Lolita, Petra et Ciara: pas moins de trois dépressions hivernales ont touché la Suisse ces dernières semaines. Des experts tentent d'analyser le phénomène.

 Une série de tempêtes violentes a balayé la Suisse en peu de temps ces dernières semaines. Elle a débuté fin janvier avec Lolita et des rafales atteignant les 150 km/h. À l'aéroport de Zurich, on a enregistré des bourrasques à 110 km/h, soit l'une des plus fortes rafales depuis le début des mesures. Quelques jours plus tard, c'est Petra qui a soufflé sur le pays, causant des dégâts s'élevant à près de trois millions de francs.

  Une nouvelle tempête va frapper la Suisse jeudi

Une alerte de degré 3 sur 5 a été émise par Météosuisse pour des vents violents dès jeudi midi et jusque dans la nuit. Il va souffler jusqu'à 100 km/h en plaine. A lire ici.

Enfin, le 10 février, soit à peine une semaine plus tard, c'était au tour de Ciara de frapper la Suisse pour une troisième tempête hivernale en l'espace de deux semaines.

Est-ce que le dérèglement climatique est à l'origine du phénomène? Et va-t-il s'amplifier? Des climatologues tentent de répondre à cette question.

 La toiture de la cathédrale de Francfort a été touchée par une grue de chantier, sans doute non maîtrisée à cause d'une rafale de vent. (10 février 2020)

La tempête Ciara déferle sur la Suisse.

Vents plus violents

Un rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat indique une tendance à la multiplication et à l'intensification des cyclones sur l'Atlantique nord. Les modèles actuels prévoient une extension de la trajectoire des tempêtes de l'Atlantique nord vers l'est, et donc un déplacement des trajectoires des cyclones vers l'Europe.

Les chercheurs partent du principe qu'une atmosphère plus chaude créera de meilleures conditions pour la formation des cyclones et que les tempêtes en deviendront donc plus fortes. «La plupart des études et des modèles s'accordent à dire qu'une augmentation du nombre de cyclones violents entraînera une augmentation de la fréquence des vents violents en général», écrit par exemple le climatologue Joaquim Pinto dans son livre «Climate Change and Germany». L'Institut central autrichien de météorologie indique également que la fréquence des jours de tempête pourrait augmenter de 19 à 33 %, selon les simulations.

Pas de consensus

Pourtant, nombre d'études ne montrent pas d'augmentation du nombre et de la force des tempêtes hivernales. Professeur au Centre Oeschger pour la recherche climatique de l'Université de Berne, Christoph Raible affirme lui aussi que les modèles climatiques prévoient une augmentation future des zones de basse pression en Europe centrale. «Cependant, pour l'instant, rien ne permet de penser que le changement climatique passé joue un rôle dans les tempêtes des latitudes moyennes.»

Le professeur considère la série actuelle de tempêtes comme un phénomène normal. «Avec les conditions météorologiques actuelles, il y a une plus grande probabilité d'une série de tempêtes», dit-il. Les tempêtes hivernales ne sont pas le fruit du hasard. «Si la première tempête est forte, il y a une grande probabilité que d'autres tempêtes plus fortes suivent.» C'est le genre de temps auquel on peut s'attendre en hiver, dit-il.

Heini Wernli, professeur de météorologie à l'EPFZ, partage ce scepticisme: «Les simulations disponibles du climat futur ne permettent pas d'affirmer clairement que les tempêtes hivernales seront plus fréquentes à l'avenir. Il est très difficile de modéliser la situation et de déterminer si nous y seront davantage confrontés à l'avenir.»

bz/pam/lom

 

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