Genève: Des projets de microforêts en pleine ville

Genève: Des projets de microforêts en pleine ville

Un projet pilote prévoit la création de deux petits espaces forestiers en milieu urbain, auxquels les habitants seront associés.

Des lieux sont en train d’être identifiés pour d’autres microforêts

Deux microforêts vont être plantées en Ville de Genève. Deux espaces ont été définis pour accueillir ce projet pilote à l’automne, indiquent ce mardi les autorités. Il s’agit de la butte Ferdinand-Hodler, près du Pavillon de la Danse et de l’Eglise russe, et de la zone industrielle des Charmilles. Ces sites offrent des espaces potentiels d’un minimum de 400 m2 au total, sur lesquels pourront pousser 1200 plants d’arbres et arbustes. Ceux-ci seront plantés selon la méthode Miyawaki, du nom d’un botaniste japonais, qui a été adoptée par plusieurs villes en Europe et dans le monde. Celle-ci préconise la plantation d’une large palette d’essences indigènes de manière dense, soit trois arbres au m2, «pour stimuler leur concurrence et leur symbiose». En Suisse, il s’agirait d’une première, selon la Ville de Genève.

Croissance rapide

Ces microforêts se caractérisent par une croissance rapide, à raison d’1 mètre par an, grâce à leur forte densité et un entretien limité aux trois premières années de vie. Elles sont par ailleurs réalisables sur des parcelles d’un minimum de 100 m2, soit la surface de dix places de parking, et sur n’importe quel type de sol (friches industrielles, sols dégoudronnés, espaces verts, etc.). En outre, ces espaces abritent vingt fois plus de biodiversité.

Les habitants sont aussi invités à participer. Des communautés de bénévoles seront créées, sous la houlette de l’entreprise Forêt B, qui mène le projet avec le Service des espaces verts. Ces personnes seront invitées à s‘impliquer dans la plantation et l’entretien de leur forêt. Si l’essai s’avère concluant, la Ville prévoit de convertir des parcelles goudronnées, notamment des places de parcage, en microforêts. Des lieux potentiels sont en train d’être identifiés.

Lutte contre la chaleur

Lutte contre les îlots de chaleur, assainissement de l’air ou création de barrières acoustiques: pour les autorités, ces espaces offrent de nombreux avantages. «À une époque où l’urgence climatique doit être une préoccupation de tous les instants, la méthode Miyawaki présente de nombreux atouts dans la lutte et l’adaptation au changement climatique, alliant des avantages écologiques et environnementaux à un outil pédagogique efficace, souligne dans le communiqué le conseiller administratif Alfonso Gomez, chargé des finances, de l’environnement et du logement en Ville de Genève. Sa mise en place contribuera à sensibiliser la population à l’importance de préserver la biodiversité et nos écosystèmes.»

Genève: Arbres cultivés à l’ombre des immeubles pour verdir la ville

Un projet inédit de pépinière urbaine est lancé. Il doit permettre au canton de disposer de feuillus pour les espaces publics via un circuit court, en limitant les importations.

La première pépinière urbaine genevoise, d’un coût de 100’000 fr., est née aux abords de Balexert.

Certaines petites graines mises en terre au centre horticole de Lullier (GE) «passeront à l’avenir leur adolescence dans une pépinière urbaine pour, 3 à 5 ans plus tard, s’épanouir à l’âge adulte sur une place, le long d’une rue ou dans un parc», a imagé le conseiller d’Etat Antonio Hodgers, chargé du Territoire. Un projet inédit de pépinière urbaine a été lancé officiellement mardi près de Balexert (Vernier/GE).

Les 170 spécimens qui y grandissent constitueront plus tard un outil contre le réchauffement climatique; ils pourront créer des îlots de verdure et de fraîcheur en zones urbaines. «C’est un circuit court, donc plus écologique, a appuyé le conseiller administratif verniolan Mathias Buschbeck. Ces pépinières serviront également d’instruments pédagogiques auprès des habitants et des écoles alentour.»

Arbres armés contre le réchauffement climatique

Genève vise 30% de canopée (espace ombragé par les cimes des arbres) sur son territoire en 2050 (ndlr: actuellement, elle est de 22%), dont un tiers dans des secteurs urbanisés. Si deux autres installations de même taille sont déjà prévues dans les parcs des Franchises et André-Chavanne, elles ne suffiront pas à remplir cet objectif, qui nécessitera de planter 50’000 arbres, selon Antonio Hodgers. «On ne va pas tapisser Genève de pépinières, a confirmé Bertrand Favre, chargé de la stratégie d’arborisation du Canton. Les communes décideront si elles veulent suivre ces exemples; mais la mesure favorise clairement le développement durable et limite les importations.»

Les essences cultivées au pied des barres d’immeubles seront armées pour résister au réchauffement climatique, sachant que la température moyenne en 2100 au bout du lac devrait atteindre celle du sud de l’Italie, aujourd’hui. «Nous faisons donc pousser des essences résilientes, comme des chênes verts, des érables opales ou encore des micocouliers, a listé le spécialiste de l’Etat. Certains tilleuls, par exemple, qui souffrent déjà beaucoup de la hausse du mercure, ne seront par contre pas élevés en pépinière.»

David Ramseyer

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