imageQuatre autres Etats ont décidé de poursuivre l'administration Trump après la fin du programme protégeant les jeunes sans-papiers.

La Californie et trois autres Etats poursuivent à leur tour l'administration Trump, accusant sa décision de mettre fin au Daca, programme qui protégeait les jeunes sans-papiers, d'être «anti-constitutionnelle» et illégale.

Le ministre de la Justice de Californie Xavier Becerra, joint par ses homologues du Minnesota, du Maryland et du Maine, a porté plainte lundi au tribunal fédéral du nord de la Californie, affirmant que ce programme «a permis à plus de 800'000 enfants arrivés sans-papiers aux Etats-Unis - surnommés les »dreamers« ou »rêveurs« - de sortir de l'ombre et de devenir des Américains productifs et couronnés de succès».

Avec la fin de ce programme signé par le président Obama, et sans une hypothétique réforme migratoire au Congrès dans les mois à venir, ces jeunes pourraient être contraints de retourner dans la clandestinité.

«Plus d'un quart des bénéficiaires du Daca vivent en Californie et ce n'est pas un hasard si notre formidable Etat est la sixième économie du monde», commente Xavier Becerra dans un communiqué.

Coût élevé

La fin du Daca pourrait coûter très cher à la Californie: une étude du centre de réflexion indépendant Center for American Progress publiée en janvier évaluait son impact à 11,3 milliards de dollars par an pour la Californie, plus que tout autre Etat américain.

La plainte soutient notamment que la fin au Daca, qui donnait un statut et un permis de travail temporaires, «revient sur la promesse faite aux dreamers et à leurs employés que leur participation au programme ne serait pas utilisée pour les expulser ou poursuivre leurs employeurs», ajoute le communiqué.

«La menace d'une utilisation (contre eux) d'informations fournies en toute bonne foi au gouvernement Daca viole le 5e amendement de la Constitution» qui protège contre l'auto-incrimination forcée.

Manifestations

La plainte assure aussi que le retrait du Daca ignore l'obligation légale du gouvernement d'analyser les changements d'une réglementation sur les PME, «dont beaucoup appartiennent ou emploient des bénéficiaires du Daca».

La décision du président Trump de clore ce programme a été vivement critiquée par les démocrates mais aussi dans le camp républicain. Des manifestations ont eu lieu à travers le pays et des milliers de personnes ont défilé à Los Angeles dimanche.

Quinze Etats américains dont New York et la capitale fédérale Washington D.C. avaient déjà porté plainte mercredi contre la fin du programme, l'accusant de violer le droit constitutionnel de ne pas voir sa liberté, vie ou subsistance mise en danger sans avoir pu bénéficier du cours normal de la Justice («due process»). Cette plainte accuse également le retrait du Daca de discriminer injustement les Mexicains, qui forment trois quarts de ses bénéficiaires.

nxp/afp

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