Lâchez-moi les baskets avec la pollution, la malbouffe, le carbone et la voiture électrique. Ça fait 65 ans que je m'en prends plein la gueule, sans le savoir alors que nos gouvernements le savaient et maintenant que je le sais aussi, inutile de me le rabâcher ad nauseum.

 Sur les réseaux sociaux, c'est carrément devenu le concours à celui qui mettra l'article le plus terrible comme si les gens, actuellement, se repaissaient des malheurs annoncés. Des têtes nouvelles parées de titres sérieux ou loufoques, font la queue des médias pour nous raconter la même histoire. En versions différentes, par dessus, par dessous, en haut, en bas, devant, derrière, ça n'en finit pas.

 Il n'y a plus d'articles dans le journaux, il n'y a plus que des avis de décès. Décès, de pollution, de malbouffe, de nouveaux virus et de bactéries super résistantes, d'incendies extrêmement violents et de plus en plus mortels... Une longue litanie qui sur une année fait passer notre planète de vie à trépas, de100 ans pronostiqués au début, à 50 à la fin décembre. Une sixième extinction de masse va nous labourer et il ne restera que... Ben, on ne sait pas vraiment.

 Ce ne sont qu'articles et papiers d'experts ou paroles de scientifiques et si rien ne se passe, ce n'est plus de 2 ou 3° en plus mais 7 ou 8 et pas après-demain mais pour demain. Des centaines de millions de morts, de déplacés, de maladies, de pandémies, de manque d'eau. L'apocalypse !

 Parfois je sors et je me dis, quel beau soleil, ce ciel bleu, et je respire à pleins poumons... Malheureux me dit-on, tu ne sais pas combien de particules fines, noires, brrrrrrr toutes cracras que tu t'envoies dans les alvéoles. Rentre vite chez toi, tu vas mourrir dehors. Et là. J'entends un spécialiste à la télé, malheureux avec tous tes produits de nettoyages, c'est pire que la pollution dehors. Sort de ta maison ou tu vas y mourrir !

 STOP, ON A COMPRIS !

 De plus ça fait peur aux enfants, toutes ces choses qui se racontent à longueurs de journée. Je n'ai pas entendu une seule note positive. Un seul encouragement pour ce que fait le peuple. Rien. Ce n'est pas porteur sans doute.

 Et puis cette peur actuelle diffuse car largement diffusée m'a rappelé ma propre jeunesse. A cette époque c'était de l'anéantissement de la planète par les bombes nucléaires dont il était question à longueur de journée. Avec son paroxysme en 62 et la crise Américano-Soviétique des missiles de Cuba. Nous étions à deux doigts de la grande déflagration. 

 Pendant plus de 60 ans nous avons vécu sous le joug de ce qu'on appelait la guerre froide ou l'équilibre de la terreur. Réjouissant non, quand on débute dans la vie. Et bien pour nos enfants, nous leur faisons vivre le même scénario. Et nos enfants se battent contre cela, comme jadis, d'autres se sont battus, parfois écrasés par des chars ou éliminés par une dictature militaire ayant pris le pouvoir.

 Mais nos enfants se battent et parfois la police les démonte car ils dérangent l'ordre bourgeois. Mais la bataille est la même, défendre leur avenir, bien sombre.

 Et ils sont vaillants pour la plupart, vaillants et attentifs, font bien le tri, utilisent les transports publiques, remontent les bretelles à leurs parents qui jettent tout dans une même poubelle, s'inquiètent du sort des animaux, font attention à ce qu'ils mangent. Oh, bien sûr, les mauvaises langues diront que la majorité d'entre eux vont au fast food ou passent leur temps sur leur tel, mais qu'importe Paris ne s'est pas fait en un jour.

 Je rappelais la guerre froide tout à l'heure parce que les temps incertains poussent les gens à consommer. Une espèce de catharsis qui semble soulager la lourdeur de l'époque et des propos rabâchés.

 On retrouve cette même envie en ce moment et même les grèves actuelles en France pour des retraites prévues quand le monde sera totalement boulversé s'apparente à la même démarche. Il est d'ailleurs assez plaisant de voir que ceux qui poussent à protéger les retraites et sûrement à raison (dans l'absolu, bien sûr) sont ceux qui nous annoncent également la fin du monde, enfin la fin d'un monde.

 Mais fermons cette parenthèse et revenons à notre consommation, maître mot de notre société. Si pendant la guerre froide, les gens devaient tout acheter, c'était le début de cette fameuse société de consommation, maintenant, ils ont tout et parfois en double voire en triple.

Jean-Yves Le Garec

A suivre.

 

 

 

 

 

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