l abstention pourrait atteindre des records lors du premier tour de l election presidentielleDonc la France a voté. Pas les Français qui, en majorité, ne l'ont pas fait. Ce qui pose un problème de représentativité, car une majorité absolue de plus de 350 députés sur 577, n'est élue qu'avec à peine 20% de l'électorat. Se pose ainsi des impasses qu'il faudra un jour solutionner.

Premièrement l'abstention. Le vote blanc n'est pas comptabilisé en France. Alors, une grande partie de l'abstention remplit ce rôle. Il faut, je pense, comptabiliser ce vote blanc, comme étant l'expression d'un vote protestataire ou de sanction ou du refus politique d'un choix qui ne convient pas. Si le vote blanc ou nul, était pris en compte, déjà l'abstention baisserait. Et peut-être, il sera venu le temps de passer à l'étape suivante. Rendre le vote obligatoire. Des hommes et des femmes se sont battus pour ce droit de vote. Des hommes et des femmes sont morts pour cela. Or le seul moyen de se faire entendre c'est, totalement paradoxal, de ne rien dire. Obligés donc de ne pas voter et nourrir ainsi le premier parti de France, l'abstention.

Le deuxième problème est que parfois nous votons pour quelqu'un qui ne siègera pas, s'il se présente en tant que ministre, par exemple. Donc nous aurons son suppléant pour lequel nous n'avons pas voté. Petit tour de passe-passe un peu honteux. Se rajoute le fait que si certains députés sont élus pour leur grande gueule, passe à la télé sans arrêt, s'occupe donc prioritairement du national et surtout de leur carrière, les administrés se contenteront souvent de quelques attachés parlementaires pour régler, dans la circonscription, les affaires qui les concernent.

Le problème suivant est la non obligation des députés de siéger à l'assemblée. D'où des séances à trois ou quatre présents qui, s'il y a un vote, ont le pouvoir d'accepter ou refuser une loi. Un exemple pour illustrer, une résolution du groupe socialiste alors majoritaire est mis en discussion pour reconduire les sanctions contre la Russie. Mais au moment du vote il n'y avait que quelques députés de droite qui ont refusé cette résolution. Emois chez socialistes, il a fallu revoter et là, ils étaient plus nombreux. Tout ça est d'un ridicule ! Mais au delà de cette constatation qui prête à sourire, c'est la démocratie qui est bafoué, ce sont les électeurs qui sont floués.

Bien sur l'hémicycle est toujours bondé quand les caméras sont présentes pour les séances de questions-réponses. Autrement, nos dignes représentants ont la voie libre pour faire leurs petites affaires. La présence donc de ces représentants qui émargent à 8000 euros par mois, devrait être obligatoire, sous peine de réduction de salaire. C'est souvent le seul moyen pour que ces gens là obéissent. Le pognon.

Autre problème, le battu est toujours présent. Les électeurs le foutent à la porte, il veut rentrer par la fenêtre. Dans toute grande démocratie, le battu se retire et retourne à ses occupations. En France, même sévèrement éliminés, certains continuent à faire la leçon, à ne jamais se remettre en question, ils ont raison, les électeurs ont tort.

Il faut surtout reconnaître que dans une grand démocratie, être un homme politique n'est pas un métier. C'est une envie, une passion, mais pas un job pour la vie. L'alternance et le renouvellement doivent primer, le collectif sur l'individuel. Comment une démocratie peut-elle respirer si les mêmes têtes se présentent depuis des décennies et ce, pour une grande majorité des élus. Depuis cinquante ans en France, l'alternance se jouait entre Pierre et Paul.

J'ai voté pour la première fois en mai 1981, à 28 ans. En mai 74, le droit de vote était encore à 21 ans. Il ne sera abaissé à 18 ans qu'au mois de juillet 74. En 2017, certains élus de cette époque sont toujours là, les Bayrou, Mélenchon, Juppé, ect, accrochés à la chose publique comme des morpions.

D'autres comme Hamon, Cambadélis, Fillon et tant d'autres sont omniprésents depuis 30 ans.

Pourquoi cet état de fait ? Parce que ces gens n'ont jamais travaillé comme vous et moi. Ils sont entrés en politique comme des curés, avec des rémunérations de curés, puis sont devenus des cardinaux avec ce qui va avec, bien sûr. Un politique comme Chirac a toujours vécu sur le dos de la République. Et il n'est pas le seul, bien entendu. Ils sortent des grandes écoles, intègrent un grand corps de l'état, la haute administration, se mettent en disposition et se lancent en politique.

En cas d'échec, ils réintègrent de droit leur haute administration d'origine. En cas de succès successifs, ils toucheront double ou triple ou quadruple retraites, celles d'élu et celle d'ancien haut fonctionnaire même si ils ont peu, voire jamais travaillé.

Hollande par exemple cumule ainsi 4 ou 5 retraites pour un total de 15 000 euros net par mois. Des surhommes alors, des stakhanovistes du boulot pour touche de multiples retraites, ben non... Juste des malins qui après avoir bien étudié le fonctionnement de la République à l'ENA, par exemple, se servent de ces connaissances pour en profiter sans vergogne.

La politique en France, le meilleur job du monde, croyez-moi !

Donc, depuis que je peux voter, j'avais le choix entre vieux et moins vieux. C'est seulement cette année qu'un grand coup de balai fut donné. Qu'enfin des têtes nouvelles émergent. Si j'étais méchant je ferais remarquer que les seuls vieux de l'ère Macron, ont du, tous, dégager pour cause d'affaires pas nets. Là aussi on espère un changement. La vraie frontière entre l'ancien monde politique et le nouveau qui se dessine, étant surtout devenue une frontière judiciaire. Espérons que dans 40 ans, quelqu'un n'écrive pas la même chose que moi actuellement.

Jean-Yves Le Garrec

Submit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn