Anastasia Mikova a débuté en tant que journaliste pour la télévision française, puis a commencé à travailler avec Yann Arthus-Bertrand il y a dix ans comme rédactrice en chef du programme télévisé Vu du ciel.

 

Ce fut le début d'une collaboration qui continua lorsqu'elle travailla en tant qu'assistante réalisatrice de l'incroyable film documentaire Human de Yann, et qui se poursuit encore aujourd'hui dans le cadre de son dernier projet, Woman, pour lequel elle endosse la casquette de coréalisatrice.

Anastasia nous explique son rôle dans le cadre de Woman et sa vision du film.

 

Qu'est-ce qui vous a poussée à participer à Human, le précédent film de Yann Arthus-Bertrand, et comment cette expérience vous a-t-elle façonnée en tant que réalisatrice ?

« J'ai travaillé avec Yann pendant plusieurs années après La Terre vue du ciel.

Il s'est ensuite concentré sur ses projets et j'ai poursuivi ma propre carrière professionnelle. Un beau jour, il m'a appelée pour me dire :

"J'ai commencé un nouveau film, du jamais-vu auparavant, une véritable révolution dans le monde des documentaires. Viens travailler avec moi." Au début, j'ai cru qu'un de mes amis me faisait une farce ! »

« On s'est rencontrés, et je me souviens que Yann m'a tendu une feuille.

La trame complète du film y était :

"Je veux parler de l'humanité, de ce que signifie 'être humain' aujourd'hui. Quels sont nos points communs ? Qu'est-ce qui nous sépare ?" La fin était magnifique, avec le message : "Seul l'amour peut sauver le monde." C'est ainsi que nous nous sommes lancés. Il a fallu presque quatre ans pour réaliser Human, ce qui est énorme pour un documentaire.

« Human m'a complètement transformée, que ce soit sur le plan professionnel ou personnel. Il y a un avant et un après Human. Je suis une toute autre personne depuis. Human a été une expérience unique. Des gens que nous n'avions jamais rencontrés avant partageaient avec nous des détails personnels, voire intimes. Ils nous révélaient parfois des choses qu'ils n'avaient jamais racontées à quiconque auparavant.

« Ce projet m'a menée dans des pays où je n'étais jamais allée, m'a ouverte à des cultures et des traditions dont je n'avais jamais entendu parler. Et il m'a placée dans des situations que je n'aurais jamais connues autrement.

Je réalisais des documentaires depuis plusieurs années déjà avant de travailler sur Human, mais à chaque fois que je travaillais sur un projet, je me répétais :

« Ce n'est pas ta vie, c'est ton travail. » Or quand des gens s'ouvrent totalement à vous, ce raisonnement n'est plus possible. Cette expérience vous transforme. »

 

Pendant le tournage de Human, comment vous est venue l'idée de réaliser un autre film sur le thème des femmes ?

« Lorsque nous filmions Human, nous avons vraiment été frappés par la différence entre les interviews réalisées avec des hommes et [celles réalisées avec] des femmes.

Par exemple, lorsque nous arrivions dans une ville ou un village pour présenter le projet, les hommes posaient beaucoup de questions, tandis que les femmes restaient souvent assises en écoutant d'un air un peu méfiant. Mais une fois devant la caméra, on aurait dit qu'elles avaient attendu cet instant toute leur vie. Elles sautaient vraiment sur l'occasion pour dire : "Nous sommes là et nous existons."

Un jour, Yann a lancé : "Je pense que l'on devrait se concentrer sur les femmes."

Après cela, c'est devenu comme une évidence. Lorsque l'on voit ce qu'il se passe en ce moment avec les femmes autour du monde, tous ces mouvements incroyables dirigés par des femmes qui partagent leur histoire, nous ne sommes pas surpris, car cinq ans auparavant, nous savions que cela allait arriver. »


Outre le fait que vous vous concentriez cette fois sur les femmes, en quoi ce dernier film sera-t-il différent de Human ?

« Nous avons décidé de conserver le même format pour les interviews, en optant pour des gros plans sur les visages. Nous avons essayé d'autres techniques, et il s'avère que les gros plans constituent la meilleure approche pour écouter quelqu'un. Human était tellement vaste que nous avions dû le diviser en plusieurs volets : guerre, famille, bonheur.

Entre ces interviews, nous avions intégré des images aériennes, ce que fait Yann depuis maintenant de nombreuses années. Mais pour ce projet, nous voulons passer au niveau supérieur et réfléchir à ce que signifie 'être une femme'.

« Parfois, cette idée sera exprimée par trois femmes de trois générations différentes, d'autres fois par deux femmes habitant sur des continents différents. Quelques fois, ce sera une mosaïque de plusieurs femmes discutant d'un sujet universel. Ce sera plus diversifié.

À nos yeux, il est aussi primordial de plonger dans la vie de ces femmes. C'est pourquoi, à certains moments, nous nous penchons davantage sur leur contexte personnel. À d'autres moments, nous montrons des femmes en train de chanter, car elles expriment à travers la musique des choses sur lesquelles elles ne parviennent pas à mettre de mots. »

 

 

«Avec "Woman", on a cherché à briser tous les tabous et à libérer la parole des femmes»

Comment c’est d’être une femme dans un monde d’hommes? Avec Yann Arthus-Bertrand, la réalisatrice et journaliste Anastasia Mikova s’est posé la question. C’est ainsi que pendant près de trois ans, elle a sillonné la planète et interviewé 2000 femmes. Elle nous en dit plus sur ce documentaire inédit qui célèbre la parole de chacune et ouvre «une fenêtre sur un monde nouveau pour les hommes».

 


 

Posez-vous toujours les mêmes questions, même dans les pays où certains sujets sont tabous ?

« Toujours. Lorsque nous arrivons dans un pays, le traducteur ou la personne chargée de régler les problèmes nous dit généralement : "Oh, vous savez, dans notre pays, on ne parle pas de ça." Et nous lui répondons "Bien entendu". Puis, pendant l'interview, nous posons quand même la question. Nous ne faisons aucune exception. Cela n'est jamais arrivé qu'une femme refuse d'aborder un sujet tabou. Il y a tant à raconter. Il faut juste ouvrir la voie et cesser d'avoir peur. »

 

Parler, se confier sur ce que l’on a vécu de plus intime, ce n’est pas une évidence pour toutes ces femmes que vous avez rencontrées. Comment êtes-vous parvenue à combattre le silence?

Ce que l’on a ressenti, en faisant ces entretiens, c’est qu’il y avait une sorte de honte chez de nombreuses femmes à l’idée de parler de ce qu’elles avaient vécu. C’est quelque chose de très intérieur, car la société a tendance à toujours nous juger. Malgré tout, on nous enferme dans une sorte de monde cloisonné où il faut se comporter comme-ci, comme-ça.

C’est notamment le cas lorsque les femmes subissent des violences: il arrive fréquemment qu’elles ne parlent pas pendant des années, voire des décennies, parce qu’elles s’enferment dans cette honte. Bien souvent, il n’y a personne pour les sortir de cela. Avec Yann, on s’est dit qu’il fallait briser ces tabous.

 

C’est vraiment l’ambition du film: briser les tabous sur tous les sujets, aussi bien les sujets graves comme les discriminations, les violences, etc. que les sujets beaucoup plus légers mais tout aussi tabous, comme l’orgasme ou les règles.

 

Cela reste aussi compliqué d’aborder ces thématiques. Pourtant, il n’y a aucune peur, aucune honte à avoir dans ce que l’on peut partager.

 

Vous avez interviewé 2000 femmes et en avez filmé 4000, dans 50 pays différents. Comment les avez-vous sélectionnées?

Les extraits de quelques minutes proviennent de témoignages qui, chacun, durent plusieurs heures. On comptait entre 2 et 3 heures pour un entretien. Ce n’était pas du tout une interview classique, cela se rapprochait beaucoup plus d’une thérapie, d’une psychanalyse.

L’idée n’était pas de s’adresser aux autres, mais de petit à petit rentrer en soi, rentrer dans une forme d’introspection pour aboutir à ce qui était vraiment important dans ce que chacune avait vécu. Tout notre travail en amont consistait à établir une relation de confiance. Sans cela, on n’arrive à rien.

Pour les 2000 entretiens, j’ai travaillé avec cinq autres journalistes, uniquement des femmes, pendant presque deux ans. Yann a œuvré davantage sur la partie artistique du film, mais n’a pas réalisé d’interview.

Étant donné le nombre de sujets personnels que l’on aborde, ce n’était pas possible qu’elles se livrent ainsi face à un homme. Et dans chaque pays où l’on a tourné, on avait ce que l’on appelle des «fixeuses», des femmes qui ont travaillé durant des mois en amont pour trouver des volontaires et leur expliquer le projet, leur faire comprendre pourquoi il était important qu’elles témoignent.

 

 

L’idée pour nous, c’était d’avoir une sorte de mélange entre des sujets très universels qui concernent toutes les femmes (l’amour, le travail, l’éducation, les discriminations, la sexualité, etc.) et d’autres plus pointus et plus spécifiques que l’on voulait mettre en avant, comme le viol de guerre ou l’excision.

 

Dans chaque pays, nous avons rencontré des multitudes de personnes aux profils extrêmement variés, de la femme à la tête de l’État à celle qui conduit le bus en passant par une autre qui reste à la maison et celle qui a fondé son entreprise. Toutes ces participantes, on ne les a jamais réduites à un seul sujet, on leur a toujours posé toutes les questions.

 

Même si on savait que l’une d’entre elles avait subi un viol, on ne faisait pas une heure d’interview autour de cette thématique: on évoquait également tous les autres aspects de sa vie. Ce qui est intéressant, c’est que de nombreuses intervenantes que l’on avait sélectionnées pour un sujet initialement, se retrouvent pour totalement autre chose dans le film. C’est aussi cela qui rend ce projet unique.

 

 

La plupart des membres de l'équipe de production sont des femmes. Pourquoi ?

« Les journalistes qui travaillent avec moi sont toutes des femmes, car nous posons beaucoup de questions intimes. Nous parlons de règles, de sexualité, de la relation que nous entretenons avec notre corps. Beaucoup de femmes ne se confieraient pas à un homme de la même façon. Mais l'équipe de cadrage compte des femmes et des hommes.

Dans certaines cultures, le mari doit d'abord donner son accord pour que sa femme soit interviewée et [dans certains cas] cela aide d'avoir un homme dans l'équipe.

Les maris trouvent qu'il est rassurant de se dire : "Je peux parler avec lui pendant que ma femme va avec cette dame." Je ne veux pas que Woman soit un film réalisé par des femmes pour d'autres femmes uniquement. L'objectif étant de parler à tous, je trouve ça formidable que ce film soit l'œuvre d'une collaboration étroite entre hommes et femmes. »

 

Le montage a dû représenter un sacré défi… Comment avez-vous procédé?

C’était clairement la partie la plus difficile. Recueillir des témoignages, ce n’était pas le plus dur. Évidemment, on a vécu des moments très forts, mais le plus ardu, c’était vraiment de sélectionner de la matière pour le film parmi ces 2000 témoignages qui sont tous exceptionnels. Comment choisir, comment arriver à un documentaire de deux heures où seule une centaine de femmes s’expriment? Ça a été un casse-tête, on a mis presque un an à monter «Woman». Chacune de ces femmes avait totalement sa place dans le projet.

Évidemment, le film est au centre, mais il n’y a pas que ça. Un livre va sortir prochainement, il contiendra de nombreux témoignages qui ne sont pas dans le film. Nous travaillons également sur une exposition immersive qui aura lieu à la Villette à Paris au mois de mai et qui va ensuite voyager partout dans le monde. D’une façon ou d’une autre, toutes les femmes vont exister à travers ce projet, même si ce n’est pas dans le film lui-même.

 

Quelle a été l’influence de #MeToo sur le tournage?

Honnêtement, aucune. On a commencé les tournages presque deux ans avant #MeToo. Le projet est né alors que l’on réalisait notre précédent film avec Yann, «Human». J’ai tourné plus de 700 entretiens pour ce dernier. Et quelque chose m’avait frappé sur le terrain.

Cela fait 15 ans que je fais ce métier. Et là, j’arrivais dans des pays où, il y a 15 ans, il était totalement impossible de trouver une femme d’accord de parler à visage découvert devant une caméra. Dans ces mêmes lieux, d’un coup, des femmes venaient à moi et voulaient partager leur histoire. Quelque chose était en train de se passer. Les femmes ne voulaient plus rester dans l’ombre, mais bien prendre la parole.

 

En rentrant du tournage, j’en ai parlé avec Yann. Quand on a terminé «Human», «Woman» n’était pas un choix, le projet s’est imposé à nous. Les femmes avaient besoin d’une fenêtre, d’être entendues. On voulait créer cet espace pour elles.

 

Un an et demi plus tard, l’affaire Weinstein est arrivée. Mais pour nous, cela n’a rien changé, on savait que cela était en train de se passer. On n’a pas du tout été surpris par l’ampleur de #MeToo: on sentait qu’il suffisait d’un déclencheur pour, qu’enfin, cela occupe l’espace médiatique. Mais les femmes étaient déjà là, elles étaient déjà prêtes.

 

Oser parler, vous l’avez dit, est libérateur pour celles qui s’expriment. Comment réagissent celles et ceux qui regardent le film?

C’est un film qui est destiné à tout le monde. C’est d’ailleurs très intéressant d’observer la réaction des femmes et des hommes devant le film, elle est très différente. On est en plein dans la tournée, on rencontre donc le public tous les jours. Pour le public féminin, il y a un effet miroir très fort, chacune me dit qu’elle se retrouve dans tous ces témoignages.

Beaucoup me confient:

«J’ai l’impression de toutes les connaître». Mais il y a un lien invisible qui est là, qui existe. C’est quelque chose que j’avais senti sur le terrain et qui m’avait beaucoup frappé. C’est pour cela d’ailleurs qu’on a appelé le film «Woman», mais le «a» se transforme en «e» pour donner naissance à «Women».

 

C’était l’une des questions que je me posais: «Est-ce qu’il y a quelque chose qui nous unit toutes, qui fait de nous des femmes alors qu’on est toutes si différentes?».

 

En me retrouvant à l’autre bout du monde avec des femmes qui n’avaient rien à voir avec moi, je sentais ce lien invisible, cette connexion. Je riais avec elles, je pleurais avec elles, j’étais en colère avec elles. C’était super fort. Chaque femme est unique et singulière, mais il y a quelque chose qui nous unit toutes au-delà des barrières des langues, des cultures et des traditions. Ce concept de sororité, on le touche et on le ressent à travers le film.

 

Et du côté du public masculin?

Pour les hommes, c’est une vraie claque d’assister à une projection du documentaire. C’est très rare qu’une femme me dise «Oulala, j’ai été très surprise de découvrir que les femmes traversent ceci ou cela dans la vie». Alors que pour les hommes, c’est vraiment un choc.

C’est comme si une porte s’ouvrait sur un monde totalement inconnu. Beaucoup me disent: «J’ai envie de rentrer chez moi et de poser plein de questions à mon épouse, à ma fille, à ma mère, parce qu’il y a tellement de choses qui se passent dans la vie d’une femme, et on n’en parle jamais».

Ce n’est pas un film que l’on a fait contre les hommes. Lors d’une avant-première, une spectatrice s’est levée dans le public et a scandé: «Il faut le dire, c’est l’homme l’ennemi!». Mais non, moi je ne suis surtout pas dans ce discours.

Notre film va beaucoup plus loin que cela, il est bien plus profond. Il n’est pas là pour désigner un coupable, mais pour se demander comment est-ce qu’on est arrivé à vivre dans un monde qui fonctionne de cette manière.

 

Comment est-on parvenu à construire une société où les femmes sont enfermées dans un carcan, dans des stéréotypes dès leur enfance?

 

Et où les hommes, eux aussi, sont cloisonnés, guidés dans ce qu’ils doivent être en tant qu’hommes. Ce film nous interroge sur le fonctionnement de notre monde.

 

Yann Arthus-Bertrand s’est souvent confié sur le choc qu’a représenté le projet pour lui, en tant qu’homme…

Totalement. Il m’a dit un jour: «C’est fou, j’ai dû vivre jusqu’à 74 ans et faire ce film pour comprendre le rôle essentiel que ma mère a eu dans ma vie.»

Je peux vous rapporter ses paroles, car il me le dit très souvent: «J’ai été en admiration devant mon père qui travaillait, qui était l’homme fort de la famille et qui, pourtant, passait très peu de temps avec moi, qui s’occupait très peu de moi.

Et ma mère, tout ce qu’elle faisait pour moi, et c’était énorme, je le prenais comme acquis. Aujourd’hui, je me rends compte que c’était exceptionnel.» Si un homme peut encore changer à 74 ans, prendre conscience de ces choses-là, c’est qu’il n’est jamais trop tard.

 

Est-il frustrant pour vous de ne faire que survoler certains sujets dans le documentaire?

Il y a effectivement toujours une frustration au montage, quant au fait de devoir choisir, couper. Pour aboutir à une version de 2 heures, il fallait qu’on arrive à dégager ce qui était vraiment essentiel dans ce qu’on avait envie de raconter.

On a dû sélectionner les thèmes les plus importants. Pour ce faire, on a été beaucoup à l’écoute des femmes qui ont témoigné. Car on avait écrit certaines questions, il y a des thématiques que l’on voulait aborder mais qui les touchaient moins, alors que d’autres aspects auxquels on n’avait pas forcément pensé revenaient beaucoup.

Finalement, ce sont les femmes qui l’ont écrit avec nous, ce film. C’est cela qui est intéressant. Parfois, on a gardé un seul, voire deux témoignages pour aborder un sujet. Mais ces deux femmes s’expriment alors pour des centaines d’autres qui nous ont raconté des histoires similaires.

 

À partir du moment où il y a une femme qui parle, elle parle pour toutes les autres.

 

Parmi les thèmes récurrents justement, la violence prédomine. Vous l’avez dit: 70% des entretiens recueillis se focalisaient sur ce sujet.

Ce constat est terrible, oui. Mais nous ne voulions pas que le film ne parle que de cela. C’était essentiel pour nous de ne pas enfermer les femmes dans ce statut de victimes qui ne font que subir toute leur vie. Heureusement que ça n’est pas que ça, d’être une femme. La force, la résilience des femmes est exceptionnelle.

Pour moi c’est la grande leçon de «Woman». J’ai passé 3 semaines au Congo, dans l’hôpital du Prix Nobel de la paix Denis Mukwege avec des femmes qui ont subi des viols. J’étais malade en les écoutant, c’était insupportable, je n’en pouvais plus.

 

Elles, elles ont vécu cela et elles se tenaient face à moi, debout, fières et me disaient: «Non, je ne suis pas une victime, je ne veux pas être réduite à cela.» Elles avaient vécu le pire, mais elles s’en servaient pour faire quelque chose et rebondir dans leur vie.

 

Ce qui m’a vraiment frappé lors des tournages, c’est effectivement le nombre de témoignages à propos des violences.

À un moment donné, j’ai dû dire aux journalistes: «On arrête de rechercher des récits sur les violences» car sans les chercher et en allant voir les participantes pour totalement autre chose, on tombait immanquablement sur une histoire de violence.

Lorsque l’on dit qu’une femme sur trois est confrontée à de tels actes, c’est quelque chose que l’on a vérifié sur le terrain, partout sur la Terre.

Alors quand j’entends dire qu’aujourd’hui on parle trop des violences que subissent les femmes, ce n’est pas juste et c’est loin d’être le cas. Étant donné ce que l’on a expérimenté, on n’en parle toujours pas assez.

 

Comment se passe l’après? Gardez-vous un lien avec toutes ces femmes interviewées?

J’ai tourné des centaines et des centaines d’entretiens, on ne peut évidemment pas garder le contact avec tout le monde. Par contre, ce qui est fou, c’est que si l’on me montre une photo d’une femme, n’importe quelle femme que j’ai eu la chance de rencontrer, en deux secondes je sais vous dire qui elle est, ce qu’elle m’a raconté. Moi-même, ça me surprend.

Étant donné ce que l’on a vécu ensemble, ce que l’on a partagé, les moments d’intimité extrême que ça a été, elles restent toutes avec moi. C’est fou, car on m’a récemment montré une de mes photos de classe, j’ai passé des années avec ces personnes et pourtant je ne savais plus en reconnaître la moitié (rires).

 

En quoi votre parcours vous a-t-il aidé pour réaliser «Woman»?

J’ai été journaliste d’investigation avant d’être réalisatrice, j’ai travaillé sur des sujets très durs comme les mères porteuses, l’immigration illégale, le trafic d’organes. Je me trouvais face à des gens qui vivaient des choses très difficiles. J’ai toujours voulu mettre une frontière entre les autres et moi, en me disant que si je ne le faisais pas, cela allait m’envahir et que je ne pourrais plus continuer à exercer ce métier.

En travaillant sur «Human» et encore davantage sur «Woman», j’ai senti que cette frontière tombait complètement, qu’il était impossible de la garder. Et il ne fallait surtout pas le faire. Car lorsque l’on est face à une femme qui nous raconte des choses qu’elle n’a jamais confiées à personne, qu’elle nous fait confiance, comment peut-on être impassible? Forcément que ça nous atteint, que nous aussi nous partageons quelque chose.

 

À chaque fois, on laissait tomber toutes les barrières et on s’ouvrait l’une à l’autre.

 

À l’avenir, envisagez-vous de travailler sur les récits des hommes?

En faisant ce film, on s’est beaucoup posé la question. Avec Yann, durant le montage, on se demandait souvent: «Qu’est-ce qu’un homme dirait là-dessus?» ou «Comment un homme réagirait dans telle ou telle situation?». La parole publique des hommes, on l’a énormément. Un peu trop parfois, il faut le dire.

Mais la parole intime, personnelle, on ne l’a quasi jamais, beaucoup moins encore que celle des femmes. Ce serait intéressant d’aller creuser cela, il y a tellement de choses à raconter. On réfléchit à un potentiel «Man» pour boucler la trilogie après «Human» et «Woman». Par contre, ce serait beaucoup plus difficile. Si, en moyenne, cela prenait deux heures pour qu’une femme se libère et se confie, avec un homme cela prendrait probablement toute une journée pour arriver à les débloquer.

 

Dans la bande-annonce de Woman, une question est posée : « Quelle sera la place des femmes dans le monde de demain ? » D'après votre propre expérience, quelle est votre opinion ?

« Je fonde de grands espoirs sur l'avenir. De toute leur vie, la chance n'a jamais souri à ces femmes. Si demain, une opportunité se présente à elles, qui sait ce qui pourrait se passer ?

Les femmes ne veulent plus attendre. Avant, nous pensions : "Peut-être que, si on attend, les choses finiront par changer. Peut-être que, si nous leur expliquons un peu mieux, les hommes finiront par changer. Peut-être que si ceci ou cela se produisait..."

Mais de plus en plus, les femmes se disent : "Je ne veux plus attendre de voir ce qu'il va se passer demain. Je veux faire partie de ce changement, et je veux que ce changement ait lieu dès maintenant. »

 

Comment ce film a-t-il été financé?

On a eu la chance de pouvoir compter sur des mécènes: ils nous ont soutenus sans exiger d’être remboursés à la sortie de «Woman». Il n’y a donc pas de production à payer aujourd’hui. Avec Yann, on avait envie d’aller jusqu’au bout de notre propre engagement en faisant quelque chose de concret pour changer la vie des femmes.

C’est grâce à cela que nous avons pu créer une association, «Woman(s)» (Women on Media and News School).

Toutes les recettes iront à cette dernière qui va former des femmes du monde entier aux métiers des médias pour qu’elles puissent porter la voix d’autres femmes dans leur pays à leur tour.

Donc j’espère qu’il y aura plein de gens qui iront voir le film en salles, car à chaque fois qu’une personne achètera un ticket, une partie de ce dernier ira à l’association et pourra donc changer un petit peu la vie d’une femme.

«Woman» d’Anastasia Mikova et Yann Arthus-Bertrand. En salles en Suisse romande dès le 11 mars 2020.

 

https://fr.canon.ch/pro/stories/woman-documentary-anastasia-mikova/

http://www.woman-themovie.org/

https://www.femina.ch/temps-libre/culture/avec-woman-on-a-cherche-a-briser-tous-les-tabous-et-a-liberer-la-parole-des-femmes


 

Inscription au Prix d'histoire 2020 de l'INGE jusqu'au 20 avril

 

Afin d’encourager l’étude du passé de Genève et de sa région, l’INGE a institué un Prix d’histoire.

Ce prix est ouvert aux historiens-nes de la région romande ou de Rhône-Alpes (originaires ou domiciliés-es).

Remise des ouvrages pour la candidature : lundi 20 avril 2020

Cérémonie de remise du prix : lundi 9 novembre 2020


 

Mission

L’Institut national genevois fondé en 1852 par James Fazy, est une institution populaire ouverte à tous qui encourage le progrès et la diffusion des sciences, des lettres, des beaux-arts, de l’industrie, du commerce et de l’agriculture. L’Institut national genevois bénéficie d’une subvention du Département de l’instruction publique de la République et Canton de Genève.

 

À propos

L’Institut national genevois (INGE) est une corporation de droit public régie par la loi du 28 décembre 1958.
Son but est l’encouragement et le progrès des sciences, des sciences morales et politiques, des lettres, des beaux-arts, de l’économie.

 

L’Institut national genevois (INGE) est une corporation de droit public régie par la loi du 28 décembre 1958.

Son but est l’encouragement et le progrès des sciences, des sciences morales et politiques, des lettres, des beaux-arts, de l’économie.

Date de création

3 mars 1852

Produits

Conférences et événements dans les domaines des Sciences morales et politiques, Economie, Beaux-arts, musique et lettres, Sciences

Organisation à but non lucratif · Science, technologie et génie civil · Personnalité politique

 


INGE - Institut National Genevois

Rue Jean-François Bartholoni 6

1204 Genève
 

https://inge.ch/evenements/prix-dhistoire-2010-3/

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Mike Love en concert à Genève



Dans cet âge moderne de la musique, les genres se mélangent aussi naturellement que le fleuve se jette dans la mer. Avec la vaste bibliothèque de toutes les musiques du monde de toutes les époques, les créateurs semblent être de plus en plus libérés de la mentalité archaïque de se faire cataloguer en un genre ou en un groupe démographique donné.

Mike Love est à la pointe de ce mouvement. Avec une fondation enracinée dans la spiritualité et la musique à base de messages de Reggae et Rastafari, il mélange les sons du rock progressif et classique, de la pop, du R & B, de la soul, du blues, du flamenco, du jazz et bien plus encore. La guérison est au cœur de sa musique.

Né et élevé sur l'île d'O'ahu, à Hawaii, Love a été élevé dans un environnement entouré d'influences musicales et du paysage naturel inspirant de son île natale. Établissant un lien profond avec la nature, son message de retour à un mode de vie plus naturel et plus spirituel s’est cristallisé très tôt.

Grandissant sous la direction musicale de son père et de son grand-père, tous deux compositeurs, ainsi que de son instructeur Frank Leto et de son professeur de piano Beth Uale, l'instinct musical naturel de Mike envers la mélodie et l'harmonie a été façonné et approfondi dans un riche contexte.

Mike a commencé à jouer de la guitare à l'âge de 15 ans et a joué dans plusieurs groupes tout au long de son adolescence, jouant son premier concert avec un groupe à 16 ans.

 



Ce n'est que lorsqu'il a rejoint les musiciens locaux Tavana, Brad Watanabe (actuellement de The Green) et son collaborateur de longue date et batteur actuel Sam "Ites" Gonsalves pour former le groupe Melodious Solutions, que sa vision musicale a commencé à prendre forme. Poursuivant ses talents de compositeur / parolier et arrangeur, Love a ensuite dirigé le groupe de 10 musiciens Dubkonscious pendant quelques années, entamant ainsi sa première expérience de studio en tant que producteur sur l'album "Au pied de la montagne".

En 2008, il a commencé une résidence hebdomadaire en solo, se produisant le lundi dans un pub irlandais local. Au cours de ses longues périodes de quatre heures là-bas, il a développé un style unique composé d'un seul homme, utilisant des boucles, de multiples instruments et un éventail de techniques vocales et de styles musicaux différents.Tandis que sa créativité et sa diffusion dans un format solo s'épanouissaient, son public s’élargit. Lentement et organiquement, cela devint son projet principal et sa carrière solo se développe.

En décembre 2012, Love a publié son premier album solo, "The Change I'm Seeking", favori des fans et acclamé par la critique. Il a également abordé des sujets plus passionnés sur l'album, avec des titres comme "Earthlings" montrant son désir de "véganiser" le monde et de sensibiliser les gens aux injustices de la cruauté envers les animaux, et "No More War.

Love a ainsi trouvé sa voix et était désormais prêt à partager sa musique avec le monde. Love a ainsi trouvé sa voix et est désormais prêt à partager sa musique avec le monde. Avec le succès d'une poignée de vidéos virales sur YouTube et des classiques instantanés comme "Permanent Holiday", "Barbershop" et "Human Race", sa base de fans grandit rapidement dans le monde entier.


Avec la sortie de son deuxième album "Love Will Find a Way" et de son prochain album compagnon "Love Overflowing" avec des chansons à chanter telles que "I Love You" et "No Regrets", il renforce le lien avec ses fans et expose l'évolution que les amateurs de sa musique en étaient venus à attendre. Revenir en studio avec du matériel testé sur la route et une relation plus intime avec un public mondial avait évidemment abouti à un son et à une idéologie plus raffinés et plus ciblés.

Actuellement, il a sélectionné les meilleurs musiciens avec lesquels il a travaillé au cours des années, pour former 'Mike Love and the Full Circle'.

Ils ont perfectionné leurs compétences et forment une unité soudée chez eux à O'ahu. Ils ont commencé une tournée promettant de porter la musique de Love vers des sommets encore plus hauts.

Alors qu'ils se préparent à retourner en studio, nous pouvons anticiper que le nouvel album qu'ils concoctent sera l'offre la plus dynamique, la plus sincère et la plus animée à ce jour. Dans les années à venir, nous ne pouvons espérer que plus de croissance, plus d'innovation et, bien sûr, plus d'amour.

 

 

Nous nous réjouissons de ce concert aux sons chauds et aux messages importants !

Vous pouvez réserver vos places sur :

https://www.starticket.ch/fr/tickets/mike-love-20200430-2000-alhambra-geneve  

Attention: Viagogo n'est pas un distributeur officiel de billet

Portes: 19:00 h

Début: 20:00 h

Fin: 22:00 h

Age minimum: Les enfants de moins de 12 ans sont libres

Places chaises roulantes:

Veuillez contacter l'organisateur sous Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

 

Organisé par:

Universal Sounds Romandie

Mike Love

 

 

Alhambra

Rue de la Rôtisserie 10

1204 Genève

Tél. +41 78 966 07 97

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.  

Site web de l'Alhambra

 



Plus d'infos:

www.mikelovemusic.com   

www.facebook.com/MikeLove808  

www.universalsounds.ch 

www.universalsounds.ch/mike-love-2/

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https://www.starticket.ch/fr/tickets/mike-love-20200430-2000-alhambra-genevehttps://www.tempslibre.ch/geneve/concerts/408724-concert-de-mike-love-le-30-04-20

 


 

 


 


WOMAN est un projet mondial qui donne la parole à 2.000 femmes à travers 50 pays différents. Cette très large échelle, n'empêche pas le film d'offrir un portrait véritablement intimiste de celles qui représentent la moitié de l'humanité.

 

 

Le film Woman : Synopsis et détails

 

La femme est au centre du nouveau documentaire de Yann Arthus Bertrand : "Woman".

Mais cette fois, il est co-réalisé avec Anastasia Mikova.

Cette journaliste d’origine ukrainienne travaille depuis 12 ans avec le réalisateur et photographe français.

Elle a collaboré sur la série "Vue du Ciel" et "Human".

C’est d’ailleurs au cours de ce dernier tournage, soit 2 ans avant l’affaire Weinstein, qu’est né le projet "Woman".

À l’époque déjà, les langues étaient prêtes à se délier.

Devant la caméra de Yann Arthus-Bertrand

 

 

et d’Anastasia Mikova défilent des milliers de femmes. Une centaine ont été retenues au montage. 

Durant les 3 ans qu’a duré la production du film, près de 2000 femmes de quelque 50 pays différents ont été interviewées. 

Comme pour "Human", les interviews ont été réalisées dans un espace confiné avec une bâche noire pour toile de fond.

Des histoires "qu’elles n’avaient jamais dites à personne"

Ces femmes ont tous les visages, toutes les couleurs et tous les âges.

Les unes après les autres elles exposent leur parcours de vie, elles parlent de tout :

l’excision, l’éducation, la sexualité, la maladie, le handicap, la pauvreté, les enfants, le mariage, le viol, les violences conjugales ou encore la vieillesse, toutes leur vision de la féminité…

Comment savoir si un Etat progresse ? Si on y vit mieux ?

Woman pourrait être un début de réponse.

Ce ne sont d’ailleurs que quelques-uns des thèmes abordés et c’est très loin d’être exhaustif. 

Au point, qu’on est parfois frustré de passer trop vite d’un thème à l’autre.

Ce documentaire est l’occasion de révéler au grand jour les injustices que subissent les femmes partout dans le monde.

Mais avant tout, il souligne la force intérieure des femmes et leur capacité à changer le monde, en dépit des multiples difficultés auxquelles elles sont confrontées.

Des milliers de destins se mêlant aux milliards d’autres qui existent à travers le monde, comme si tous vibraient ensemble pour n’être qu’une grande histoire, si différentes et pourtant si semblables.

Ce film nous amène aux quatre coins du monde à la rencontre des premières concernées :

toutes ces femmes aux parcours de vie différents, façonnées par leur culture, leur foi ou encore leur histoire familiale

 

http://www.woman-themovie.org/

https://www.facebook.com/womanlefilm/

https://www.rtbf.be/info/medias/detail_depuis-woman-yann-arthus-betrand-regarde-les-femmes-differemment?id=10435314

https://fr.wikipedia.org/wiki/Woman_(film,_2019) 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Anastasia_Mikova

https://fr.wikipedia.org/wiki/Yann_Arthus-Bertrand

 

 

 

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