Faute de financements nécessaires, le nombre de scènes sera réduit pour cette édition anniversaire du 17 au 19 juin.

Du 17 au 19 juin pour la 25e édition de la Fête de la musique, on aurait pu s’attendre à quelques flonflons et invités de marque. Rien de cela cette année: on est en période de crise – la Ville de Genève compte ses sous – il faut donc faire sobre. Quand bien même cette 25e édition s’annonce aussi charmante que la précédente, un constat s’impose: faute d’une cuvée jubilaire – par manque d’argent, précisent les organisateurs – c’est un profil bas que la manifestation a adopté.

Améliorer l’écoute

«J’aurais voulu faire une grande Fête, mais les moyens font défaut», précise Laurent Marty, coordinateur. Le problème est plus grave, cependant. On sait les coupes dans le budget municipal.

La Fête de la musique en pâtit elle aussi: 2,5% de moins dans son budget, soit 25 000 francs. Récupérés, certes, mais dévolus à la sécurité du site. Sur une enveloppe de 1,5 million de francs, voilà qui semble peu. «Le nombre de scènes a été réduit de 37 à 30, le nombre de concerts passant de 647 à 571 en ville de Genève.» Par conséquent, il y aura moins de musiciens au programme: 5 400 cette année contre 6 600 l’an passé. En revanche, la durée de chaque prestation se trouve prolongée, une heure au lieu de 45 minutes, afin de faciliter les changements de plateau.

Cette année, les organisateurs se sont penchés sur la cosmétique: améliorer les conditions d’écoute et de jeu, pour les musiciens et le public; consolider l’attrait de la Rive droite, côté parc Beaulieu et Cropettes; satisfaire les insatisfaits également… Cette année, la Rive droite a failli passer à la trappe, en raison des travaux en cours dans le parc. Des solutions de repli ont été envisagées, bois de la Bâtie, Jardin botanique, Perle du Lac, parc Bertrand: «En 2015, relève Laurent Marty, la manifestation avait atteint ses limites. Pour stopper son extension, nous avons opté pour une nouvelle dynamique. En 2016, le périmètre reste le même, qui permet de désengorger la Rive gauche, mais avec moins de scènes. Il s’agissait de reconfigurer la Fête pour gagner en confort.»

Ecran géant

Divers changements, ainsi que des nouveautés, devraient séduire les visiteurs. Principalement l’installation d’un écran géant sur la place Neuve. Le Grand Théâtre est en travaux? Pour une fois, art lyrique et ballet s’inviteront à l’extérieur, sur la toile, où l’on projettera diverses captations, ainsi du Casse-noisettes de Tchaïkovski, également des films, tels que West Side Story de Robert Wise.

Ainsi fait, la place de Neuve devrait, pour un week-end, faire office de point central de la Fête de la musique.

«Nous avons par ailleurs procédé à un grand coup de sac», ajoute Laurent Marty. Comprenez par là que les partenaires habituels, diverses associations actives dans la musique, sont priés cette année de se déplacer. Ainsi, PTR (Usine) et son rock bien pesé s’en vont à la promenade de l’Observatoire, tandis que l’ASMV (Chat Noir) et sa programmation éclectique migrent aux Bastions.

Enfin, les Amis de la musique juive quitte après une quinzaine d’années la terrasse Agrippa d’Aubigné pour rejoindre le parc Beaulieu. C’est également dans cet espace, que l’on retrouvera la scène danse de l’ADC, mais plus haut dans le parc, vers Vidollet, où les gradins passeront de 320 à 450 places. Tant qu’à faire avec ce qui lui reste, la Fête de la musique le fait plutôt bien…

25e Fête de la musique Du 17 au 19 juin. Programme complet dans la «Tribune de Genève» du 16 juin. Infos: https://www.ville-ge.ch/culture/fm/

Du baroque au cinéma

Du vaste paysage musical que donne à voir la programmation classique – signée pour la première fois par Vanessa Horowicz – on pourrait dire qu’il offre aux passionnés la possibilité de la déambulation sans fin. Et comme toujours, cette offre copieuse imposera des choix compliqués et des renoncements douloureux. Alors, en voulant isoler quelques parcelles significatives, on ne saurait que conseiller le projet que présente l’Ensemble Chiomo d’Oro, fondé en 2009 et mené depuis par le claveciniste Pierre-Louis Rétat et par la soprano Capucine Keller. Campée au temple de la Madeleine, la formation offre une incursion en terre baroque, au cœur d’une œuvre aussi peu connue que son compositeur, soit l’oratorio Giona, écrit en 1689 par Giovanni Battista Bassani. Calquée sur l’histoire biblique de Jonas et de sa mésaventure dans le ventre d’une baleine, la trame de la pièce se déploie avec un dispositif de cinq voix accompagnées d’un parc instrumental succinct. C’est à découvrir le samedi 18 juin. Le même jour, on retient le concert proposé par l’Orchestre des Nations Unies, dont les pupitres sont formés par des musiciens amateurs œuvrant dans la plupart des cas au sein des institutions internationales de la ville. Chapeautée par le chef Antoine Marguier (ancien clarinettiste de l’Orchestre de la Suisse romande), la formation déclinera un programme éminemment cinématographique, avec un choix d’extraits de musique de films qui ont marqué l’histoire du septième art. R.Z.

Jonas, cet «Oxymore»

On entend au loin les emprunts old school des années 90. Pourtant sa plume et sa musique ont su évoluer avec le temps. Jonas, rappeur genevois et ancien membre de DUO, sera présent sur la scène des Bastions Réformateurs, vendredi 17 juin à 20 h 45. Avec Oxymore, son nouvel album, ce dernier n’a rien à envier à la scène française, ses textes oscillant entre la poésie d’un Grand Corps Malade et les vérités d’un Akhenaton (IAM). Critique, le Genevois n’hésite pas à présenter son flow comme «l’assemblage de beaucoup de mots compliqués, destiné à un public de 5 à 65 ans». Accompagné d’un pianiste, batteur, bassiste et d’un guitariste, le mélomane n’a pas fini de vous enchanter. V.R.

De Genève à Londres

A les écouter, on pourrait les comparer aux Américains d’Owl City et de Kygo ou aux Français de M83. Et pourtant Michael, Lola, Daniel et Martin sont bien Genevois. Même s’ils vivent à Londres depuis 2014. Membres du groupe Metropolitan Parc, ces derniers prônent un univers à la frontière entre l’ambient et l’électropop. On pourrait même les qualifier de représentants de la chill-out, un genre musical qui monte de plus en plus parmi les jeunes. Ce n’est donc pas un hasard si ces derniers ont enregistré leur premier album à Los Angeles, dans le même studio que Glen Morrison et Lenny Kravitz. Metropolitan Parc sera présent samedi 18 juin à 20 heures sur la scène des Bastions Réformateurs. V.R. (TDG)

https://www.ville-ge.ch/culture/fm/

http://www.tdg.ch/

culture lutte2