Mes amies, mes amis, chaque sortie ressemble à la roulette russe même et surtout en cette période transitoire de déconfinement. Abstenez-vous de trop sortir ou prenez les dispositions recommandées par les autorités.

 Un grand coup de gueule contre les gestes hostiles envers les soignants. A l'heure où chacun de sa fenêtre applaudit nos soignants qui sont au front, d'autres gens, veulent faire virer de leur immeuble telle infirmière, tel aide soignant, par peur ! Mais peur de quoi ? Certains propriétaires résilie le bail de tel médecin ou d'étudiants en médecine, pourquoi ? Assainir au sens eugénique du terme leurs murs ? D'autres cassent les voitures des soignants libéraux, pour les piller parfois, comme avertissement, souvent. Casser leur outil de travail, c'est une façon honteuse, lâche, anonyme, de les empêcher de travailler. Ces gens hostiles oublient que si un des leurs tombe malade, ils seront bien contents de les trouver, ces soignants. Alors !

 Avez-vous remarqué que depuis que le port du masque va devenir obligatoire, il en arrive de partout. Et des pubs en veux-tu en voilà ! Incroyable, durant des semaines, des soignants, passez moi l'expression suivante, triviale et non inclusive, se sont battus avec leur bite et leur couteau, pour sauver des vies humaines et maintenant, comme des rats, les masques sortent de tous les trous de ce nouveau fromage tant prometteur. Exemple ultime et oh combien dégueulasse de la société de consommation. A marché étroit, point ou si peu d'offres. A marché gigantesque, une offre subite et bien achalandée. Du goutes à goutes en perfusion à une profusion presqu'obscène.

 On retrouve le même schéma des recherches des médicaments où le seuil de rentabilité doit être prouvé, en dessous, rien ne se fera et peu importe la douleur de quelques parents, je parle des maladies orphelines. L'humain n'est plus au centre de la santé, tout juste à la périphérie, seul le profit compte. On aurait pu penser changer de paradigme, ben, non ! Il parait que l'argent n'a pas d'odeur, si, il a l'odeur du sang, des larmes et de la mort. Mais nous aurons des masques joyeux, à motifs, en couleur, youpi !

 La Covid va aider à réaliser une vieille lune de beaucoup de pays occidentaux, qui n'osaient, par simple droit démocratique, supprimer les achats et transactions en espèce sonnante et trébuchante. Simple geste sanitaire nous dira-t-on, les billets et pièces peuvent être souillés.es.

 Bon, quelle ville allons-nous retrouver, découvrir, car elle ne sera que la moitié d'elle-même ? D'ailleurs nous-mêmes ne serons qu'à 50%, sans visage, pratiquement sans mains, nous nous dirons bonjour avec les pieds en ahanant derrière notre bout de tissu. Terrasse à moitié vide ou à moitié pleine ? Serons-nous souriant derrière nos masques de carnaval de Venise au temps de la peste ? Il y a par contre sûrement un poison qui va très vite revenir et nous le verrons de suite sur notre tissu blanc, la pollution. Cette grande alliée de la Covid avec ses âmes solitaires au volant dont le ridicule est qu'elles seront masquées, ces âmes peu charitables. Hé oui, voilà le grand retour des vroumm vroumm et autres pouet pouet, ce sera du 100% même plus pour le coup. Tandis que tramways et autres bus erreront comme des fantômes vides sur leur voies respectives. 

 Je pense que Robespierre, le vertueux inflexible, aurait aimé le déconfinement à la française. Les ombres d'hommes et de femmes, masquées, allant travailler, puis retournant à la maison, écouter la bonne parole télévisée. Pas de bars, de cafés, de restaurants, autant de lieux de plaisir, qui nuisent à un travailleur sain, dans un corps sain. Pas de cinémas non plus ni de dancing, ni de boites de nuit, autant de lieux de débauche qui détournent le prolétaire de sa vie vertueuse. Et pas d'églises, ni synagogues, ni mosquées, qui détournent le citoyen et lui donne de fausses espérances. Et puis pas de foot ball, non plus, cette religion profane, qui engendre folie et passion au lieu de repos et de consommation. Maintenant remplaçons Robespierre par capitalisme libéral et nous obtenons cette société idéale dont il rêve !

 Donc d'après l'Académie Française, Covid est féminin. Le virus, la Covid. Dans une publication, en fin de semaine dernière, les Immortels rappellent que «Covid est l'acronyme de corona virus disease, et les sigles et acronymes ont le genre du nom qui constitue le noyau du syntagme dont ils sont une abréviation» (la maladie, dans le cas présent) Source : Le Matin électronique. Voilà, vous savez tout sur la Covid, comme ils disent et écrivent déjà au Canada. Il vous manque juste une chose, ne pas l'attraper.

 Bizarre aussi, hein, comme formulation, une chose vous manque mais ne la prenez surtout pas. Y a sûrement un nom pour définir cette situation, si ça vous amuse... Moi, je vais faire un peu le déconfiné dehors mais en restant dedans mes gestes barrière, bien sûr. Maintenant que chaque individu est devenu un pays à lui tout seul, avec une frontière à la Corée du Nord qui le protège de la Covid, allons saluer la ville qui s'éveille et qui, comme toute bonne ville qui se respecte, commence par aller chez le coiffeur. Ce qui ne sera pas mon cas.

 Jean-Yves Le Garrec

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