La «catharsis», européenne comme purificatrice intérieur des misères humaines

La Tragédie grecque

Les Grecs furent les créateurs de la tragédie. Au début, ils lui avait conféré un sens religieux profond étant donné que l’œuvre tragique était née comme une représentation du sacrifice de Dionysos (Bacchus) et faisait partie du culte public.

A travers l’histoire et sans aucun doute, l’homme a tourné son attention vers son propre monde intérieur et peut-être grâce à cette quête humaine intrinsèque, nous avons pu apprécier de grandes productions artistiques comme les tragédies grecques. Elles racontent les aventures de l’homme qui explore les abîmes et les chemins scabreux de l’âme. En l’an 334 a. J.-C., Aristote avait dit, à travers une série de circonstances qui suscitent la pitié ou la terreur, que la tragédie était capable de faire que l’âme s’élève et qu’elle se purifie de ses passions. Ce processus, appelé «catharsis», est la purification intérieure que le spectateur peut atteindre à la vue des misères humaines.

Le fond commun du tragique est la lutte contre un destin inexorable qui détermine la vie des mortels et le conflit qui s’ouvre entre l’homme, le pouvoir, la passion et les Dieux. Ses sujets, sans aucun doute grandiloquents, n’ont non seulement pas perdu de vigueur mais ils adoptent aussi un autre sens et se matérialisent constament dans les divers événements que subi l’humanité.

Nous ne vivons sans doute pas dans un monde juste. Nous vivons dans un monde où les puissants exercent le pouvoir et utilisent leurs influences, qu’elles soient au niveau politique, militaire, technologique et/ou commerciale pour leur propres bénéfices, sans prêter la moindre attention aux problèmes auxquels doivent faire face de milliards de sans-abri.

Dans l’attirail des traités: la prévarication

Lorsque, à travers des traités multilatéraux, les Etats assument les obligations internationales en matière de Droits de l’Homme, ils entreprennent une série d’engagements complexes qui impliquent trois choses, à savoir :

1.- Tous les individus, qu’ils soient nationaux ou étrangers, sont éventuellement soumis à la souveraineté de l’État concerné. Dans la pratique, ils jouissent de toutes les libertés propres à la dignité humaine que la communauté internationale a défini comme telles à travers leurs instruments et leurs institutions spécialisées;

2.- Cette obligation ne doit pas être régie par le principe de la réciprocité, car cela ne dépend pas de l’accomplissement ou l’inacomplissement des autres États et elle se contracte toujours pour le bénéfice de tiers (les membres de la famille humaine).

3.- En plus de garantir les droits, c’est la responsabilité de chaque État de rendre des comptes de sa gestion humanitaire car les violations graves ou systématiques des libertés affectant l’ordre public international ainsi que la communauté des nations «civilisées» donc, c’est dans leur intérêt légitime de s’informer et d’intervenir dans ces sujets.

Cependant, l’Union européenne a géré la crise des réfugiés en provenance de la Syrie, de l’Irak et de l’Afghanistan comme un problème de chiffres, alors qu’en fait, il s’agissait plutôt d’une question humanitaire.

De longs mois ont dù passer et d’innombrables tragédies se sont produites, pour que les gouvernements et les institutions publiques prennent conscience que les conflits, qui ravagent la rive sud de la Méditerranée, affectent l’Europe et que les personnes fuyant une guerre ne sont pas des immigrés mais des réfugiés pour lesquels, le droit international exige accueil et protection et qu’il ne faut pas appliquer les lois d’immigration iniques dont le durcissement à eu autant de concurrence parmi les dirigeants européens. L’Europe voulait se construire comme une unité politique à partir du droit et pour le droit et ce que cette crise est en train de démontrer, c’est que le compromis était seulement conditionnel. Ni les gouvernements des vingt-huit ni les institutions publiques ont respecté ce que le droit accorde aux hommes et aux femmes qui veulent préserver leurs vies et celle des siens. Ils ne sont pas non plus en mesure d’exiger, même par pudeur, la cessation des abus contre les réfugiés de gouvernements qui, comme la Hongrie, aspirent à devenir des défenseurs de la xénophobie en Europe.

D’un autre point de vue, la crise des réfugiés, se réfère aux erreurs diplomatiques et militaires comises depuis une décennie. Dans la plupart des conflits dont les réfugiés fuient comme celui de l’Irak et de l’Afghanistan (nous pouvons aussi ajouter celui de la Libye), certains gouvernements européens avaient des responsabilités directes. En ce qui concerne la Syrie, nous devons rappeler que ceux qui aujourd’hui cherchent refuge, avaient manifesté pacifiquement pendant une année sans que personne leur prête la moindre attention, mais après un certain temps, le djihadisme avec ses premières attaques en Syrie avait éclaté et ses ramifications ultérieures dans certaines villes européennes, devenit ainsi l’un de ses théâtres militaires les plus rentables.

L’Europe qui a assisté de manière intrépide à l’asphyxie du printemps arabe entre deux feux croisés, celui des tyrans et celui du djihadisme, veut aujourd’hui ignorer ses victimes. Ce que nous devrions attendre est exactement le contraire que d’honorer les lois humanitaires qui visent à faire la morale aux Etats du Tiers-Monde et de s’impliquer plus sérieusement dans la recherche d’une solution à tous ces conflits qui sont en train de frapper à leurs portes.

Comme corollaire de cette immoralité et devant la plus grande crise humanitaire a laquelle l’Europe est en train de faire face, c’est l’accord honteux que plusieurs organisations ont dénoncé, tels que les Droits de l’Homme qui viole la Charte des Droits de l’Homme, la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union européenne et la Convention du Statut des Réfugiés. Il traite les réfugiés comme une monnaie d’échange avec le gouvernement de la Turquie et montre ainsi la détérioration du projet européen en déplaçant la crise des réfugiés en dehors de ses frontières.

 Eduardo CAMIN

Chef de la Redaction Hebdolatino

Traduit au FR par Lourdes BARROS-BELTRAN