Elections europeennes 750x356

Cette campagne européenne dans mon pays est lamentable. Les différents candidats font des promesses, proposent des choses, comme si cela allait de soi.

Comme si cette élection était franco-française et non européenne. Or, il faut souvent l'unanimité des 28 pays pour accepter un projet majeur. Donc, ils nous baratinent.

Ils nous endorment en nous racontant une jolie fable pour demain. Ils oublient hier et s'abstiennent de parler d'aujourd'hui. Or le bilan de l'apport de l'Europe à notre pays est mitigé. Indispensable d'un côté, totalement néfaste de l'autre. Mais aucun bilan sérieux, objectif, ne permet d'y voir clair. En fait, on vote avec sa préférence nationale, ce qui est contradictoire et contreproductif.

Mais avant de s'enfoncer dans ces nombreuses listes, je voulais expliquer ce qui suit.

Rappelons que la France se targue d'un glorieux passé dont un des points culminants fut de trancher la tête de son Roi. Ah, la Révolution Française ! Tellement idéalisée qu'on en oublie deux choses, la Terreur, sa guillotine et Napoléon, premier grand boucher européen. Mais surtout, que depuis 226 années, soit le 21 janvier 1793, quand la tête du roi roula dans la sciure, mon pays n'a de cesse de chercher cette tête pour la recoller. D'où nos institutions avec un Président Monarque.

Et si la France se targue comme toute démocratie d'une séparation des pouvoirs, exécutif, législatif, judiciaire, il y a une «légère» distorsion qui distingue mon pays des autres grandes démocraties. La séparation des pouvoirs est plus simple, tous les pouvoirs pour le Président, aucun pour les autres. La constitution de 1958 qui régit notre République, écrite sur mesure pour un homme, le Général de Gaulle, a presque réussi à recoller la tête du Roi.

Rappelons également que depuis plusieurs élections le peuple de France ne vote plus pour quelqu'un mais contre une personne. Ce qui naturellement, avec cette révolte du peuple, symbolisée par le mouvement social des Gilets Jaunes, transforme le vote pour les Européennes en un «plébiscite» pour ou contre le Président Macron.

Mais cette façon de voter nous rend aveugle et sourd et nous empêche d'écouter sérieusement les différentes propositions qui nous sont soumises, parfois nullement, parfois brillamment. Parce que, en gros, il y a soit des listes qui veulent que la France sorte de l'Europe, soit des listes qui suivent la position ultralibérale de la Commission européenne et veulent plus d'Europe ou que l'Europe devienne fédérale, soit des listes qui veulent plus de social, redonnent le pouvoir au peuple souverain de chaque état et veulent rediscuter nombre de traités.

Mais grosso modo, il y a consensus sur l'euro, cette monnaie unique et qui le restera.

A ce stade, il nous faut repréciser un acte d'une importance extrême et qui conditionne un rejet, à tout le moins une grande méfiance du peuple français, pour cette Europe là. En 2005, par une majorité de presque 55%, les Français rejettent le projet de constitution européenne, au grand dam de la droite et de la gauche. Ce fameux traité fut quand même signé par la France par un tour de passe-passe parlementaire sous la présidence Sarkozy, aidé par le PS.

Donc en France, 33 listes de 79 noms chacune, se présentent. Deux remarques, La première, elles ont toutes, la main sur le coeur, des envies d'écologie, ce qui est fort louable. Par contre, aucune ne se soucie du papier que représente toutes les affiches, les professions de foi, les bulletins de vote, ni les déplacements engendrés par la campagne, ni les réseaux sociaux qui tournent à plein régime, sans oublier le bois utilisé pour confectionner 33 panneaux pour 33 000 communes. Cette campagne à elle seule est déjà un désastre écologique.

Car à moins de 5% vous n'avez aucun élu, ce qui laissera, en gros, 6 listes à l'arrivée.

Deuxièmement, sur 79 noms par liste, vous n'avez qu'une ou deux ou trois locomotives, la suite est de parfaits.es inconnus.es dont on ignore les compétences réelles en matière d'Europe. C'est généralement un fourre-tout pour caser quelques amis.es à remercier car le poste d'Euro député est alléchant, indemnités généreuses et très variées, qui se calculent en milliers d'euros par mois.

Et puis, curieux phénomène, alors que la demande est grande pour plus de démocratie, les gens commencent pas ne pas aller voter. Un minimum de 60% d'abstention est prévu. Or, si les citoyens se plaignent de l'Europe, a tort ou a raison, ils ne votent pas ! Et après se seront jérémiades et grand courroux.

Enfin, un constat amer, la gauche est en miettes, totalement à la ramasse.

Car ce qui est remarquable également dans mon beau pays, c'est d'apprécier certains mais ne point voter pour eux. Prenons le cas de Ian Brossat, tête de liste du PCF. Bon, c'est vrai, le PCF est devenu un attrape tout de l'air du temps, loin de l'image d'un vieux fossile stalinien mais de moins en moins marxiste quand même.

Une curiosité même que ce PC au milieu d'une Europe qui n'en a plus.

Mais ce Ian est brillant, chaleureux, à la communiste certes, mais charismatique, intelligent et son discours, surtout écologique et social est digne d'intérêt. Et c'est reconnu par les citoyens. Mais... Ne dépasse pas les 2,5 % De même, Raphael Glucksmann, qui se veut sauveur d'un PS en déroute, presque christique dans sa faconde, sympathique, plein d'entrain, mais ne dépasse pas 5% On pourrait presque rajouter Manon Aubry de LFI, plus austère, moins à l'aise, qui débite son laïus à la Mélenchon, son mentor, 10% et ne rattrape pas les 20% de la présidentielle de son parti.

Les écolos du EELV, ils se veulent sauveurs de la planète mais n'arrivent même pas à se sauver eux-même, 9% Pourtant, il y aurait le feu ! Pour résumé, tant que le discours écologique sera une leçon de morale, un pensum de ceux qui sauraient pour pauvres ignorants que nous serions, il sera inaudible. Or c'est une urgence parfaitement comprise par l'électorat qui veut de l'action maintenant et non du bla bla pour ce qui pourrait arriver dans 15 ans. Mais sa tête de liste, Yannick Jadot, persiste et signe de son air catastrophé à ne s'adresser qu'à des imbéciles qui ne comprendraient rien.

Bref la gauche jouit d'une certaine sympathie et même d'une sympathie certaine mais non traduite en vote dans les urnes. Ce qui m'amène à ce paradoxe très franco-français. Alors que les listes dont les idées et les protagonistes attirent le plus, les deux listes en têtes sont celles dont les citoyens veulent le moins.

La liste d'extrême droite qui a relégué sous le tapis funestes projets et nauséabondes perspectives, caracole en tête. Son coup de génie, avoir placé en tête de liste, un jeune homme bien sous tout rapport, maitrisant et son sujet et son discours, Jordan Bardella. Flirtant avec les Gilets Jaunes mais sans en avoir l'air, sa liste capitalise le grogne actuelle exprimée par ceux-ci.

Mais le pire est la liste LREM, celle de Président Macron. Deuxième ou première, suivant les sondages, alors qu'il y a un rejet massif de ce Président dans tout le pays. Et que, cerise sur la gâteau, sa tête de liste est ni brillante, ni charismatique et de gaffes en gaffes, affiche un discours d'une nullité exemplaire, Nathalie Loiseau. Nom prédestiné pour une cervelle de moineau !

Reste la liste de la droite classique, avec, coup de génie là encore, un jeune, François-Xavier Bellamy. Posé, à la parole fluide, intelligent également, d'un certain charisme mais l'ombre omniprésente de Laurent Wauquiez, patron de la droite, nuit sûrement à sa performance. Ne décolle pas de ses 13%

Et puis je serai magnanime avec lui, Benoit Hamon, le loser magnifique. Autant il peut avoir de bonnes idées, autant il en a de pourries. Se rêve toujours grand rassembleur de la gauche mais ses 2,5% prouvent qu'il y a un os dans son discours, un truc qu'il devrait analyser s'il s'enlevait ses oeillères dogmatiques d'éternel apparatchik.

Il y a tant d'autres listes, mais valent-elles réellement tout ce gaspillage de moyens ? Non, donc je n'en parlerai pas.

Pour conclure, je redis avec force, que je ne comprends pas cette soif de démocratie, exprimée par des millions de citoyens et qui se traduit par une abstention qui s'annonce record. Vouloir plus de démocratie et commencer par ne pas aller voter, voilà le paradoxe ultime de mon pays !

 

Jean-Yves Le Garrec

 

 

 

 

 

 

 

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L'écologie ou l'école des bons à rien qui se croient bons en tout.

Clémenceau disait, la guerre est une affaire trop sérieuse pour être confiée à des militaires. Tout ce qui a trait à l'écologie, terme bien galvaudé, ne devrait plus être aux mains de ceux qui se disent écolos, enfin, surtout aux mains des écologistes politiques. Parce qu'ils ont transformé un formidable enjeu en une religion intégriste qui pratique l'anathème à outrance.

D'intransigeance en intransigeance, dans le discours, ils ont fascisé le débat. Or, nos braves écolos politiques, sont souvent moins écolos que le citoyen lambda.

Une des raisons principales étant qu'ils sont purs sujets urbains, des écolos des villes. A ce titre, il ne réfléchissent, enfin, ils pensent le faire, qu'uniquement sur les grands enjeux de notre planète. Ce qui est fort louable mais totalement inaudible.

Une autre raison de ne pas leur faire confiance et qui ne vous a sûrement pas échappé, c'est que... Personne ne le fait. Chaque parti politique a maintenant ses propres écolos maison et fait flèche de tout bois sur ceux qui ne représenteraient que l'écologie. C'est très curieux comme phénomène.

Déjà, quand ils sont du même parti écologique, EELV (Europe Ecologie Les Verts) par exemple, ils ne s'entendent pas entre eux, trop d'ambition pour les uns, d'égos pour les autres, rien ne va. Or, imaginez, quand ils se confrontent entre gens de partis différents. Cela devient une cacophonie. Ils s'écharpent alors sur tout et parlent de tout, sauf des enjeux climatiques ou autre défense de la bio-diversité.

Je faisais remarquer que les grandes figures, plus verte que moi tu meurs, ne parlent que des grands enjeux. Parce qu'ils ne connaissent que ça, s'en repaissent du soir au matin et analysent le moindre rapport pondu au fin fond d'une entité internationale. Si Tartempion, expert auprès de l'ONU, le dit, alors c'est parole d'évangile.

Et puis parler des grands enjeux internationaux (toujours) comme par exemple l'agriculture, permet de donner des leçons de façon générale. Il faudrait faire comme ci et pas comme ça et patata et patati. Mais descendent-ils, nos écolos, au ras du paysan, pour lui expliquer comment il doit cultiver sa terre suivant ce qu'ils ont lu et croient avoir compris. Que nenni !

Ça, ce n'est pas leur boulot, de mettre en pratique ce qu'ils professent à longueur de plateaux télé. Et puis, ils sont débordés. Entre les différentes chaines, le maquillage, le débriefing, le transport vers un autre studio, les conférences, les réunions électorales, nous les comprenons, les pauvres chéris sont crevés.

De plus, une chose est de parler doctement, une autre est d'aller dans un champ boueux, par pluie et froidure, dire à un bon paysan bien tanné, aux mains comme des troncs d'arbre, qui bosse parfois 18 sur 24, 7 sur 7 et depuis toujours, comment il devrait travailler sa terre ! Terre que déjà le grand-père tenait de son arrière grand-père... Ben, il n'est pas fou notre écolo des villes, il ne veut pas rentrer chez lui, le cul truffé de gros sel. Donc, il se contente de pérorer à la télé.

Le citoyen lambda, lui, il a compris cela depuis longtemps. Il se débrouille, il trie ses petits déchets et essaie de mettre du vert dans ses décisions. Il va regarder sur internet, pas pour savoir sur le réchauffement climatique (d'ailleurs on ne dit plus réchauffement mais changement) il est au courant, non, il cherche à savoir comment faire zéro déchet, par exemple.

Parce que ça, les écolos politiques, n'en parlent pas dans leur logorrhée, ils sont au dessus de ces contingences matérielles. Eux, ils parlent d'énergie verte et renouvelable, certes plus cher, mais bon, c'est le prix à payer. Payer par qui, au fait ? Ou bien, cette taxe sur le carbone, ben oui, mes braves concitoyens, va falloir vous y habituer à la payer (encore payer, toujours payer) ou bien, habiter dans les villes où les transports en commun sont fortement développés.

On pourrait presqu'en conclure à les écouter, qu'habiter en campagne, serait devenu une hérésie écologique. On rêve, là.

Et puis, preuve flagrante de cet engagement écolo bidon, les grandes figures historiques en France qui s'en portaient garantes ont disparu. Hop, envolées, les Duflot, Causse et surtout Hulot, le grand prêtre, prince de la leçon mais roi de la reculade devant l'adversité. Il avait pourtant tout entre les mains, la confiance des Français et le pouvoir de faire... Las ! Même Cohn Bendit, précurseur de la lutte écologique qui conduisit une liste verte en son temps, a rejoint son camarade Président Macron. Tellement il trouvait les Verts français nuls à chier.

Bref, comme d'habitude en France, ceux qui font en disent peu et ceux qui disent beaucoup en font encore moins. Et j'attends toujours qu'un de ces fanfarons politico-écologistes vienne dire merci à nous autres petits Français, un merci pour ce que nous faisons, nous, au ras des pâquerettes pour une planète plus vivable et plus durable.

A suivre

Jean-Yves Le Garrec

 

 

 

 

Image20 1024x662Les loups sont rentrés dans Paris, chantait Serge Reggiani, quand l'armée allemande entra dans Paris.

Elle apportait dans ses bagages, une autre meute plus encore terriblement assoiffée de sang, des SS à tête de mort et la Gestapo de sinistre mémoire. Et dire que quelques mois avant, on dansait de joie à Paris et à Londres, la guerre était évitée, ce Monsieur Hitler avait promis...

La faiblesse des démocrates est de croire que le monde et les hommes ne peuvent être que des épris d'égalité, de liberté et de fraternité. Comme disait Churchill, la démocratie est le pire des systèmes à l'exception de tous les autres. Je vous conseille de lire la démonstration de ce paradoxe par le prix Nobel d'économie Kenneth Arrow, c'est fascinant.

Il y a des espèces animales, végétales, en voie d'extinction. Mais il y aussi une autre espèce en voie d'extinction, dont personne ne parle, c'est l'extinction d'une espèce politique, la démocratie. Les grandes et vieilles démocraties sont devenues des bougies vacillantes, certaines sont même en Alzheimer de leur propre histoire.

Le système a été dévoyé par ceux-là même qui s'en portaient garants. Le vote du peuple, cette longue et dure conquête de pouvoir l'exercer, s'effiloche. A tel point que certains pays où il est libre, se pose la question de le rendre obligatoire. Ce serait déplacer le problème mais non régler cette espèce de dégout qui s'est emparé des citoyens pour la chose publique.

La corruption au sens premier du terme, à savoir monnayer un service comme cela se voit au Brésil par exemple où les Présidents tombent comme des mouches dans le pot de confiture, n'est pas celle qui hante d'autres pays, une certaine corruption morale. Qui transforme un élu en rentier politique, pratiquement ad vitam eternam.

Dans certains pays comme en France, il est facile de mener toute sa carrière, sans avoir jamais travaillé tout en vivant plus que bien grâce aux impôts de ceux qui travaillent. Au fond, pour beaucoup, nos démocrates sont comme des représentants sauf qu'ils vendent souvent du vent et pas d'aspirateurs. Ce faisant, ils ont ramené la politique à un degré zéro entrainant de facto la démocratie dans leur chute.

Ainsi, pour avoir servi le peuple, payé par le peuple, une retraite s'accumulera, âge atteint ou pas, suivant les usages en vigueur dans chaque pays. Ou, une fois son carnet d'adresse bien rempli, un joli poste se présentera et peu importe un éventuel conflit d'intérêt. Faire de la politique en démocratie est devenu un tremplin et non plus un devoir sacré pour celle ou celui qui se présente.

Et puis, celui qui est élu, n'est pas forcément celui qui aurait dû l'être. Et partant, si on modernise, on n'élit plus pour mais contre. Ce n'est plus un vote d'adhésion, c'est un vote sanction ! Un vote par défaut donc où interviendra automatiquement un rejet plus ou moins rapide de l'élu. C'est le cas typique du Président Macron actuellement.

Flagrant donc dans les démocraties présidentielles ce «détournement des votes» Un peu moins voyant peut-être pour les démocraties parlementaires. Mais si nous prenons les cas de Merkel ou May, elles ne survivent qu'à grands coups de compromis et parfois contre leur propre programme présenté aux élections. Ce qui entraine un mécontentement de son propre camp et surtout du camp adverse pourtant l'allié de circonstance certes mais le plus vindicatif en même temps.

 Les démocraties ainsi représentées s'affaiblissent, leurs leaders naviguent à vue et n'osent se projeter plus loin que le bout de leur mandat pour être réélus. Ils en deviennent clientélistes, essaient de contenter tout le monde et ne satisfont personne.

Ce qui est tout à fait normal puisqu'aucun de ces leaders n'est élu avec une majorité claire. En Allemagne, première puissance européenne, il a fallu attendre 4 ou 5 mois pour avoir un gouvernement, en Belgique, une fois cela a duré 18 mois.

Ainsi la démocratie est devenu une vaste foire d'empoigne de petites personnes, un lieu d'affrontement stériles d'idées de complaisance, sans aucune ossature ni lignes de force. Un grand bain de tout et rien, ne pas trop agacer le possible électeur en lui disant ce qu’il veut entendre et gagner la partie ou jouer franc jeu et la perdre. C’est tout le paradoxe de la démocratie.

Et les loups arrivent...

A suivre

Jean-Yves Le Garrec 

 

 

 

 

 

 

 

 

feu foret colombie britannique 8 Ben oui, pas si facile de se la souhaiter, cette nouvelle année !

Est-ce bonne année ? C'est un grand classique, du fourre tout. C'est un plat tout préparé, façon civilité industrielle, le prêt à souhaiter de la politesse.

Genre, je m'en fous de ta prochaine année, mais je suis bien élevé. Le strict minimum sociétal pour ne pas être emmerdé ou traité de grincheux. S'y ajoute automatiquement, bonne santé.

Bonne santé. Lâché dans la foulée de bonne année, comme une poignée de cacahuètes, sans se soucier d'une allergie quelconque ou d'un malaise plus profond. Ne jamais raconter ses problèmes de santé après bonne santé, ça n'a aucune importance pour la personne qui vous le dit. Bonne santé ne cherche pas à savoir comment vous allez. Bonne santé ne se préoccupe pas de votre santé et puis vous êtes vivant, ne vous plaignez donc pas.

D'autres à qui cela fut souhaité, n'auront pas cette chance cette année de se l'entendre dire, ont crevé avant.

D'ailleurs en fin d'année, on énumère nos morts célèbres de l'année écoulée. C'est un rituel. Dont on peut raisonnablement penser qu'ils s'en foutent royalement. Mais c'est un petit plaisir de vivants avec gueules de circonstance et cela permet de meubler les heures creuses de télévision. Et puis comme ce sont des extraits d'émissions déjà usés, ça coûte pas un rond.

Est-ce meilleure année ? Ou plutôt, la meilleure année possible. C'est le verre à moitié plein de la politesse. Plus personnel car il tiendrait compte de l'année écoulée de la personne à qui est souhaitée la nouvelle année. Mais, la chose n'est pas si évidente de bonté d'âme. Il se pourrait que ce voeu soit surtout un mantra pour soi-même, répété à l'envie sous couvert de gentillesse dévouée. Sans parler de la tournure que cela peut prendre quand c'est votre supérieur qui vous le dit. Remerciement ou menace ?

Est-ce moins pire année ? C'est le verre à moitié vide de la politesse. Nous sommes pourtant dans le registre le plus juste, quoique déjà dépassé, puisque de pire en pire notre terre se réchauffe tandis que nos coeurs se refroidissent à la même cadence. Nous n'arrivions plus déjà à fermer l'année précédente ou si difficilement. Il y avait toujours un pied militaire, une main armée, quelques huissiers, une longue maladie, un bout de mort en marche, des remords, factures impayées et autres non-dits, qui bloquaient la porte.

Mais surtout, depuis quelques temps, cette nouvelle foutue chaleur récurrente, déformante du chambranle, qui empêche l'huis de bien se refermer et laisse ainsi passer tout un tas de saloperies polluées et polluantes.

Alors, inconsciemment ou pas, la seule formule, celle qui ne se prononce pas, de notre monde qui galope vers sa perte comme un cheval fou, ce souhait de nos années à venir en forme d'interrogation anxieuse, plus pire année encore ?

En attendant ce jour où nous nous souhaiterons de nouveau, bonne année dans un brouhaha rieur. Ou plus rien dans un silence infini.

Alors, bonne meilleure pire plus pire année 2019 !

Jean- Yves Le Garrec

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