Ce fut une si belle soirée, toute de joie et de bonne humeur. Toute en couleurs de peaux pour n’en faire qu’une, la couleur de la vie. Toute en langages d’autres mondes pour n’en faire qu’un, le notre. Toute en musiques d’autres pays pour n’en faire qu’une, celle qui fait danser les corps aux fond des yeux.

Ce fut un début en plumes lumineuses d’étoiles incandescentes, ce fut une fin en tam tam d’une tribu qui se rassemble pour fêter une naissance. La fin d’un cycle commencé il y a 4 ans, un vieil ordinateur, du bricolage au coin d’une table de cuisine, d’un ciel peu dégagé de nuages lourds et légers en même temps, l’incertitude de la démarche entreprise. La fin, comme un adieu sans larme, la longue route, d’un petit site tout maigrichon et bien pauvre, à un site haut en couleurs, en trois langues, riche de journalistes engagés et confirmés, riche de sa diversité, riche de son contenu, riche de ses collaborateurs, riche de tout et de rien et toujours pauvre de rien et de tout. Hebdolatino.ch. Merci à Mariella Cao, notre web-master pour son travail discret et si efficace dans la conception, la réalisation, le suivi, de l’ossature de notre site.

Ce fut une naissance, un oiseau qui prend son envol, un oiseau migrateur au long cours, un oiseau perroquet parfois, un oiseau de nuit, un oiseau de jour, un oiseau d’Amazonie, un oiseau de la Pampa, un oiseau de rires et de douleurs, un oiseau de Genève, un oiseau révolté souvent, un oiseau de tripes, de cœur et de sang, un oiseau libre, si libre qu’il se donne le droit de se poser. De regarder, de sa branche, le monde qui tourne, la vie qui valse, les peuples qui déchantent, les matins qui ne chantent plus, la terre qui n’en peut plus de toujours plus nous fournir, l’économie qui ne repose que sur du sable, la vie qui s’écoule, qui coule, qui se noie, le soleil aussi qui nous réchauffe de sa gratuité et nous donne le sourire et l’espoir.

Hebdolatino.ch, n’a pas la prétention d’être le soleil, mais il donne cette réflexion utile et profonde au monde qui nous entoure, au monde qui nous dévore et il offre aussi le sourire et l’espoir d’un autre chemin multicolore. Merci à nos journalistes d’être ceux qu’ils sont, à Eduardo Camin et ses analyses pertinentes, si documentées, intrangisantes, à Martin Montiel, notre organisateur, qui se donne tant de mal à nous tenir sur un ordre du jour lors des réunions de rédaction, à Miriam Rey qui sait mieux que personne colorer l’âme humaine et trouver ce petit bout d’humanité en chacun, à Sonia Fadlallah, notre benjamine, qui s’enflamme pour des causes difficiles à défendre mais garde toujours une distance éclairée, merci surtout à Alfonso Vásquez, qui au dela de sa qualité d’écriture, a su mettre en place et garder le cap, envers et contre tout, notre Hebdolatino.ch. Et comme je suis incroyablement prétentieux, merci à moi.

Notre oiseau est un migrateur au long cours, qui va d’un continent l’autre, picore dans un pays, dort dans un autre et fait l’amour ailleurs. Il parle dans tous les langages et il se comprend en plus. Que serait Hebdolatino.ch, sans ses merveilleuses traductrices, Lourdes Barros pour l’espagnol, qui n’était pas là à notre soirée, jambe cassée pour avoir voulu faire du wheeling avec son scooter ce qui à son âge n’est pas raisonnable, Ana Paula Candelaria, pour le portugais, le portugais brésillien, son sourire lumineux, qui marche la tête dans les étoiles et parfois ou souvent se retrouve dans la lune aussi. Et Maria Antonietta qui va nous rejoindre.

Et puis que serait notre Hebdolatino.ch sans Ingrid Unternahrer, qui sait si bien s’occuper de tout ce qui fait marcher un journal quand les articles sont écrits, quand la fête de lancement doit se faire et que tout notre petit monde doit boire et manger dans la bonne humeur, Ingrid ou le travail ingrat dans l’ombre, ce fut une réussite. Et puis merci à tous les peintres, écrivains et musiciens et à tous ceux qui ont permis cette si belle soirée, le lancement officiel d’Hebdolatino.ch et de l’Association Suisse Amérique Latine, l’ASAL.

Jean Yves le Garrec