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Ce week-end, la 2e biennale des espaces d’art indépendant ramène ses containers à Plainpalais.

Elle sera surveillée de près par le performeur Abraham Poincheval.

Elle annonçait vouloir revenir sous une forme différente. La BIG 2017, 2e biennale genevoise des espaces d’art indépendants, reprendra finalement le modèle qui a fait son succès il y a deux ans: de vendredi à dimanche, elle établira ses quartiers dans des containers maritimes bleus, au sud de la plaine de Plainpalais. Avec d’avantage de verdure qu’il y a deux ans, promettent les organisateurs: l’installation devrait prendre des airs de «cité-jardin utopique», explique Carole Rigaut, coorganisatrice de la BIG.

Si le principe général reste inchangé, le tout prend de l’ampleur: les containers sont passés de quarante-cinq à cinquante-cinq, dans un aménagement imaginé par l’atelier Bureau, avec Leopold Bianchini. Pas moins de soixante espaces d’art, associations, artistes et collectifs accrocheront des «propositions artistiques originales» dans les parallélépipèdes d’acier. Avec sans doute quelques ventilateurs parmi les installations: le soleil devrait être généreusement au rendez-vous cette fin de semaine.

A travers ses expositions, performances, projections ou concerts, la BIG a pour objectif de donner un aperçu de la diversité du tissu artistique indépendant genevois. Dans une logique transdisciplinaire, elle veut souligner le dynamisme d’une scène particulièrement développée au bout du lac, mais qui – et c’est nouveau – semble marquer le pas. Dans la biennale, ce renouvellement ralenti est en partie compensé par des invitations envoyées à plusieurs espaces ou structures de Lausanne (Urban Game Car, Saint-Valentin), Nyon (Ripopée), Zurich (Volumes), Lugano (Sonnenstube), voire français. «Et nous avons aussi invité des artistes ou collectifs qui n’ont pas d’espaces à l’année», précise Carole Rigaut.

Artiste dans les airs

Parmi les présences genevoises, on mentionnera les espaces d’art Halle Nord, Piano Nobile, Zabriskie Point, Milkshake Agency, Forde, Picto ou Rodeo 12; de même que la résidence pour artistes Embassy of Foreign Artists, la salle de concert Cave12, l’espace arty-festif Motel Campo, le théâtre du Galpon ou la ressourcerie Materiuum. Et comme il fera chaud, il faudra se déshydrater, merci la buvette des Cropettes et Kalvingrad.

Boire, c’est aussi ce que ne devra pas oublier de faire Abraham Poincheval: l’artiste français, qui s’est illustré récemment en s’enfermant pendant une semaine dans un rocher, au Palais de Tokyo (Paris), montera aujourd’hui mercredi (14h30) sur une minuscule plateforme au sommet d’un mât de vingt mètres. Placé au centre du cercle de containers, il restera sur place jusqu’à dimanche (21h), équipé de tout ce qu’il faut pour vivre en autonomie.

Abraham Poincheval 1024x683Abraham Poincheval

C’est donc observé de près par Poincheval que le programme déroulera performances visuelles ou sonores, radio BIG – sur 96.0 MHz –, «workshop surprise» et autres ateliers en tout genre: on pourra par exemple apprendre a fabriquer des seedbombs, boules de glaise remplies de graines à lancer dans des endroits difficiles d’accès.

Budget en hausse

En guise de vernissage, la BIG propose un concert, vendredi soir (19h): celui de la Colonie de vacances (F), avec quatre groupes qui jouent en simultané sur autant de scènes. En parallèle, le Cinéma Spoutnik proposera des «immersions sonores électromagnétiques», avant de projeter en boucle le film Homo Sapiens de Nikolaus Geyrhalter.

La manifestation bénéficie de subventions en hausse. La Ville – qui avait sacrifié une partie du budget du Centre d’art contemporain il y a deux ans pour le transférer vers la BIG – apporte le gros des sous avec 240 000 francs, contre 215 000 en 2015. Quant au canton, il maintient sa subvention de 20 000 francs, alors que la Loterie romande – nouveau soutien – verse 30 000 francs.

La prochaine BIG sera gérée par une autre équipe de coordination, annonce d’ores et déjà Carole Rigaut – elle a travaillé avec Frédéric Post, Richard le Quellec, Jérôme Massard et Séverin Guelpa. A priori, la forme de la manifestation devrait changer elle aussi, tout comme son implantation. Mais on n’en mettra pas sa main au feu.

http://bigbiennale.ch/

https://www.lecourrier.ch/

 

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