Greta en 2019 à Davos houspilla l'assemblée des décideurs et gouvernements, leur reprochant de ne rien faire. Greta en 2020 à Davos a redit exactement la même chose et les années suivantes fera le même discours.

 Parce que rien ne se fait ? Pourtant au niveau européens des engagements sont pris pour arriver à zéro carbone. Mais c'est long. Pas assez pour certains, bien trop long pour les autres. Existe-t-il un juste milieu ? Non ! Les demandes sont trop fortes, voire impérieuses, presque fascisantes. 

 Les grandes gueules qui nous harcèlent de sauver Greta se trompent de combat mais ils persistent et signent dans une espèce de haine qui leur sert d'arguments et de viatiques. D'ailleurs, soit Greta est une grande fille, ce que je pense et elle n'a pas besoin d'aide, soit... Et cette polémique ne m'intéresse pas. 

 Pourtant je suis pour l'adolescence déprogrammée qui se bat contre certains enjeux mais... Cette adolescence vit dans l'opulence du chauffage, de l'eau, du numérique et surtout d'une bonne éducation ainsi que d'une protection de lois qui sanctionnent les abus, sexuels, notamment, interdits ici, tolérés ailleurs. Ce qui entraine qu'une autre partie de la jeunesse du monde a d'autres combats plus immédiats à mener, ceux de tous les jours, pas pour demain, pour maintenant.

 Mais Greta fut bien utile à Davos ne serait-ce que pour redorer le blason du WEF et rendre ridicule le Président Américain. Et tant qu'on parle de Greta par-ci, Greta par-là, on ne parle pas du reste.

 Par exemple de l'engagement de l'Allemagne à ne plus utiliser de centrales à lignite (pire que le charbon) en 2035. Bon. Que la Pologne qui n'utilise pratiquement que de la lignite ou du charbon, ne s'engage à rien. Bon. Que les pays de l'Est veulent bien tout ce qu'on veut du moment que l'Europe leur donne de l'argent pour le faire. Bon. Que la France avec ces centrales atomiques est moins polluante que les autres. Que la Suisse s'est fait remonter les bretelles par Greta, la Suisse...

 Ben, oui, la Suisse, à travers ses grands banques, ses sièges sociaux de différentes compagnies minières et ses 4x4 à tout va dans toutes les villes.

 Bref en Europe ça bouge mais si on s'en réfère aux alarmes, c'est trop tard, bref ça ne sert pas à grand choses. Mais à moins de couper le chauffage, l'électricité et interdire les voitures demain matin à 500 millions d'européens, il faut bien trouver le temps de mettre les alternatives en place. Et surtout le pognon, le blé, le flouze, le fric, la fraiche, l'oseille, l'argent quoi !

 Parce que cela engage des dédommagements qui vont se chiffrer en milliards, des pertes d'emplois en dizaines de milliers mais c'est faisable. Profitons en, pour réduire la durée du travail afin de multiplier les postes, par exemple.

 Quant au reste du monde, on ne sait pas très bien, d'une part de ce qu'il pense de tout ça et d'autre part, de ce qu'il fait. Parce que le monde n'est pas l'Europe et les leçons de morale des européens qui ont tout, en double ou en triple, cassent sérieusement les bonbons à beaucoup de pays. Bien sûr 196 pays ont signé l'accord de Paris, mais même les principaux pays s'en écartent, alors les autres...

 Et puis, prenons la voiture. En Europe, elle fut au début un acquis social et un gage de liberté, d'aller indépendamment où on voulait se rendre. Puis la voiture devint un outil de travail pour certains, un moyen indispensables pour se rendre au travail pour d'autres. Enfin arriva la voiture pour le plaisir, celle ci on pourrait ma foi sans passer aisément. Vous savez ces gros SUV ou 4X4 qui défoncent les petits chemins en campagne ou en montagne ou crachent en ville toute la bile de leurs moteurs surpuissants.

 Le problème c'est que de nombreux pays et pas des moindres, l'Inde, la Chine, le continent Africain, Sud Américain en sont au stade premier de la voiture, l'acquis social, la liberté. Et là, premier hiatus. La Chine qui vient de lancer la construction de 6 centrales à charbon, l'Inde qui doit apporter à moindre coût l'électricité et l'eau à 280 millions de ses concitoyens, tant de pays africains qui ont ni électricité, ni chauffage pour certains, ni eau courante. Deuxième hiatus.

 Mais ils ont du pétrole et du charbon, alors...

 Et puis, nous, peuples européens, jeunes et moins jeunes sommes nous prêts réellement à faire ce que certains nous demandent de faire ? Manger local ou bio, bien sûr, fastoche, mais le reste ? A éviter les fast food ? A couper son tel pendant un jour ou deux par semaine ainsi que toutes ses connexions numériques. Parce que le numérique est le deuxième ou troisième plus gros émetteur de gaz polluant. A laisser sa voiture au garage, sa trottinette électrique, son vélo électrique... A ne plus voyager ou beaucoup moins en avion.

 Et quel pays pour l'instant est-il prêt à faire l'impasse des taxes sur l'essence ? En 2040, nous dit-on, on ne pourra plus vendre de voitures neuves à énergie fossile en France. Soit.

 Tout ça va prendre du temps, on le sait. Aucune solution n'est d'ailleurs réellement avancée qui soit la panacée. On sait par contre qui prendra de plein fouet les surcoûts annoncés, la classe moyenne et les plus précaires, c'est la seule certitude.

 Et l'eau ? La grande finance s'en empare avec l'aide et le soutien comme en Californie des grandes organisations écologiques. Certaines grandes villes comme Paris, Berlin ont remunicipalisé l'eau mais d'autres villes comme au Portugal sont coincées avec des contrats très longs par des compagnies privées.

 Oui l'eau va être privatisée mais on en parle peu. Le principe des écolos californiens est que si l'eau est privatisée et qu'elle augmente suivant les disponibilités naturelles, les gens l'économiseront. Dans le principe, pourquoi pas. Mais si la finance rationne artificiellement l'offre, la hausse des prix deviendra une arnaque. Mais je fais confiance aux écolos californiens.

 Alors, moi, pauvre crétin, je me fais insulter parce que j'ose dire qu'il y en a marre de ces putains d'articles mortifères, qui ne parlent que de ça, comme si on était des idiots ou des poissons à pécher pour certaines paroisses, ces articles qui vénèrent Greta comme Jesus, je redis stop. Foutez-moi la paix. Par contre, j'attends des articles sur des avancées durables, des solutions à portée de main, des témoignages de femmes et d'hommes avec leur expérience etc. Bref, des discours positifs. Est-ce trop demander ?

 A mes amis lecteurs, peut-être est-ce ma dernière chronique. Salut

 

Jean-Yves Le Garrec

 

 

 

 

 

 

 

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