Phoenix est mort et sa femme est dans un état critique après que le couple avait absorbé du phosphate de chloroquine... destiné au nettoyage des aquariums. «Trump disait que c'était le traitement», a expliqué la veuve. La chloroquine, antipaludéen en cours de test contre le Covid-19, avait été citée la semaine passée par le président américain comme un grand espoir, ajoutant – à tort – qu'elle avait été approuvée par l'agence du médicament.

New York, métropole de loin la plus touchée, vit au ralenti. L’anxiété monte parmi les habitants, invités à rester chez eux, tandis que de nouvelles règles limitent l’activité commerciale aux secteurs essentiels. Le maire, Bill de Blasio, a appelé le président Trump à décréter un confinement coercitif national: «Il faut que l’on prenne des mesures extrêmes.»

On détruit le pays

Mais, alors que le confinement partiel concerne désormais

un tiers des Américains, la Maison-­Blanche résiste à toute mesure de confinement risquant d’affecter davantage l’économie. «En agissant ainsi, on détruit le pays», a martelé Donald Trump mardi sur Fox News. Et d’avancer qu’une grave récession ferait plus de morts que la pandémie.

Donald Trump s’est illustré ces dernières semaines par ses déclarations hasardeuses sur le coronavirus, que ce soit sur sa confiance en la chloroquine (lire encadré) ou l’imminence d’un vaccin.

Lors des points de presse, il était contredit avec tact par le Dr Fauci, le très respecté chef de l’Institut national des maladies infectieuses. Des interventions qui pourraient valoir à ce dernier d’être écarté de la tribune présidentielle, selon CNN. 

IVG suspendues

Face à cette crise sanitaire, les États du Texas et de l’Ohio ont ordonné de suspendre les opérations non urgentes, y compris les avortements, sous peine de poursuites.

Ces décisions ont été fustigées par les défenseurs du droit des femmes. «Ce n’est pas surprenant de voir le procureur général utiliser n’importe quelle excuse pour appliquer son programme idéologique», a commenté Kathy Miller, présidente de Texas Freedom Network.

arg/afp

Trump minimise la crise alors que l'anxiété monte

L'épidémie explose dans le pays mais le président américain s'obstine à préserver l'activité économique.
 

L’OMS tire la sonnette d’alarme. Les États-Unis pourraient bientôt dépasser l’Europe et devenir l’épicentre de la pandémie de coronavirus. «Nous constatons une très forte accélération du nombre de cas», a souligné la porte-parole Margaret Harris. Entre dimanche et lundi, le nombre de tests positifs et de morts a doublé. On approchait mardi des 50'000 cas, pour 615 décès.

De la chloroquine, mais pas la bonne...
Un habitant de Phoenix est mort et sa femme est dans un état critique après que le couple avait absorbé du phosphate de chloroquine... destiné au nettoyage des aquariums. «Trump disait que c'était le traitement», a expliqué la veuve. La chloroquine, antipaludéen en cours de test contre le Covid-19, avait été citée la semaine passée par le président américain comme un grand espoir, ajoutant – à tort – qu'elle avait été approuvée par l'agence du médicament.

New York, métropole de loin la plus touchée, vit au ralenti. L’anxiété monte parmi les habitants, invités à rester chez eux, tandis que de nouvelles règles limitent l’activité commerciale aux secteurs essentiels. Le maire, Bill de Blasio, a appelé le président Trump à décréter un confinement coercitif national: «Il faut que l’on prenne des mesures extrêmes.»

On détruit le pays

Mais, alors que le confinement partiel concerne désormais

un tiers des Américains, la Maison-­Blanche résiste à toute mesure de confinement risquant d’affecter davantage l’économie. «En agissant ainsi, on détruit le pays», a martelé Donald Trump mardi sur Fox News. Et d’avancer qu’une grave récession ferait plus de morts que la pandémie.

Donald Trump s’est illustré ces dernières semaines par ses déclarations hasardeuses sur le coronavirus, que ce soit sur sa confiance en la chloroquine (lire encadré) ou l’imminence d’un vaccin.

Lors des points de presse, il était contredit avec tact par le Dr Fauci, le très respecté chef de l’Institut national des maladies infectieuses. Des interventions qui pourraient valoir à ce dernier d’être écarté de la tribune présidentielle, selon CNN. 

IVG suspendues

Face à cette crise sanitaire, les États du Texas et de l’Ohio ont ordonné de suspendre les opérations non urgentes, y compris les avortements, sous peine de poursuites.

Ces décisions ont été fustigées par les défenseurs du droit des femmes. «Ce n’est pas surprenant de voir le procureur général utiliser n’importe quelle excuse pour appliquer son programme idéologique», a commenté Kathy Miller, présidente de Texas Freedom Network.

arg/afp

 

 

 

Meilleure hygiène, baisse de la pollution, liens sociaux plus forts: la pandémie du coronavirus n'a pas que des conséquences dramatiques.

 Le lavage de main généralisé, une conséquence positive de la pandémie.

 Une planète toujours plus confinée, qui compte ses morts tout en voyant l'économie s'effondrer: depuis l'apparition de la pandémie du Covid-19, les mauvaises nouvelles s'enchaînent à un train d'enfer, risquant de nous faire oublier quelques points positifs. Car entre amélioration de l'hygiène, recul de la pollution et raffermissement de liens sociaux, quelques rayons de lumière réussissent à percer dans l'obscurité générale.

Lavez-vous les mains!

Dès les prémices de l'épidémie, le message martelé par les professionnels de santé a été clair: lavez-vous les mains. Un message désormais relayé tant par la classe politique que par les célébrités, quand des «wash your hands challenges» n'apparaissent pas sur les réseaux sociaux.

Le but est faire entrer l'idée dans les habitudes de tous, et d'enseigner la bonne manière de se savonner longuement chaque partie des mains. Aussi, un peu partout, les gels hydroalcooliques se vendent comme des petits pains.

Ce sens de l'hygiène exacerbé semble porter ses fruits dans certains pays comme le Japon, où le nombre de cas de grippe s'est effondré. Certes, la saison n'est pas encore terminée mais début mars, le pays n'avait enregistré que 7,21 millions de cas, bien loin des années précédentes, dont un record à 21,04 millions en 2017-2018.

«Nous pensons que l'une des raisons est que les gens font plus attention à bien se laver les mains, du fait de la propagation du nouveau coronavirus», a expliqué à l'AFP Daisha Inoue, un responsable au ministère japonais de la Santé.

Chute des émissions de CO2

D'un point de vue économique, l'effondrement de la demande, les interdictions de voyage et la fermeture des usines est un cauchemar. Pour l'environnement c'est une bénédiction. Sur le mois de février, les émissions chinoise de C02 ont chuté de 25%, soit 200 millions de tonnes, comparé à la même période en 2019, selon le Centre de recherche sur l'énergie et l'air pur (CREA). Cette baisse est équivalente aux émissions annuelles de CO2 de l'Argentine, de l'Egypte ou du Vietnam.

Le ralentissement chinois a également entraîné une baisse de 36% de consommation de charbon dans les centrales électriques en Chine, avec un effondrement quasi équivalent de la consommation de pétrole dans les raffineries. Côté transport aérien, la paralysie quasi totale du secteur contribue à réduire ses importantes émissions de CO2.

Et d'autres effets positifs sont visibles: à Venise, l'eau est devenue claire avec l'arrêt du ballet incessant des bateaux bondés de touristes. Un répit de courte durée cependant, selon des experts qui s'attendent à ce que l'ensemble des économies tentent, une fois la crise passée, de rattraper le retard pris en début d'année.

Sauvez les pangolins

Si l'origine du Covid-19 reste sujet à débat, les premières pistes se sont concentrées autour d'un marché de Wuhan (centre de la Chine) où des animaux sauvages étaient vendus pour être consommés. Parmi eux, des chauves-souris ou du pangolin, une espèce en voie de disparition, sont cités comme possibles sources du virus.

La Chine a par conséquent décidé en février d'interdire totalement et immédiatement la vente et la consommation d'animaux sauvages, un geste salué par les organisation environnementales. Des mesures déjà prises au début des années 2000, lors de l'épidémie de SRAS, mais qui n'avaient pas duré. Cette fois l'interdiction est permanente, ce qui suscite l'espoir d'un arrêt complet de ce type de commerce.

«Je pense que le gouvernement a pris conscience que le prix à payer pour la société et l'économie est bien plus élevé que ce que peut rapporter ce commerce», estime ainsi Jeff He, directeur pour la Chine du Fonds international pour la protection des animaux (Ifaw). Le lien possible existant entre le virus et le pangolin semble avoir aussi calmé les amateurs de viande sauvage ailleurs dans le monde: les vendeurs de gibier au Gabon ont ainsi vu leurs ventes plonger.

Éloignés mais ensemble

Parmi les conséquences des confinements imposés pour ralentir la propagation du virus, l'éloignement, tant de la famille que des amis, reste sans nul doute un des plus difficiles à gérer. Mais pour certains, ces mesures renforcent au contraire le sentiment commun d'appartenance, les poussant à faire d'autant plus d'efforts pour prendre des nouvelles de leur famille et se rapprocher de leurs amis.

En Colombie, où le confinement dure depuis près de trois semaines, Andrea Uribe, 43 ans, a par exemple mis en place cours de gym et concours de talents familiaux grâce à différents services de messagerie vidéo. «J'appelle mes parents plus souvent, je parle avec des amis que je n'ai pas le temps de contacter habituellement. J'ai organisé des réunions d'amis via la vidéo», explique à l'AFP Andrea Uribe, «c'est merveilleux de pouvoir être là les uns pour les autres. Cela nous montre que nous devons être présents dans la vie des autres».

nxp/afp

 

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est inquiété mercredi de l'expansion de la pandémie tandis que plus de trois milliards de personnes sont appelées à rester confinées.

 

«Une action et une solidarité mondiales sont cruciales» face au coronavirus, a souligné ce mercredi Antonio Guterres.

L'expansion de la maladie Covid-19, qui a désormais plus tué en Espagne qu'en Chine, «menace l'humanité toute entière», a averti mercredi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

Plus de trois milliards de personnes, soit plus du tiers de l'humanité (évaluée par l'ONU à 7,8 milliards de personnes en 2020), sont désormais appelées à rester confinées, selon un décompte de l'AFP. Une mesure obligatoire dans la grande majorité des cas, aux lourdes conséquences économiques et sociales.

Face à la menace du coronavirus, «l'ensemble de l'humanité doit riposter. Une action et une solidarité mondiales sont cruciales», a souligné Antonio Guterres en lançant mercredi un «plan de réponse humanitaire mondial» destiné notamment à aider les pays les plus pauvres.

De leur côté, FMI et Banque mondiale ont appelé les créanciers bilatéraux à geler les remboursements de dettes des nations les moins favorisées.

20'000 victimes

Le nouveau coronavirus a déjà tué plus de 20'000 personnes dans le monde, dont plus de 13'000 en Europe.

C'est «pire qu'une guerre», constate Orlando Gualdi, maire de Vertova, village du Nord de l'Italie où le virus a fait plus de morts que la Seconde Guerre mondiale.

Si les nouveaux cas continuent de stagner, l'Italie reste le pays le plus touché au monde avec 7503 décès. Elle est suivie désormais par l'Espagne, où le nombre total de morts - 3434 - a dépassé mercredi celui en Chine (3281), berceau de l'épidémie.

Hôpitaux espagnols

Comme dans les autres pays européens les plus touchés, des hôpitaux espagnols sont au bord de l'effondrement, les personnels médicaux exténués et exposés à la contagion par manque d'équipements adaptés.

L'Espagne va donc acheter pour 432 millions de dollars (environ 421 millions de francs) de matériel sanitaire - masques, gants, respirateurs, tests... - à la Chine, où la maladie a très fortement ralenti sa progression.

«Beaucoup de collègues pleurent car des gens meurent seuls, sans avoir revu leur famille, et nous avons à peine le temps de leur tenir compagnie», confie Guillen del Barrio, infirmier dans un hôpital saturé de Madrid.

La France va elle mettre en place un «pont aérien» avec la Chine, pour faire venir les millions de masques de protection dont elle manque également.

Le confinement s'étend

Deuxième pays le plus peuplé du monde derrière la Chine, l'Inde (officiellement 519 cas, dont 10 mortels) a confiné à son tour mercredi ses 1,3 milliard d'habitants.

Dans les rues vides de New Delhi, le pépiement des oiseaux a remplacé l'habituelle cacophonie de klaxons et de cris. A Bombay, Rafiq Ansari, marchand de légumes, s'inquiète de futures «pénuries» car il est «de plus en plus difficile de s'approvisionner».

La Colombie a également ordonné à ses 48 millions d'habitants de rester confinés à compter de mercredi. Et l'Iran, l'un des pays les plus affectés avec 2077 morts recensés, s'apprête à interdire, d'ici vendredi, la circulation entre les villes du pays.

En Arabie saoudite, Ryad et les deux villes saintes de Médine et La Mecque sont désormais en quarantaine et le couvre-feu déjà en vigueur a été allongé.

Deux décès en Russie

La semaine prochaine sera chômée en Russie, où le président Vladimir Poutine a appelé ses concitoyens à «rester à la maison», sans toutefois l'ordonner. Il a aussi reporté un vote populaire prévu en avril sur une réforme constitutionnelle.

La Russie, où aucun décès directement lié au coronavirus n'a été officiellement confirmé, a annoncé mercredi que deux patients contaminés avaient succombé, sans toutefois préciser la cause exacte de leur décès.

En Grande-Bretagne, confinée depuis mardi, plus de 400'000 personnes se sont portées volontaires, à l'appel du gouvernement, pour venir en aide aux plus vulnérables.

Mais le confinement est souvent compliqué à mettre en oeuvre. Comme dans le plus important camp de migrants d'Europe, à Moria, sur l'île grecque de Lesbos, qui fait figure de «bombe sanitaire».

«On nous a dit de ne pas sortir de nos tentes et de ne pas nous rassembler, mais c'est impossible à Moria», explique un migrant somalien, Ibrahim Mohament Hussein.

A l'inverse, en Chine, où les nouvelles contaminations locales sont quasi-nulles ces derniers jours, les restrictions drastiques imposées depuis des mois dans la province du Hubei, épicentre de la pandémie, ont été levées mercredi, sauf dans la capitale régionale Wuhan, provoquant des embouteillages et une ruée sur trains et autocars.

Récession globale

La pandémie devrait entraîner une récession globale des économies des 20 pays les plus industrialisés (G20) du monde, a averti mercredi l'agence de notation Moody's.

Pour tenter d'enrayer les ravages économiques, la Maison Blanche et le Sénat américain ont trouvé un accord sur un plan destiné à mobiliser 2000 milliards de dollars (environ 1950 milliards de francs) en soutien à la première économie du monde.

L'annonce a redonné mercredi des couleurs aux bourses en Asie, en Europe qui ont conforté leur rebond de la veille, Wall Street prenant la même direction.

L'Allemagne a elle adopté un arsenal de mesures représentant presque 1100 milliards d'euros (environ 1170 milliards de francs) pour soutenir entreprises, travailleurs et système de santé.

«Corona bonds»

A la veille d'un sommet européen par vidéoconférence, les dirigeants de neuf pays de la zone euro, dont France, Italie et Espagne, ont réclamé plus de solidarité, via notamment l'émission de «corona bonds» - un emprunt commun à l'UE -, mettant la pression sur l'Allemagne, opposée à toute mutualisation des dettes.

Dans les pays pauvres, les plus précaires sont touchés et des secteurs entiers menacés. Au Kenya, par exemple les exportations de roses vers l'Europe s'effondrent, menaçant de ruiner un secteur prometteur. «C'est tellement triste. C'est comme jeter de l'argent», se lamente Sarah, employée horticole devant des brassées de fleurs splendides envoyées à la décharge.

En Afrique, la maladie Covid-19 a en outre désormais atteint Mali et Libye, deux pays où la guerre augmente l'inquiétude liée aux limites des systèmes sanitaires du continent.

L'ONU s'inquiète également que le virus fasse des «ravages» dans les prisons à travers le monde et appelle à la libération de détenus.

Rare effet positif du confinement: la pollution de l'air diminue en Italie, comme dans le reste de l'Europe, selon l'Agence européenne de l'environnement.

nxp/afp

 

 

Submit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn