La lutte à petits pas est ce à quoi nous assistons le plus dans le combat engagé contre le changement climatique. Sans oublier que ce juste combat devrait se coupler avec la protection de la nature, de l'agriculture, de la bio diversité. Et on est très loin du compte.

 Il faudrait tout mener de front et prendre des mesures radicales dont certaines sont simples et immédiates. Pourtant, si des actions fortes sont annoncées, elles le sont toujours pour dans deux, trois ans, voire plus. Jamais du jour au lendemain. Sauf pour les taxes.

 Prenons l'exemple des plastiques à usage unique, pourquoi faut-il attendre l'année prochaine, toujours l'année prochaine ou la suivante ? Il suffit d'une décision politique forte, rapide, sans concessions, les citoyens y sont maintenant sensibilisés à tous ces dommages du plastique et ils attendent aussi une décision immédiate... Qui ne vient pas.

 Prenons maintenant l'exemple de la taxe carbone qui s'applique pour les hydrocarbures en général, elle est annoncée, simulons, le 2 mars, le 3 mars elle s'applique. Ou bien, le malus appliqué à certains véhicules qui dépassent, parfois de peu, la limite qui déclenche ce malus.

 En France, par exemple, ce malus frappe de plein fouet les véhicules les plus achetés par la classe moyenne. Ou l'augmentation de la taxe essence qui a entrainé en France mais aussi dans d'autres pays européens, la grogne des Gilets Jaunes. Mais est-ce un hasard ?

 Non, bien sûr, c'est même le but non avoué de cette lutte à petits pas. Et c'est d'une grande dégueulasserie, immonde même. Profitez de ce danger planétaire pour faire payer le peuple, l'essorer un peu plus. Comprenez bien qu'un malus de 5 ou 10 000 euros sur une voiture achetée 100 000 euros ou plus, c'est quand même supportable par l'acquéreur. Mais un malus de 1000 euros pour une voiture qui en vaut 10 ou 12 000 euros, c'est de l'escroquerie organisée par l'état.

 Pour les taxes sur les hydrocarbures qui sont déjà de l'ordre de 60% minimum, c'est encore le petit qui va trinquer. Déjà, les taxes sont décidées par des fonctionnaires qui vivent en ville. Or chacun sait qu'en ville, il y a un maillage très serré des transports publiques. Mais hors des villes, la voiture reste le seul moyen de locomotion, ne serait-ce que pour aller bosser.

 L'écologie serait-elle devenue le moyen commode et décomplexée d'enfoncer le peuple, le nez juste  au ras de la ligne d'eau ? Autrement dit, la lutte contre le réchauffement climatique doit-elle se faire au détriment des peuples et aux bénéfices des multi-nationales ?

 Car, comme les états n'ont que peu d'argent à investir, à part l'Allemagne, donc, ils rackettent à tout va. Et plus la transition sera longue, plus l'argent rentrent dans les caisses avec la bénédiction de la finance. Si encore l'argent d'une taxe carbone, par exemple, ne servait qu'à payer pour de nouvelles sources d'énergie décarbonée, nous pourrions le comprendre. Mais est-ce le cas ? Non !

 L'Europe qui est la source mère de la pollution dans le monde, possède le savoir pour changer le cours de l'histoire. Mais système libéral oblige, les deux seules usines européennes capables de construire des panneaux solaires, se sont vendues, telles de vieilles putes, aux Chinois. Maintenant nous les importons à coup de gros cargos bien crados.

  Le Conseil Européen, le Parlement Européen, sont des nids de lobbies en tout genre. De la grosse artillerie des agro-alimentaires, en passant par les voitures, les labos et la pharma, les industriels et la grande finance jusqu'à des petites structures qui veulent imposer l'interdiction des graines anciennes ou de planter un pied de tomates sur son balcon, ils sont tous là, véritables mouches à merde.

 D'où la nécessité de frapper un grand coup pour claquer ces profiteurs qui, non seulement nous ont mis dans la mouise mais ne veulent pas perdre le moindre petit sou en faisant trainer les choses. De virer tous ces lobbies pourris jusqu'à la moelle, qu'on puisse respirer un peu.

 Revenons au plastique à usage unique, un trait de plume, une signature et hop c'est interdit. Définitivement. Après des années les sacs en plastique ont enfin été bannis. Des années de pollution des mers et océans qui auraient pu, qui auraient dû, être évitées. Même de grands pays comme l'Inde, le double d'habitants de l'Europe s'y mettent, radicalement. La Pakistan où les sacs en plastique sont synonymes de savoir vivre va les supprimer, or ce pays c'est 55 milliards de sacs à l'année. Et là aussi ça va être radical.

 Mais nous en Europe, on discute, on se chamaille, on promet. La France qui possède la deuxième surface maritime au monde, tergiverse au lieu d'être l'exemple. Or si la démocratie est une structure forte, ce n'est pas le cas des gouvernants qui les dirigent. Souvent mal élus ou tributaires d'alliances fragiles, ils ne tranchent pas réellement.

 Et il faut bien laisser le temps aux plastico-industriels d'écouler les stocks et de proposer autres choses, n'est-il pas ? Consommation must go on !

 Et comme l'argent manque, la tentation est trop grande de taxer, à petits pas, sur une longue période. Et on revient au point de départ. Comment concilier l'inconciliable, comment faire vivre côte à côte, la loi du marché et l'impérieuse question de l'écologie. C'est impossible, ce sera l'un ou l'autre, pas les deux. Même si certains écologistes nous promettent de verdir tout le système. C'est à dire de passer à une économie marché qui serait verte.

 Un rapport récent de Greenpeace qui dénonce les fausses alternatives au plastique nous renforce dans l'idée qu'il faut un changement radical de nos habitudes. La vraie réponse, développée par Greenpeace, c'est de surtout perdre cette habitude de jeter ce que nous utilisons. Réapprendre à boire au verre, prendre ses couverts etc. Et revenir au vrac et à la bouteille consignée, à la simplicité conviviale des rapports humains, car qui dit vrac nous engage à parler avec une personne qui travaille dans le magasin, essayez donc d'avoir une conversation avec une barquette en plastique !

 Là nous sommes dans dur, dans le vrai, dans le changement de paradigme sociétal.

 Et ne parlons pas des pesticides, herbicides, fongicides, on frôle la tragi-comédie. Enfin si parlons-en. Il n'existe d'ailleurs qu'un fort et unique consensus à ce sujet, c'est d'en parler justement. Puis de dénoncer, puis de démontrer la nocivité, puis de déclarer qu'il faut s'en débarrasser. Mais plus tard. Alors on parle et on parle. Peut-être dans 5 ans, dans 10 ans, on supprimera.

 C'est qu'il faut laisser le temps aux Pharma-chimiques, d'écouler les stocks et d'inventer une autre diablerie. Business must go on !

 A suivre

 

 -  Juste changer de mode vie ou changer de paradigme sociétal ? I

https://hebdolatino.ch/francais/34-les-chroniques-de-jean-yves-le-garrec/8588-juste-changer-de-mode-vie-ou-changer-de-paradigme-societal.html

- Juste changer de mode vie ou changer de paradigme sociétal ? II

https://hebdolatino.ch/francais/34-les-chroniques-de-jean-yves-le-garrec/8648-juste-changer-de-mode-vie-ou-changer-de-paradigme-societal-2.html

Juste changer de mode vie ou changer de paradigme sociétal ? III

https://hebdolatino.ch/francais/34-les-chroniques-de-jean-yves-le-garrec/8912-juste-changer-de-mode-vie-ou-changer-de-paradigme-societal-3.html

 

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