Image20 1024x662Les loups sont rentrés dans Paris, chantait Serge Reggiani, quand l'armée allemande entra dans Paris.

Elle apportait dans ses bagages, une autre meute plus encore terriblement assoiffée de sang, des SS à tête de mort et la Gestapo de sinistre mémoire. Et dire que quelques mois avant, on dansait de joie à Paris et à Londres, la guerre était évitée, ce Monsieur Hitler avait promis...

La faiblesse des démocrates est de croire que le monde et les hommes ne peuvent être que des épris d'égalité, de liberté et de fraternité. Comme disait Churchill, la démocratie est le pire des systèmes à l'exception de tous les autres. Je vous conseille de lire la démonstration de ce paradoxe par le prix Nobel d'économie Kenneth Arrow, c'est fascinant.

Il y a des espèces animales, végétales, en voie d'extinction. Mais il y aussi une autre espèce en voie d'extinction, dont personne ne parle, c'est l'extinction d'une espèce politique, la démocratie. Les grandes et vieilles démocraties sont devenues des bougies vacillantes, certaines sont même en Alzheimer de leur propre histoire.

Le système a été dévoyé par ceux-là même qui s'en portaient garants. Le vote du peuple, cette longue et dure conquête de pouvoir l'exercer, s'effiloche. A tel point que certains pays où il est libre, se pose la question de le rendre obligatoire. Ce serait déplacer le problème mais non régler cette espèce de dégout qui s'est emparé des citoyens pour la chose publique.

La corruption au sens premier du terme, à savoir monnayer un service comme cela se voit au Brésil par exemple où les Présidents tombent comme des mouches dans le pot de confiture, n'est pas celle qui hante d'autres pays, une certaine corruption morale. Qui transforme un élu en rentier politique, pratiquement ad vitam eternam.

Dans certains pays comme en France, il est facile de mener toute sa carrière, sans avoir jamais travaillé tout en vivant plus que bien grâce aux impôts de ceux qui travaillent. Au fond, pour beaucoup, nos démocrates sont comme des représentants sauf qu'ils vendent souvent du vent et pas d'aspirateurs. Ce faisant, ils ont ramené la politique à un degré zéro entrainant de facto la démocratie dans leur chute.

Ainsi, pour avoir servi le peuple, payé par le peuple, une retraite s'accumulera, âge atteint ou pas, suivant les usages en vigueur dans chaque pays. Ou, une fois son carnet d'adresse bien rempli, un joli poste se présentera et peu importe un éventuel conflit d'intérêt. Faire de la politique en démocratie est devenu un tremplin et non plus un devoir sacré pour celle ou celui qui se présente.

Et puis, celui qui est élu, n'est pas forcément celui qui aurait dû l'être. Et partant, si on modernise, on n'élit plus pour mais contre. Ce n'est plus un vote d'adhésion, c'est un vote sanction ! Un vote par défaut donc où interviendra automatiquement un rejet plus ou moins rapide de l'élu. C'est le cas typique du Président Macron actuellement.

Flagrant donc dans les démocraties présidentielles ce «détournement des votes» Un peu moins voyant peut-être pour les démocraties parlementaires. Mais si nous prenons les cas de Merkel ou May, elles ne survivent qu'à grands coups de compromis et parfois contre leur propre programme présenté aux élections. Ce qui entraine un mécontentement de son propre camp et surtout du camp adverse pourtant l'allié de circonstance certes mais le plus vindicatif en même temps.

 Les démocraties ainsi représentées s'affaiblissent, leurs leaders naviguent à vue et n'osent se projeter plus loin que le bout de leur mandat pour être réélus. Ils en deviennent clientélistes, essaient de contenter tout le monde et ne satisfont personne.

Ce qui est tout à fait normal puisqu'aucun de ces leaders n'est élu avec une majorité claire. En Allemagne, première puissance européenne, il a fallu attendre 4 ou 5 mois pour avoir un gouvernement, en Belgique, une fois cela a duré 18 mois.

Ainsi la démocratie est devenu une vaste foire d'empoigne de petites personnes, un lieu d'affrontement stériles d'idées de complaisance, sans aucune ossature ni lignes de force. Un grand bain de tout et rien, ne pas trop agacer le possible électeur en lui disant ce qu’il veut entendre et gagner la partie ou jouer franc jeu et la perdre. C’est tout le paradoxe de la démocratie.

Et les loups arrivent...

A suivre

Jean-Yves Le Garrec 

 

 

 

 

 

 

 

 

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