travaux sur plaine plainpalais L C0iyps

 J'ai suffisamment écrit sur la condamnation à mort puis l'exécution des arbres de Plainpalais pour ne pas être accusé de quoi que ce soit. J'écris cela parce que je lis toujours des critiques sur ce fait. Mais c'est fait !

J'écris cela parce que personne ne prête attention aux hommes qui sous un soleil de plomb travaillent comme des forçats à « améliorer » cette fameuse Plaine. Nous pleurons les arbres comme eux pleurent de sueur la tâche ingrate.

Certes, nous pouvons les voir comme les vils exécuteurs des basses besognes décidées en haut lieu, ils n'en restent pas moins des hommes de chair et de sang. Tant il est vrai que ce chantier semblent impressionnant. Avec un va et vient de gros camions, de petits camions, de pelleteuses, de containers, d'énormes tas de terre bâchées qui ressemblaient aux hangars à avions militaires de Sion. Quelque fois une voitures et des hommes d'importance, de ceux qui moulinent des bras comme pour expliquer à un public invisible, la haute vision, d'abord d'eux-même, puis du projet.

La priorité fut de cacher au plus vite les vilaines cicatrices béantes des arbres arrachés à leur tranquillité. Ensuite peler la peau de Plainpalais de sa vermine goudronneuse. Gratter le derme par endroits jusqu'à l'hypoderme dans d'autres. Puis tailler à vif de longues tranchés comme la gale creuse ses sillons chez quelques pouilleux. Y glisser les drains et autres tuyaux à tout faire.

Enfin reboucher, laissez tasser.

Alors apparurent des « crop circles » sur trois rangées, tous égaux de circonférence. On se dit, voilà les trous où seront plantés nos jeunes arbres, tous de la même famille, des clones peu drôles, d'ailleurs, mais d'ailleurs aussi. Mais surgirent en même temps, de grosses buses de béton, courtes sur pattes mais d'un diamètre égal aux trous des arbres. Et surtout des armatures en acier qui semblent s'emboiter dans les buses qui elles-même s'encastreront dans les trous.

Et là une appréhension nous vient. Quels genres d'arbres nécessitent tant de de ferraille et de béton ? Des arbres si sauvages qu'il faut les encager ? Des arbres ramenés de force de pays lointains qui seraient tentés d'y retourner, donc ils doivent être enchainés? Des arbres modernes, contemporains, qui ne connaissent pas la forêt, seulement la ville, et son environnement cimenté?

Bon, nous verrons quand ils arriveront.

En attendant sous nos regards absents, des hommes creusent, ratissent, bouchent, débouchent, manient des petits monstres hurleurs, des gros monstres fumeurs, s'épongent le visage, la parole rare et le soleil moqueur.

Une semaine pour abattre les arbres, deux années pour tout remettre en place. La ville travaille pour nous, clame un panneau. Vu le nombre de mécontents, cela semble bien péremptoire comme annonce.

travaux sur plaine plainpalais L C0iyps

 

 

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